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Alexandra de Broca  (Editions Albin Michel)  novembre 2014

C’est entre télévision et histoire qu’Alexandra de Broca vit sa passion pour l’Histoire. Romancière, scénariste, productrice, elle a prêté sa plume aux feuilletons de l’été, à une pièce radiophonique pour radio France, L’Allée du roi, La Pompadour, La martyre du temple… Devinez vers quelle période vont ses pensées ? Le XVIIIème siècle. Les robes meringuées et la Révolution Française.

Il semblerait que l’ensemble des faits ne sera jamais écrit sur ces temps sanglants. Alexandra de Broca a choisi le tragique destin de la princesse de Lamballe pour ce nouveau roman : Monsieur mon Amour. Lamballe, Lamballe, ce nom me rappelle quelque chose… Mais quoi ?

Marie-Thérèse de Savoie-Carignan est riche, belle, fortunée, de sang royal, torchée à la dentelle et nourrie à la cuiller en argent. Marie-Antoinette l’a précédée dans l’union royale, peu lui importe, les bons partis ne manquent pas à la cour. Ni les jeunes arrogants désireux de rétablir leur réputation (et leur finances) par le mariage avec une gentille femme de belle réputation (et à la dot alléchante). La voilà donc mariée par contumace au prince de Lamballe, descendant d’un bâtard de Louis queutard (quatorzième du nom).

La jeune et jolie princesse ravale vite son enthousiasme. Son mari est un horrible pervers complètement dégueulasse qui la fait violer nuit après nuit par un libidineux valet complice. Sa fierté et sa dignité toutes royales l’aident à maintenir la tête haute. Le jour, elle est la favorite et la confidente de Marie-Antoinette (au Louis XVI peu entreprenant), la nuit, elle est la victime et la proie d’un mari violent.

Un an de mariage plus tard, la voilà veuve. Sujette à de mystérieux malaises, elle devient la risée de la cour, remplacée dans le cœur de sa reine par la marquise de Pontillac. Et folle amoureuse de Philippe d’Orléans, le mari de la sœur de son feu époux décédé, son beau-frère.

Puis vient la Révolution, le peuple affamé, poussé par quelques beaux orateurs gronde et se soulève, pointe du doigt les riches, les princes, les fidèles de la royauté, le sang bleu… Tous ceux qui n’ont pas faim. Tous les Capétiens, plus ou moins descendants d’Hugues et de ses lointains cousins Bourbons.

Le roman se situe en 1792. Le royaume de France n’est plus tout à fait royaume et pas encore patrie. Marie-Thérèse de Lamballe a fui, puis est rentrée rêver sa vie au plus près de son Philippe d’Orléans fantasmé (pour soutenir sa reine également). A quoi ces femmes bien-nées pouvaient bien penser en prison ? Comment occupaient-elles leur temps ?

Alexandra de Broca répond à cette question de manière tout à fait romantique. Marie-Thérèse de Savoie, princesse de Lamballe écrit à son amant imaginaire, elle aligne ses souvenirs sur du papier destiné à son Philippe d’Orléans. Et si vous n’avez pas grand souvenir de vos cours sur la Révolution Française, c’est le moment de vous rappeler que c’est sous le nom de Philippe Egalité que ce monsieur d’Orléans signe l’élargissement de son cousin Louis XVI (il sera lui-même élargi quelques mois plus tard. Mais si ! La Terreur : tous les personnages cités auront la tête coupée !).

Et c’est à ce moment là que m’est revenu le souvenir de la princesse de Lamballe, un tableau magnifié d’horreur qui fait froid dans le dos. Un musée de la Révolution "Profanation du cadavre de la duchesse de Lamballe".

Alors qu’elle passe pour une bécasse, doublée d’une sotte et triplée d’une naïve guindée, Marie-Thérèse illustre à elle seule la folie des hommes. Et c’est là que réside le talent d’Alexandra de Broca : mettre les mots sur un passage obligé de notre histoire, quelque part entre la déchéance de l’humanité et le puissant sentiment de liberté soufflé par la tragédie de la Révolution.

