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Laurent Cordonnier  (Editions Les Liens Qui Liberent)  mai 2014

Roman d’anticipation politique et économique. Oui, c’est cela. Non, ce n’est pas glamour comme entrée en matière, on a vu mieux. On a vu pire aussi. Laurent Cordonnier est issu du dark monde de l’économie de marché, de la macroéconomie, de la croissance, de la répartition des biens pécuniaires, de l’analyse de nos bonnes vieilles sonnantes et trébuchantes et de l’estimation de deux-trois bas de laine.

Non plus. Rien de bien sexy. A part décrocher le jackpot de l’Euro million pour s’offrir des voitures de luxe, nous ne sommes pas tellement préoccupés par l’économie à l’échelle du pays. Sauf pour cracher sur les ministres et fouiner dans leur patrimoine, évidemment. Mais Laurent Cordonnier nous offre bien plus que ça dans son roman La liquidation.

Il établit son arbre des possibles et nous projette dans un futur pas si lointain. A la manière d’Orwell (1984) ou d’Huxley (Le meilleur des mondes), Laurent Cordonnier propose un futur dérangeant de réalisme. Edifiant.

Le monde basé sur l’industrie post guerres du XXème siècle (le nôtre) est achevé, terminé, épuisé. Notre planète est une vaste poubelle désenchantée, le réchauffement climatique a asséché la verdure et concentré les populations dans des villes climatisées.

Sous les auspices d’une météo artificielle et prévisible (ils parlent de quoi les gens quand ils se croisent dans les halls d’immeubles et les cages d’escaliers ?), Philippe Smithski est le dernier journaliste papier (ouh le vilain ouèbe qui a tout mangé). Plus pour longtemps, puisque son patron doit mettre la clé sous la porte (mangé tout cru lui aussi). La prudente banque le guettait depuis un moment, il est illico convoqué par son riche conseiller qui le targue de retrouver de quoi renflouer le manque à gagner (à venir dans exactement quelques mois, c’est l’implacable machine d’anticipation qui a bien estimé).

Smithski glisse lentement mais sûrement droit vers le redressement économique. Sa situation est telle que la banque le place carrément en liquidation. Oui, c’est ainsi dans le futur. Smithski intègre une sorte de prison, au-dessus de son lit, un nombre rouge représentant sa dette. A lui de se débrouiller pour faire virer le nombre au vert.

Je suis d’accord. Ce n’est pas jojo tout ça. Mais pas con. Rassasié de dettes, le pays anticipe le moindre mouvement bancaire, la moindre dépense, l’audit et la statistique sont rois dans un monde qui a fait faillite il y a si peu de temps. Pas question de se laisser aller à la spéculation des aînés. Les relations sont outrageusement procédurières, la vie privée est calculée, mesurée, les dépenses et les achats sont contrôlés, approuvés, négociés. La société est entièrement mesurée à la loupe économique.

Mais c’est sans compter les bouillonnements du sang humain. Un mystérieux mécène comble la dette de Smithski en échange d’un petit service. C’est le petit écu qui va bouleverser le quotidien aseptisé. Naïf et obéissant, Smithski se laisse d’abord porter par les évènements, puis passe du rôle du manipulé à l’instrument de la machination visant à renverser le gouvernement corrompu.

Parce que la corruption doit toujours être renversée, parce que les solutions les plus rationnelles ne sont pas forcément les meilleures, Smithski et ses acolytes vont donner un beau coup de pied aux fesses de la rigueur du futur. Et là, c’est carrément jojo !

D’une plume intelligente et confirmée, Laurent Cordonnier réussit à nous immerger totalement dans ses délires futuristes, en démocratisant les pensées économistes, sans nous prendre pour des enfants de 3 ans. Un roman en forme de prophétie optimiste. Troublant de vérité.

