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Neuro  (Discograph)  mars 2014

L'album Neuro d'Anna Aaron m'a effrayé. Non pas à l'écoute, mais avant de le mettre dans le lecteur, un moment que j'ai longtemps repoussé. Le concensus des blogs et journaux musicaux qui avait suivi la mise en ligne de la chanson et du clip "Linda" ne me rassurait pas. On y comparait trop souvent Anna Aaron à Agnès Obel, Anna Calvi, Natasha Khan ou PJ Harvey, des chanteuses que j'apprécie mais dont les univers ne me semblent pas si rapprochés que cela de la musique de la bâloise.

Je restais sur l'impression de ma première rencontre avec son précédent album Dogs in spirit et j'avais peur d'être déçu en écoutant ce nouvel opus que j'avais pourtant attendu avec impatience. Dogs in spirit avait été, lorsque je l'avais découvert, un immense coup de cœur. La musique et la voix me donnaient des frissons. J'en étais tombé amoureux dès la première écoute et l'écoutais en boucle. Anna Aaron, au Centre Culturel Suisse à Paris, avait à cette occasion offert un magnifique concert. Plus tard, j'avais de nouveau croisé sa route, sur disque et sur scène, avec Erik Truffaz puis avec Rodolphe Buger et Olivier Cadiot, de nouveau au CCS de Paris pour le concert de ces derniers où ils avaient interprété le "Da Da Da" de Trio dans une version encore plus minimaliste que l'originale des trois suisses.

Quelques notes de musique, quelques extraits de chansons composées et/ou interprétées par Anna Aaron, des ambiances étaient entrés en résonance avec quelques moments de ma propre existence.

Neuro, inspiré du roman Neuromancer de William Gibson, est beaucoup plus cérébral que le précédent disque. La production de David Kosten n'est pas étranger à cette impression d'intellectualisation du propos en alternant froideur et atmosphères organiques. Le producteur des Guillemots et de Bat For Lashes saisit de manière lumineuse les cordes mais va aussi, couche par couche, laisser s'insinuer les sons plus électroniques et légèrement déformer la voix. "Sutekina" en est certainement, à ce sens, le morceau le plus emblématique, avec son écriture parfaite, ses ruptures de rythme alambiquées et ses arrangements savants.

D'autre part, Ben Christophers démontre, sur "Labyrinth" par exemple, tout son talent à la guitare. Mais il a aussi amené d'autres instruments, plus originaux, dont les petits bruits viennent occuper l'espace, en particulier dans la première partie de l'album, aux instrumentations et sonorités plus traditionnelles, comme sur "Stellarling" qui est certainement le morceau le plus proche du précédent Dogs in spirit. La batterie de Jason Cooper (The Cure) y fait d'ailleurs des ravages. On a du mal à croire qu'il ne soit venu qu'une seule journée en studio et qu'il ait enregistré toutes les parties de batterie du disque en une petite dizaine d'heures.

"Heaten", dont la ryhmique d'ouverture rappelle "I feel you (swamp mix)" de Depeche Mode, et "Totemheart" ouvrent des horizons nouveaux à Anna Aaron dans un son beaucoup plus électro.

"Sutenika" est le chanson pivot de l'album, celle où le monde bascule doucement du physique vers le digital, où l'intelligence artificielle se libère pour prendre le contrôle des terminaux de la planète emmenant l'humanité vers un destin qu'elle ne maîtrise, ni ne comprend plus. Mais "Simstim", le dernier morceau du disque, du nom du programme qui permet dans Neuromancer de se connecter les uns aux autres, comme s'ils rentraient dans la conscience de l'autre, apparaît enfin apaisé, comme si la beauté du chant ramenait à une dose d'humanité que les machines ne pourront saisir.

Anna Aaron offre donc un album dense, touchant à plusieurs styles, mais avant tout pop, beau et émouvant. Sa puissance vocale laisse apparaître parfois quelques failles mais qui, dans le propos de l'album, sont autant de lueurs d'espoir. Magnifique.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Dogs in Spirits de Anna Aaron
Anna Aaron en concert au Festival Les Femmes S'en Mêlent #17
L'interview de Anna Aaron (26 janvier 2012)

En savoir plus :
Le site officiel d'Anna Aaron
Le Bandcamp d'Anna Aaron
Le Myspace d'Anna Aaron
Le Facebook d'Anna Aaron


Laurent Coudol         
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Erik Truffaz Quartet et Anna Aaron (27 septembre 2012)
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# 17 novembre 2019 : 4 ans déjà

13 novembre 2015. innoubliale nuit de terreur dont on commémorait les 4 ans cette semaine. Un 13 novembre 2019 avec plein de concerts à Paris et un pincement au coeur pour beaucoup d'entre nous. Mais la vie continue, et elle doit continuer d'être culturelle et festive.

Du côté de la musique :

"L'année du loup" de Alma Forrer
"Lucarne" de Cassagrande
"Air India" de David Sztanke
"Immanent fire" de Emily Jane White
"Bach, Liszt, Wido : Organ works at La Madeleine" de Jae Hyuck Cho
"What's in it for me ?" le Mix numéro 4 de Listen In Bed
"Femme idéale" de Ludiane Pivoine
et toujours :
"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"On s'en va" au Théâtre national de Chaillotl
"Les guêpes de l'été nous piquent encore en novembre - L'Affaire de la rue de Lourcine" au Théâtre de la Tempête
"Pièce" au Théâtre des Abbesses
"La Vie est belle" au Théâtre 13/Jardin
"Adieu Ferdinand ! Le Casino de Namur II" au Théâtre du Rond-Point
"Adieu Ferdinand ! - La Baleine et le Camp naturiste" au Théâtre du Rond-Point
"Bartleby" au Théâtre Essaion
"Un Vers de Cid" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereau - aaAhh Bibi" au Théâtre Le Lucernaire
"Pour ceux qui parlent tout seuls" au Théâtre Darius Milhaud
des reprises :
"Berlin 33" au Théâtre L'Atalante
"La Magie lente" au Théâtre de la Reine Blanche
"Je ne me souviens pas" au Théâtre Les Déchargeurs
"La Magie de l'argent" au Théâtre Aleph
"La vie devant soi" au Théâtre de Sartrouville
et la chronique des spectacles à l'affiche en novembre

Expositions avec :

"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
la chronique des films à l'affiche en octobre
et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

"L'affaire Lord Spenser" de Flynn Berry
"La curée d'après le roman d'Emile Zola" de Cédric Simon & Eric Stainer
"Les faire taire" de Ronan Farrow
"Mondes en guerre tome 2, l'âge classique" de Hervé Drévillon
"Résistante" de Jacqueline Fleury Marié
"Une histoire de France tome 1, La dalle rouge" de Michel Onfray, Thomas Kotlarek & JEF
et toujours :
"Profession romancier" de Haruki Murakami
"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
"Psychotique" de Jacques Mathis & Sylvain Dorange
"Une famille presque normale" de M T Edvardsson

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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