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puce Festival Le Printemps de Bourges 2014 - Les iNOUïS
Billie Brelok - Andromakers - Miso Soup - Thylacine - Fakear - Fragments - My Ant - We Are Match - Mark Berube - Pethrol - Kid Wise - Feu ! Chatterton  (Bourges)  du 22 au 27 avril 2014

Le printemps de Bourges, c’est toujours le coup d’envoi de la saison festivalière. C’est aussi le moment de découvrir les nouvelles tendances. En effet, depuis ses premières éditions, le Printemps a pour vocation de révéler les jeunes artistes, de mettre en avant les talents de demain et de promouvoir la jeune scène française.

Longtemps appelées les "découvertes", le printemps a vu les premiers pas de nombreux artistes aujourd’hui reconnus. Depuis 1985, cette sélection voit la liste des "success stories" s’allonger : Anaïs, Juliette, Têtes Raides, Zebda, Gojira, Paris Combo, Mesparrow, Juveniles, Concrete Knives, EZ3kiel, Frànçois & The Atlas Mountains, Hocus Pocus, Chapelier Fou, L, Chinese Man, Beat Torrent, The Bewitched Hands, Nemir, Skip The Use, Nathalie Natiembé, ALB, Jeanne Cherhal, Cats On Trees, Cheveu, Nosfell, Von Pariahs (Prix du Printemps de Bourges - iNOUïS 2012), Christine and the Queens (Prix du Jury - iNOUïS 2012)…

Cette année encore, les découvertes, rebaptisées "iNOUïS", ont été vecteur d’énergie, et de joie. Nous sommes donc allés balader nos oreilles curieuses du côté du 22 Est-Ouest, les deux scènes dédiées à cette cuvée 2014 !

Mercredi 23 avril

Sur la scène hip-hop, il y avait foule, nul doute la relève est là ! Mais au milieu des groupes, une fille complètement à part, d’ailleurs le jury ne s’y est pas trompé. Sortant clairement du lot, Billie Brelok a su faire la différence.

Pas de "style" propre aux codes rap, elle pourrait être secrétaire, banquière ou même médecin. Un fille "normale" en somme. Mais ce signe extérieur de normalité vole en éclat dès que Billie ouvre la bouche et débite son implacable flot.

Fille de banlieue aux revendications dures, elle n’a pas adopté le look bling-bling, elle ne croit pas qu’il faut être "comme ceci" ou "comme cela", rien de tout ce que l’on connaît du rap féminin ostentatoire. Billie a mal, mal à sa vie parce qu’elle n’est pas un canon de beauté, parce qu’elle n’a pas une vie dorée… Mais elle assume !

C’est ce qui se dégage de ses textes, de sa musique : tout est dit et c’est implacable. Assurément une petite bombe du rap français féminin nouvelle génération. Prix du Printemps de Bourges 2014.

Au niveau musiques électroniques, là aussi du beau son, avec des musiciens inventifs et inspirés ! On retiendra les filles d’Andromakers, très inspirées de Kate Bush dans les voix et le look. Avec une musique electro-pop-ethnique, un projet beau mais encore frêle que l’on voudrait voir mûrir et prendre de la maturité, de l’assurance.

Puis le tour de Miso Soup, un son plus dense plus dans l’attaque, mais finalement assez peu novateur, un bon set mais pas de grands bouleversements dans l’onde. C’est plus tard dans la soirée que cela se produit quand nous croisons Thylacine au 22 Ouest.

Thylacine : un homme et des machines. Simple mais efficace, Thylacine impose son style : minimal. Il se fait l’architecte d’une musique intime, pénétrante. Le beat est bien là, puissant. Les envolées sont judicieuses, choisies, presque millimétrées. Et alors qu’il pose une ambiance électrique, il se dessine au milieu des lumières violettes et des claviers avec son saxophone en bandoulière ! Inattendu, ce mélange 90’s de saxo sirupeux mais pas trop, les quelques notes groovy donnent alors une profondeur insoupçonnée au morceau.

Puis il accélère, multiplie les instruments et accessoires, jusqu’à ses pads qu’il place autour de son cou ! Il oscille avec des rythmiques exotiques, des percussions primitives. C’est simplement jouissif, on bat de la semelle, on est happé là sans problème.

Avec une énergie quasi débordante, le DJ homme-machine distille une électro très classe. Ce garçon est à suivre de près car ce son est bien à lui, identifiable, reconnaissable. Nul doute qu’il soit capable, non seulement de nous embarquer dans son univers mais certainement plus loin encore.

Pas surprenant que son nom revienne et même sur de bien plus grandes scènes dans un futur qu’on souhaite proche. Thylacine : vers l’infini et au-delà !

La soirée se termine avec le très étrange Fakear, qui nous cloue au mur avec un set joyeux, ludique et complètement décalé à la fois. Là encore, un génie de l’électro avec un projet très abouti et éclectique. Des sons importés des quatre coins du monde, en route sur le tapis volant de Fakear pour des cieux inexplorés !

Le DJ manie avec délicatesse les samples, donnant un aspect ethnique, hip-hop ou encore jazzy à ses morceaux. Pas dur à suivre néanmoins, puisque c’est fait de main de maître. On reste mortellement sur notre fin au bout du set qui est du coup beaucoup trop court !

Là encore, je pense qu’on recroisera ce prodige sans tarder sur des scènes plus vastes et que le public saura, lui aussi, reconnaître les valeurs de cette électro-ethnique, pour venir élargir les rangs.

Jeudi 24 avril

Rencontrer Fragments. Les rennais de Fragments offrent un rock progressif, puissant. Le trio compose autour de machines et d’instruments une musique narrative qui a vite fait de vous emporter. Comme des papillons, les gars de Fragments posent çà et là d’élégantes mélodies, la rythmique ne faillit pas : l’ensemble est dense mais pas compact.

