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Théâtre Dijon-Bourgogne  (Dijon)  avril 2014

Spectacle conçu par Jean Lambert-wild, Jean-Luc Therminarias, Stéphane Blanquet et Juha Marsalo, mis en scène par Jean Lambert-wild, avec Olga et Elena Budaeva et Pierre et Charles Pietri.

Variation tragique de la locution anglosaxone exaltant la douceur du foyer familial, "War Sweet War" constitue un spectacle performatif hors-norme conçue à partir d'un faits divers, de ceux qui résultent de la tragédie ordinaire qui transposent dans le monde plébéien la tragédie antique apanage des êtres d'exception, en l'espèce, celle du carnage familial avec des parents qui se suicident après avoir tué leurs enfants.

Ce spectacle singulier sur l'indicible et l'irreprésentable résulte d'une partition quadricéphale dépourvue de contenu textuel et d'approche psychosociologique qui procède du syncrétisme entre l'expression corporelle diligentée par le chorégraphe Juha Marsalo, la musique avec le compositeur de musique électro-acoustique Jean-Luc Therminarias qui a créé un univers sonore angoissant, et le théâtre avec le comédien et metteur en scène Jean Lambert-wild et le graphiste-plasticien Stéphane Blanquet qui ont élaboré la dramaturgie, avec la collaboration de Hervé Blutsch, et conçu la scénographie.

Par ailleurs, l'argument est traité sous un angle conceptuel singulier, qui ressortit du postulat, celui d'un monde ordonné et structuré par - et autour - de la théorie de la guerre et de la stratégie militaire qui, appliquée en état de paix à une population civile, investit le territoire de l'intime.

Elles induisent un climat de paranoïa généralisée qui place l'individu dans un état de tension et de peur qui ne peut se résoudre que par l'actionnement de la pulsion de mort. L'homme est sa propre arme de destruction massive et l'ennemi ce n'est plus l'autre c'est soi.

Le parti-pris, également singulier, consiste à explorer le moment transitionnel de l'entre-deux, entre la perpétuation des infanticides et le suicide des meurtriers, mais non par un procédé narratif linéaire et chronologique mais par l'interpénétration de deux temporalités différentes qui se matérialise par la superposition de deux espaces scéniques identiques, celui de l'avant et celui de l'après, le premier allant être "contaminé" par le second car ils communiquent par une sorte de faille temporelle ce qui entrainent une double présence possible du même corps.

Ce positionnement "irrationnel" qui trouble et perturbe la perception est rendu possible par la proposition scénographique qui, empruntant aux techniques formelles de la bande dessinée et du cinéma, repose sur un espace scénique en noir et blanc, très graphique , dédoublé et superposé, représentant le même espace domestique.

Tout commence avec un homme tétanisé sur une chaise dans une cuisine dévastée et une voix off, une voix féminine qui dit - prédiction ou injonction ? - qu'au terme d'un décompte de 100 tout sera consommé. Jour de fête, les parents font les clowns devant des enfants hors champ dont la présence ne se manifestent que par des rires.

Mais les ballons sont noirs, la banderole "War Sweet War" ne semble guère de circonstance, les clowns portent des masques lugubres et angoissants et le gâteau d'anniversaire est empoisonné. Puis les rires cessent, les parents sont (dé)possédés, le sang qui suinte des murs est une encre noire qui les engluent comme des mouettes mazoutées. Et les corps diffractés se télescopent dans une danse macabre d'une violence ultime.

Les corps disloqués sont parcourus de mouvements incohérents, saccadés et convulsifs, se heurtant aux meubles et aux murs, alternant avec des phases de relâchement, comme s'ils n'étaient plus que le siège de réflexes archaïques sous l'empire du système nerveux qui injecte ses derniers signaux électriques.

Orchestré par Jean Lambert-wild, cette immersion dans une quatrième dimension repose donc sur la dramaturgie du corps. Les officiants sont deux couples de jumeaux, danseurs de formation, Olga et Elena Budaeva, et Pierre et Charles Pietri, qui délivrent une excellente prestation sous la direction de Juha Marsalo, qui a notamment travaillé avec Carolyn Carlson, et qui pratique une danse "organiciste" qu'il qualifie de "chorée du corps en mouvement".

Puissant, violent, radical. Du théâtre de la sidération.

 

MM         
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et toujours :
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