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Interview  (Le Carré, Cesson-Sévigné)  samedi 22 novembre 2014

Cesson-Sévigné, dans la proche banlieue de Rennes. Cette ville cossue, avec ses villas bourgeoises, sa fac de science et ses industries de pointes accueille ce soir les belges de Girls In Hawaii. Un an à peu près après la sortie d'Everest, le groupe termine sa tournée avec un série de concerts "acoustiques". Hello Strange, sorti il y a à peu près une semaine comprend treize morceaux re-visités du répertoire du groupe bruxellois. Quelques heures avant le concert, Froggy's Delight s'est entretenu avec Brice Vancauwenberghe à propos de la tournée d'Everest et surtout de cette fin de tournée un peu spéciale pour Girls In Hawaii.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce Hello Strange sorti il y a peu ?

Brice Vancauwenberghe : Après un an et demi de tournée électrique, on commençait tout doucement à s'essouffler. On continuait à faire de chouettes concerts mais avec moins d'intention. On savait qu'on devait encore tourner jusque la fin de l'année et qu'il fallait trouver un manière de relancer la dynamique de groupe. De là est venue l'idée d'un projet plus acoustique. On avait déjà fait des shows acoustiques pour la tournée Plan Your Escape, mais principalement en Belgique, deux ou trois concerts et ça nous avait beaucoup amusés en fait. Donc on s'est dit que c'était l'occasion de se réinventer, d'aller chercher de vieilles chansons dans notre repertoire, une prise de risque, se mettre en danger, jouer d'autres instruments aussi… Donc de là est née l'idée d'une tournée acoustique.

Et de les enregistrer ?

Brice Vancauwenberghe : Les enregistrer en deux live à Louvain-La-Neuve en Belgique. C'est un petit cadeau quelque-part pour les fans… Bon le cadeau est aussi un peu pour nous aussi car c'est une grande plaine de jeu.

Quasiment un an après la sortie de Everest, suite à un hiatus qui avait fait suite à un évènement tragique (ndrl : le décès accidentel du batteur Denis Wielmans), comment avez-vous vécu ce retour ? Comment ont réagi les gens ?

Brice Vancauwenberghe : Assez étrangement, on pensait que les gens nous avait mis un peu de côté, qu'ils nous avaient oublié après autant de temps d'absence. Il y avait pas mal d'appréhension… Déjà nous à la base… On était plus trop sûrs… L'impression de marcher sur des œufs. Comment se positionner par rapport au groupe, par rapport à la musique… Cela a été assez compliqué à la base. Et puis en fait ça c'est très très bien passé. L'accueil a été incroyable… sauf en Allemagne où on nous a fait comprendre qu'on repartait à zéro. Bon comme on a jamais vraiment marché là-bas… On s'y attendait un peu. Dès qu'on a relancé un Facebook, un Twitter, on a reçu un nombre incalculable de messages de soutien. C'était rassurant de voir que les gens contiunaient à nous suivre après autant d'absence.

Etant donné le contexte particulier qui a régné pendant la composition de ce disque, comment fait-on en tournée pour jouer certains morceaux ? Prennent-ils une dimension cathartique ou est-ce compliqué d'aller remuer le passé ?

Brice Vancauwenberghe : C'est très compliqué… Il n'y a pas une manière de vivre la chose. Parfois, tu oublies la base sur laquelle tu as écrit la chanson, tout ce que tu as vécu autour, tu ne le vis pas forcément en tournée. Il y a toujours des morceaux, pendant la tournée, qui vont te rappeler certaines choses.

Comment s'est passée la transition entre vos dates de cet été où vous jouiez principalement dans des festivals et cette tournée forcément plus intimiste ? Est-ce plus facile en festival où les gens viennent plus écouter le groupe par curiosité ? N'y a-t-il pas plus de pression à jouer en acoustique face à des fans plus acquis à votre cause ?