Ici pas de voix, que du son, un choix qui leur est apparu comme une évidence, nous confiront-ils en interview plus tard. Leur set au 22 est une réussite, le temps passe sans que l’on ne s’en rende compte, gage d’une belle prestation. Les guitares restent légères, suspendues, elles semblent venir de très loin, d’un désert lointain, un Arizona peut-être ?

Par la suite, on découvre la pop de My Ant. Les bordelais nous envoie une pop poussive qui enflamme l’après-midi du 22. A grand renfort de guitares, teintée de cuivre, la lumineuse musique met tout le monde d’accord et de bonne humeur. Le groupe ressemble à un collectif, élargi et enrichi par rapport à sa formation initiale, My Ant nous conduit vers des chansons rêveuses et fantasques, un petit air d’Arcade Fire ? D’Animal Collective ou même de Timber Timbre ? En tout cas plaisant, on dirait bien encore !

Leur fait suite We Are Match, là aussi un collectif, des musiciens multi-instrumentistes. Un style très parisien, des voix nasillardes, des guitares en finesse : We Are Match, ça colle ! Rock-pop électrifié, léger comme de la mousse, acidulé comme un bonbon ! Un dessert gourmand mais raffiné, fait de nappes musicales sucrées. Et ça passe "crème" !

Vendredi 25 avril

Si on s’est trouvé fatigués, l’envie nous passe immédiatement en franchissant les portes du 22 au son de Mark Berube. Le Canadien nous offre une show totalement décapant. Une superbe pop-rock expérimentale.

Les tableaux qu’il nous fait traverser se succèdent et ne se ressemblent en rien : ni en lieux, ni en temps. Le musicien fait le grand écart avec des sonorités disco, classiques, pop… Des claviers, des violons et une voix posée dessus comme une narration implacable. En tout cas, il fait moche et touche en plein coeur le Jury des inouïs ! Il repartira avec le prix du jury 2014 et ce n’est pas un hasard.

Mais ils étaient nombreux dans cette après-midi du 25 avril à mériter que l’on s’attarde : vraiment. Aussi nous reviendront sur Pethrol et Kid Wise dont les énergies mystiques pour l’un et punk pour l’autre font espérer un avenir prometteur pour eux.

Pethrol, c’est un duo improbable entre une immense et superbe blonde : Héloïse et son batteur et alter-ego Cédric.

Pethrol retient les yeux, les oreilles et retient même son souffle. Leur musique oscille entre pop pour les sonorités et punk pour l’intention. La voix et le spectacle qu’offre la virevoltante chanteuse laissent sans voix.

Pethrol, c’est quand même la claque. Le rythme est spartiate, la voix clairement mystique, les claviers planants. Ils défendent avec énergie leur set. Les vocalises transpercent ou transportent, le résultat est bluffant. Vivement l’album, tant l’EP semble presque insuffisant !

On clôture cette journée avec Kid Wise. Là ce n’est plus un duo mais six garçons sur scène et un ravissement de sonorités. Un rock transcendantal, shamanique, sur fond de grosse vague son.

C’est à la limite du "noisy" sur certains morceaux, tant ils superposent les nappes sonores. Mais les guitares émergent toujours avec des riffs rageurs et un violon colérique. En tout cas animées par une énergie punk, débordante qui les pousse parfois au désordre ! Mais pas de dissonance pour autant. C’est frais malgré tout, un collectif qui lui aussi devra gagner en maturité mais qui nous a bien accroché les oreilles.

Les inouïs : suite et fin !

La dernière journée était dédiée aux musiques wolrd et si rien ne me préparait à ce dernier jour, ce n’est pas tant que le wolrd me déplaise, mais c’est surtout qu’un inouï peut en cacher un autre. Parce que ce dernier volet renfermait un secret peut-être trop bien gardé mais qui a explosé sur scène devant nos yeux ébaillis !

Feu ! Chatterton. Si le nom n’est pas engageant, il ne faut surtout pas s’arrêter là, il faut continuer et rencontrer ce groupe parisien atypique, qui réussit en trente minutes à faire aimer les mots, aimer la chanson française : celle de Brassens, de Nougaro, d’Hubert-Félix Thiéfaine ou encore celle de Darc.

Les textes viennent gentillement bousculer l’âme, la voix du chanteur est remplie d’émotions fortes, il est complètement habité. On y retrouverait presque Bertrand Cantat, avant, ou un peu Nougaro. Bashung aura sûrement fait des orphelins, mais ils ont aujourd’hui bien grandi et reprennent le flambeau avec élégance.

Les musiciens semblent porter à bout de partition ce chanteur en transe, en sueur qui vit chaque seconde de ses textes. C’est beau, en tout cas ça mérite de s’y attarder sérieusement. Mais je suis bien persuadée qu’on y reviendra.

Voilà, Bourges c’est fini. Cette année encore, la programmation aura été à la hauteur et même s’il n’y a que deux prix attribués, il est fort à parier que les groupes qui se sont succédés sur les scènes du 22 feront bientôt parler d’eux. Les iNOUïS dénicheurs de talents… Depuis déjà de nombreuse années !

 

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En savoir plus :
Le site officiel du Printemps de Bourges
Le Facebook du Printemps de Bourges

Crédits photos : Olivier Berthet (Fragments, My Ant, Pethrol et Kid Wise en noir et blanc)
Christophe Crénel (Thylacine, Kid Wise en couleur et Feu ! Chatterton)


Marika D.         
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# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
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Lecture avec :

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et toujours :
"Koba" de Robert Littell
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"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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