Quinze lettres imaginaires nous replongent dans la période la plus troublante de notre Histoire, déchainant les passions, emportant tout sur son passage, douloureuse et immortelle. Loin du débat de ce qui nous semble aujourd’hui injuste, loin du gâchis, loin de la sauvagerie des hommes, Alexandra de Broca nous livre un formidable message d’espoir et de courage dans la douloureuse tourmente révolutionnaire.

 

En savoir plus :
Le site officiel d'Alexandra de Broca
Le Facebook d'Alexandra de Broca


Nathalie Bachelerie         
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# 17 février 2019 : Presque le printemps

De Kafka à Kukafka, Miossec à Berlioz, il y a de quoi lire, voir, écouter cette semaine dans la petite sélection culturelle de nos chroniqueurs. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Gallipoli" de Beirut
"Ulysse et Mona" de Minizza
Rencontre avec Miossec autour de son album "Les Rescapés"
Une discographie d'Hector Berlioz par Jérôme Gillet
"Been meaning to tell you" de Ina Forsman
"4eme jour, Kan Ya Ma Kan" de Interzone
"A thousand days" de June Bug
EP de Bertille
"Morning room EP" de Catfish
"Souviens toi" de Laurent Montagne
"Blood siren" de Sarah McCoy
"Complètement flippé" de 16 Kat
et toujours :
"Persona" de Betrand Belin
"Les rivages barbelés" de Intratextures
"The mirror" de Nicolas Gardel et Rémi Panossian
"La révolte des couverts" de Wildmimi
"The sublime" de Yeruselem
"Aksham" de Aksham
"Last train" de Big Dez
"Tightrope EP" de Bigger
Caroline Loeb au Grand Point Virgule pour jouer "Comme Sagan" en live
Présentation du 11ème festival de Beauregard et de sa programmation
"Kalune EP" de Kalune

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Kafka sur le rivage" au Théâtre de la Colline
"Matin et Soir" au Théâtre de l'Aquarium
"J'ai pris mon père sur mes épaules" au Théâtre du Rond-Point
"Pourquoi dis, m'as-tu volé mes yeux" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Les membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Le bois dont je suis fait" au Théâtre de Belleville
"Peur(s)au Théâtre L'Etoile du Nord
"A vue" au Théâtre de la Tempête
"Merci" à La Folie Théâtre
"Barber Shop Quartet - Chapitre IV" au Théâtre Essaion
"Maria Dolorès y Habibi Starlight" au Café de la Danse
les reprises:
"Grande" au Centquatre
"Politiquement correct" au Théâtre de l'Oeuvre
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel" au Musée Jean-Jacques Henner
et dernière ligne droite pour "Rodin - Dessiner Découper" au Musée Rodin

Cinéma avec :

le film de la semaine : "Le jeune Picasso" de Phil Bradsky

Lecture avec :

"Dans la neige" de Danya Kukafka
Interview de Nylso dans le cadre du festival de la Bande Dessinée d'Angoulême
"L'île longue" de Victoire de Changy
"La main noire" de Robert Vincent illustré des musiques de Anthony Reynolds
"Le manufacturier / responsabilité absolue" de Mattias Köpling / Jocko Willink & Leif Babin
"Sans compter la neige" de Brice Homs
"So sad today" de Melissa Broder
et toujours :
"Angola janga" de Marcelo D'Salete
Interview de Stella Lory dans le cadre du festival de la BD d'Angoulême
"Gangs of L.A." de Joe Ide
"Hunger : une histoire de mon corps" de Roxane Gay
"L'Amérique derrière moi" de Erwan Desplanques
"L'ombre d'un père" de Christoph Hein
"Le président des ultra riches" de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot
"Que faire des cons ?" de Maxime Rovere
"Une éducation" de Tara Westover

Froggeek's Delight :

"I Will Survive" petit tour d'horizon des jeux dits "Survival"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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