Brice Vancauwenberghe : En festival, il est clair que certaines personnes sont là par hasard, voire que certaines personnes n'aiment pas forcément le groupe, du coup tu te sens obligé de défendre ton truc beaucoup plus que face à tes fans, on sait qu'il y a des gens que l'on doit convaincre. Ce n'est pas toujours évident… mais avec cette tournée acoustique, on découvre aussi un autre réseau de salle, des théatres, où il y a parfois des gens qui sont abonnés, qui vont voir des concerts sans forcément connaître le groupe qui passe. Du coup, c'est également intéressant car il y a beaucoup de gens qui nous découvrent pendant cette tournée acoustique, qui ne nous connaissaient pas. Cela nous permet d'aller accrocher un autre public, de nous faire connaître dans d'autres "milieux". La différence d'amplitude, c'est toujours un peu étrange, surtout qu'il y a des périodes où l'on fait festivals et petites salles et ça se gère complètement différemment, au niveau du son sur scène, de la manière dont on joue notre répertoire. En festival, tu bourres un peu plus dedans, tu pousses le volume, tu choisis les morceaux les plus efficaces. Mais on aime bien les deux, même si ce sont deux choses complètement différentes.

Tu parlais de la nécessité de cette tournée acoustique pour "changer un peu d'air", essayer d'autres choses. On avait senti sur Everest que les guitares étaient un peu plus en retrait. C'est une sorte de continuité en quelque sorte ?

Brice Vancauwenberghe : Oui, et puis il y a deux nouveaux musiciens dans le groupe, François aux claviers et Boris à la batterie, mais ce qui a contribué à une certaine fatigue en cette fin de tournée, c'est que cela fait deux ans que nous préparons Everest et le retour du groupe. Avant la sortie d'Everest on a déjà passé deux années pas évidentes. On a beaucoup bossé, on a essayé… Arrêté… On était déjà à plat, physiquement et moralement. On avait besoin de voir autre chose.

Cela impliquait quoi sur le choix des morceaux à transposer en acoustique et au niveau des membres du groupes en tant que musicien ?

Brice Vancauwenberghe : Le but de cette tournée acoustique est de jouer des instruments dont on ne sait pas forcément jouer. Le vibraphone, ça a l'air simple comme ça, mais tu te retrouves comme un gamin qui débute, il faut apprendre toute une nouvelle palette de sons. Pour nous c'est juste génial, ça te fait redescendre sur terre, ça te rend humble. Mais c'était le but aussi, de se mettre en danger, et aussi la composition… Composer à six notamment. Chacun a trouvé sa place. Cela laisse présager de belles choses pour la suite.

Vous comptiez commencer à travailler sur le successeur d'Everest début 2015, c'est toujours le cas ?

Brice Vancauwenberghe : On aimerait bien, mais il faut voir comment les choses vont se passer. On va prendre quelques mois de break, retrouver nos familles. Ca sera un peu à l'envie… je sais que Lionel s'est déjà remis à composer, on n'a pas envie de traîner.

Dans quelle mesure cette expérience acoustique va influencer vos prochains morceaux ?

Brice Vancauwenberghe : On aimerait revenir à quelque chose d'un peu plus "minimaliste". Le prochain travail en studio sera vraiment différent. Lionel et Antoine vont sûrement laisser plus de place aux quatre autres musiciens. Là on a forcément découvert Boris et François, qui ont pris une belle place dans le groupe. Je suis vraiment très curieux de voir comment cela va se passer.

Vous comptez incorporer des instruments à vents par exemple ?

Brice Vancauwenberghe : C'est un peu un rêve. Les instruments à vent, on ne les a pas beaucoup utilisés. Cela pourrait être une piste. Des instruments qui sonnent naturellement, que tu n'as pas besoin de brancher dans un ampli, il y a quelque chose de fascinant… Donc pourquoi pas partie vers ce genre de pistes. Pour le moment on ne sait pas trop. On a des envies un peu différentes.

La Belgique est un véritable vivier musical. As-tu été récemment conquis par un ou de groupes en particulier ?

Brice Vancauwenberghe : Il y a deux groupes avec qui nous avons tourné qui nous ont emballé : BRNS et Robbing Millions. Ces derniers sont un peu l'OVNI de la scène belge. C'est assez difficile à décrire…

Vous venez assez souvent à Rennes. Après une résidence à l'Aire Libre, L'Antipode, vous vous produisez en périphérie rennaise. Cet été, vous avez joué aux Vieilles Charrues, il y a quelques semaines vous étiez à Lorient. Vous avez l'air de bien vous plaire en Bretagne.

Brice Vancauwenberghe : Il y a un côté assez proche de la Belgique, le côté festif des bretons, voire un peu turbulent, mais c'est un public génial.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Girls In Hawaii
Le Myspace de Girls In Hawaii
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Julien P.         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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