 
 

Nathalie Bachelerie         
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# 13 janvier 2019 : La Culture n'est pas en solde

Au sommaire cette semaine, du live, du livre, des films, des disques, des découvertes et des oeuvres de légendes et des spectacles à foison. C'est parti pour le sommaire de la semaine.

Du côté de la musique :

"Origami harvest" de Ambrose Akinmusire
"La fille de l'air" de Evelyne Gallet
"Egdes" de F/LOR
"Chemin vert" de Joseph Fisher
"Lignes parallèles : Haydn, Lipatti, Mozart" de Julien Libeer et les Métamorphoses et Raphael Feye
"Bien avant que le soleil se lève" de Screamming Kids
"Transparence" de TOOOD (That Obscure Object Of Desire) à retrouver également en interview ici même mais aussi pour une superbe session électrique de 4 titres à prolonger par leur passage dans l'émission Trifazé de Radio Campus à réécouter ici
"The white album" de The Beatles
"Scenario" de Ysé Sauvage
et toujours :
"Maté / Vallancien" de Philippe Maté et Daniel Vallancien
"Princess Thailand" de Princess Thailand
"Peninsular II (The bridge)" de Robin Foster
"Zoot suite Vol 2" de Zoot Octet
"Punk rock academy" de Les Rois de la Suède
"4 A M" de Bryan's Magic Tears
"C'est un joli nom camarade", l'Empreinte de Ferrat
et toujours :

Au théâtre :

les premiers spectacles de l'année :
"Ervart" au Théâtre du Rond-Point
"Naufragé(s)" au Théâtre du Rond-Point
"Samo, a Tribute to Basquiat" au Théâtre de la Tempête
"Portrait de Ludmilla en Nina Simone" à l'Espace Cardin
"Pavillon noir" au Centquatre
"King Lear Remix" au Théâtre de Belleville
"Roi et Reine" au Théâtre de Belleville
"Paulina" à la Manufacture des Abesses
"Ma Chanson de Roland" au Théâtre Les Déchargeurs
"Les Soliloques du pauvre" au Théâtre Les Déchargeurs
"Comme disait mon père..." au Théâtre Les Déchargeurs
"Le Journal d'un fou" au Théâtre Les Déchargeurs
"Un Coeur sauvage" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
et les reprises:
"Et si on ne se mentait plus ?" au Théâtre Tristan Bernard
"Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes" au Théâtre du Petit Saint Martin
"L'Ingénu" au Théâtre Essaion
"La vie devant soi" au Théâtre de Sartrouville
"Monsieur Fraize" à l'Européen
et les autres spectacles à l'affiche en janvier

Expositions avec :

avec la dernière ligne droite pour :
"Artistes à Montmartre, lieux et ateliers mythiques" au Musée de Montmartre

les films de la semaine :
Oldies but goodies avec :
"La Garçonnière" de Billy Wilder
et "Les Nuits de la pleine lune" de Eric Rohmer dans le cadre des rétrospectives à la Cinémathèque française
et la chronique des sorties de janvier

Lecture avec :

"Des hommes couleur de ciel" de Anais Llobet
"La femme de marbre" de Louisa May Alcott
"La transparence du temps" de Leonardo Padura
"Les couleurs de Fosco" de Paola Cereda
"Oiseau de nuit" de Robert Bryndza
"Philo & co : A la poursuite de la sagesse" de Michael F Patton et Kevin Cannon
"Vesoul, le 7 janvier 2015" de Quentin Mouron
"Vigile" de Hyam Zaytoun"
et toujours :
"Avalanche hôtel" de Niko Tackian
"Dans l'ombre du brasier" de Hervé le Corre
"Le vieil homme et son chat, tome 1" de Nekomaki
"On dirait que je suis morte" de Jen Beagin
"Pygmalion" de Sandrive Revel
"Tête de tambour" de Sol Elias
"Un bref désir d'éternité" de Didier Le Pêcheur
"Un cadenas sur le coeur" de Laurence Teper

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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