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puce De Kift - Jasmine Vegas - Christian Olivier
Théâtre des Bouffes du Nord  (Paris)  28 février 2005

Dommage pour ceux qui n'étaient pas là, lundi 28 février dans cet étonnant théâtre qu'est le Théâtre des Bouffes du Nord. Un spectacle hors du commun, hors de toutes normes, un voyage dans l'irréel attendait les spectateurs.

Jasmine Vegas arrive sur scène.

Fine, éthérée, faisant quelques gesticulations, elle prend l'accordéon. Un métronome bat la mesure et son chant, une sorte de mélopée séraphine, indéfinissable, s'élève souligné parfois d'une note plaintive. Puis, elle nous chante une sorte de ballade irlandaise.

 

 

 

 

 

Elle pose son instrument et nous propose du bonheur en soufflant dans ce petit appareil à faire des bulles de savon. Du bonheur éphémère et aléatoire comme ces petites bulles parfois réticentes.

Et puis, elle nous propose aussi un moment de nature en sortant de son sac un petit oiseau en cage qui égrène un chant synthétique.

Elle nous chante une chanson sur la station de métro Saint Jacques où elle descend deux fois par semaine pour venir le voir ("Tu es fou/Je suis folle de toi/Tu es où ?/Je te suis en émoi") pour finir sur une reprise de "O sole mio" dans une interprétation castafiorenne.

Sommes-nous éveillés ?

Noir.

Une silhouette apparaît vêtu de ce qui semble être un bleu de chauffe, casqué et armé d'une petite lampe frontal et une sorte de machine infernale qui délivre un bruit de d'ascenseur de mine.

Christian Olivier, d'aucuns reconnaîtront le chanteur des Têtes Raides, lit d'une voix monocorde, d'un seul trait, sans pause, sans ponctuation, presque en apnée un extrait du monologue "Premier Amour" de Brecht.

Rêvons-nous ?

Lumière. Les huit personnages de De Kift entrent sur scène. Entrent en scène. Look improbable, désuet, stupéfiant, un guitariste aux pantalons trop courts, un bassiste rescapé des Rubettes, un chanteur au crâne rasé et boucle d'oreille à la Genet, un petit monsieur à barbiche en costume étriqué à la batterie, à la trompette un papy rubicond…

C'est un orchestre de bal, une formation de cabaret, une fanfare, un groupe de punk rock qui aurait transité par les Carpates, les Tindersticks qui auraient trop fumé de tulipes, surtout le bulbe qui est plus fort, ACDC version chants et traditions populaires.

C'est joyeux et triste, dansant et émouvant, nostalgique et plein d'espoir comme tous les chants populaires. Ils chantent dans leur langue natale des histoires d'hommes de toujours et de tous pays.

Des musiciens aguerris, pluri instrumentistes, donnent le meilleur d'eux-mêmes.

Cuivres d'un côté, cordes de l'autre, la batterie de Wim ter Teele met tout le monde d'accord.

Au chant, Ferry Heijne et Frank van den Bos nous propose des duos mémorables.

Et il sont le sens de la fête, du public, de la mise en scène et ont su appréhender l'amosphère si particulière du Théâtre des Bouffes du Nord qui résonne encore de ous les airs de caf-conc', de music hall et des rimes des mélodrames qui habitèrent ce lieu.

A les voir on songe à ce que furent ces troupes de saltimbanques qui sillonnaient le pays et dont le répertoire s'enrichissait dans chaque village d'une comptine, d'une scénette, d'un air de colporteur.

On rit sur "B 3" nous raconte l'histoire surréaliste de 1, 2 et 3 , trois figures sans pieds, sans queue ni tête, de F qui veut sauver E et l'énigme des points B1, B2 et B3. On danse sur "Muur, muur".

Ils font l'effort de nous parler en français, certains couplets sont également chantés en français.

Iils nous racontent des histoires, comme leur promenade autour de la Gare du Nord, changent d'instruments, vont chercher le chien empaillé de "Rolfie", le chie qui parlait comme un homme, boivent un bière bien méritée.

Ovation. Le public n'en finit plus d'applaudir et De Kift n'en revient pas. Ils sont un peu émus quand même, la bouteille de bière à la main. De Kift reviendra par deux fois sur scène. Deux rappels. Un triomphe, tout simplement.

Comme promis au début du spectacle, De Kift nous donnera la recette de son cocktail favori : du shampoing aux œufs, 150 cl d'eau, 1 bière veloutée telle Pelforth ou Leffe, 2 cl de vernis à ongles ou 22 cl de dissolvant. Verser dans une passoire. Faire macérer 1 semaine avec du tabac brun. Touiller avec une branche de chèvrefeuille avant de consommer.

Bien sûr…Fumes…c'est du hollandais !

Dommage, vraiment, vous auriez dû venir !

 

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En savoir plus : Le site de De Kift

Crédits photos : Thomy Keat et Laurent

Plus de photos sur Taste of indie


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