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Boom Bip
Interview  (Paris)  février 2005

Ça s’est passé chez pias record. Je devais interviewer Boom Bip, un artiste anglais qui fait de l’electro acoustique à ce qu’ils disent. J’arrive. Trop tôt. J’attends. L’angoisse monte. Dans la panique, j’oublie de brancher le micro de mon mini disc. Voilà comment tout à commencé.

Il a fallu que je m’en rende compte dans le métro. Boom Bip c’est un gars sympa. Il n’a pas rit quand j’ai ouvert la bouche. Pourtant y’avait de quoi. Il a parlé du fait que le beau et le triste sont deux choses similaires. Mais le triste ne le concerne pas. C’est pas ce qu’il a voulu dire dans cet album. Ce qu’il voulait exprimer, lui, c’était ce qu’il a ressenti en enregistrant en Californie. L’excitation, la solitude et se sentir constamment perdu. Perdu. Ça c’est un mot qui décrit sa musique. Quand je l’ai écouté, j’avais l’impression d’être coincé dans un de ces jeux vidéo dont j’ai été délivré par le dernier morceau, le seul où une voix accompagne la musique.

Il sourit. Il ne voyait pas les choses comme ça. Mais pourquoi pas ? Voir ce que les autres ressentent en écoutant sa musique le fascine. Il ne chante pas. Les sons ont une intrepretation plus vastes. Et ils expriment mieux ce qu’il ressent. Sa musique en devient moins accessible et c’est bien mieux. Le tri se fait automatiquement. Ceux qui ne comprennent pas n’écoutent pas.

Boom Bip porte des converses. Noires et basses. Il est bavard. Je respire. C’était pas avec mes quatre questions que j’allais m’en sortir. J’improvise. On parle écriture. Composition plutôt. Lui n’écrit rien. Il prend sa guitare et laisse l’inspiration monter. C’est elle qui l’appelle. Pas lui. Il ne force rien. Il attend. Il attend en pensant. Toute la journée il pense. Il culpabilise, mais au fond il ne fait rien pour changer.

Il écoute de la musique aussi. Beaucoup de musique. Il me fourre son i pod dans les mains et j’esquisse un sourire à la vue du nom de Brigitte Bardot. Je m’arrête sur Deerhoof. Putain de bon groupe qu’il me dit. Il aimerait collaborer avec eux. Mais c’est pas fait.

Pour l’instant y’a le live en préparation. Chaque musicien avec qui il travaille veut apporter sa touche de créativité à ses morceaux, mais Boom Bip s’en fout. Cela donne une nouvelle dimension à l’album. Rien ne semble le perturber. Si quelqu’un s’approprie sa musique tant mieux. Ça veut dire qu’elle est bien et que qu’on l’admire.

Boom Bip aime le hip hop. Il s’en inspire. Sa musique s’en ressent. Il est content. Il a le sentiment d’être compris. On continue à parler. J’apprends qu’il a chien. Il le promène en écoutant de la musique. Il en écoute tout le temps, comme je l’ai déjà dit, pour s’inspirer. Pour voir ce que font les autres .

Pour le premier album, il avait fait le silence radio. Pas pour celui-ci. Il n’a pas peur de perdre sa touche. Il aime la musique et c’est tout. Son seul problème c’est qu’il pense trop. Et là on tourne en rond. Le temps passe vite.

J’arrive à court de questions. Je pense à ce que m’a dit Froggy. Si tu devais décrire ta musique en trois mots, tu dirais quoi ? Silence. "I don’t know" qu’il me répond en comptant sur ses doigts. Ça fait trois. Pas mal.

Un bon gars ce Boom Bip. Je vous le dis.

 

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Julie G         
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# 12 octobre 2008 : Et si on inventait un Nobel de théâtre ou de musique ?

C'est vrai, la paix, la littérature, la science ... pourquoi ne pas récompenser tous les corps de métier et tous les arts après tout ? En attendant de plancher sur un prix universel, voici le programme culturel de la semaine :

Côté musique :

"Skeleton" de Abe Vigoda,
"Toystore" de Coralie Clément,
"Fire place " de Juan Trip,
"L'expédition" des Cowboys Fringants,
"Snowflake Midnight" de Mercury Rev,
"Make amends for we are merely vessels" de Our Brother the native,
"The rhumb line" de Ra Ra Riot,
"Exit strategy of the soul" de Ron Sexsmith,
"2" de Semifinalists,
"Mega breakfast" de The Chap,
"Knowle west boy" de Tricky,
"Gueule de terriens" de Zen Zila
et aussi, le festival Fargo All Stars, avec Jesse Sykes, Joseph Arthur et Olle Nyman,
et le lendemain avec Chris Garneau, My Brightest Diamond et Clare and the reasons

Au Fil de Saint Etienne, Son of Dave et Little Blues Story jouaient la semaine dernière en attendant Why ? et des activités autour du thème New Wave (voir sur l'édito)
Retrouvez également Le Morceau Caché, l'émission de Mickaël et Flavien, que vous retrouverez en podcast tout au long de l'année en commencant par ce numéro spécial rentrée !
Tous les podcasts et notamment des sessions acoustiques exlusives sont à écouter ici !

Au théâtre :

"Sniper Avenue" au Studio Casanova à Ivry
"Le ciel est vide" au Théâtre Berthelot à Montreuil
"L'histoire des ours panda..." au Ciné 13 Théâtre
"La lettre" au Théâtre de la Tempête
"Antigone-Paysage" et "Copi" au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris
"Où étais-tu pendant la nuit ?" au Théâtre Paris Villette
Dans le cadre du Festival Un Automne à Tisser au Théâtre de l'Epée de Bois:
"Alias le bonheur..."
et "Yaacobi et Leidental"
Dans le cadre du cycle "Un auteur, deux pièces" au Tarmac de La Villette :
"Habbat Alep " et "A petites pierres"
la 1ère Master Classe d'octobre 2008 de Jean-Laurent Cochet à La Pépinière Théâtre
Vu à Avignon, créé cette saison à Paris "Victor Hugo, mon amour" à la Comédie Bastille
et découvrez "Le tribunal des magnifiques" au Gobe Lune

Expositions avec :

"Obsessions by Stiletto" à la Maison Européenne de la Photographie
"Frédric Le Junter - Paysage portuaire" au Théâtre de l'Aquarium
"Leon Ferrari " à la Galerie Michela Rizzo à Venise
"Georges Barbier - La naissance de l'Art Déco" au Palazzo Fortuny
et dans le cadre de la 11ème Biennale Internationale d'Architecture de Venise
"Jorn Utzon- L'univers d'un architecte" au Palazzo Franchetti
"Patrick Mimran - Billboard in the city" au Palazzo Malipiero

Et puis un peu de littérature avec "Le génie divin" de Guillaume Dustan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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