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Comédie Bastille  (Paris)  février 2015

Comédie écrite et mise en scène par Tristan Petitgirard, avec Olivier Sitruk, Hélène Seuzaret et Benoit Solès.

La rupture est un mauvais moment à passer et surtout pour celui qui en est à l'origine et qui n'a pas le courage d'assumer sa décision.

A l'alternative de la lâcheté que constituaient la technique de la poudre d'escampette avec fuite sans arme ni bagage et la stratégie du pourrissement afin de rendre la vie insupportable pour l'autre pour le conduire à prendre l'initiative de la rupture, la fertile imagination des prestataires de services vient d'ajouter une troisième voie, celle de la rupture par personne interposée.

A ce titre, le slogan de l'agence "Rupture à domicile" est explicite - "Vous n’osez pas lui dire ? On le fait à votre place…". Mais le monde est petit et voici son fondateur aussi surpris que désemparé quand il doit officier auprès non d'une inconnue mais de la femme qu'il a aimé et qui, quelques années auparavant, l'a quitté sans tambour ni trompette et que surgit le commanditaire qui a changé d'avis.

A partir de cette intrigue originale à la tension explosive, Tristan Petitgirard a écrit une jubilatoire comédie douce-amère qui propose une inédite et originale déclinaison de la thématique classique et intemporelle, celle du couple, en l'ancrant dans la contemporanéité.

De surcroît, comme il connaît ses classiques, il a conçu une partition virtuose par le mélange des genres, ceux du vaudeville, avec ses fondamentaux que sont le comique de situation et le quiproquo, de la comédie de boulevard avec sa divertissante variation sur le triangle amoureux et de la comédie romantique colorée de l'humour incisif, voire cruel, emprunté à la comédie de moeurs qui, en l'espèce, est également mise à contribution par la peinture de quadras irrésolus face à l'amour.

Cette hybridation émérite s'inscrit dans la filiation de la comédie guitryenne avec cette fausse légèreté résultant de désopilantes joutes verbales coexistant avec la froide ironie qui accompagne la lucidité de la peinture sociale, en l'occurrence, celle d'une certaine génération désabusée et frileuse, peut-être parce qu'immature, représentée par des personnages partagent le même désenchantement quant à l'éphéméréité de l'amour et chacun a trouvé sa manière d'affronter cette terrible réalité, le renoncement, la résignation optimiste ou la frivolité.

Cerise sur le gâteau, la partition témoigne d'une écriture dramatique maîtrisée, de dialogues efficaces et de caractères justes qui soutiennent une partition truffée d'une succession de rebondissements à engrenage qui conduisent à un dénouement inattendu.

La mise en scène de l'auteur est à l'avenant. Tristan Petitgirard dirige un épatant trio d’acteurs qui assume avec brio les incessants changements d'humeur et de registre émotionnel de leur personnage.

La confrontation entre rivaux est menée de main de maître par Olivier Sitruk, qui alterne entre ex énamouré et maître du jeu machiavélique, et Benoît Solès qui se révèle désopilant dans la posture du don juan faussement décomplexé.

Gracieuse et pétillante, Hélène Seuzaret campe, de manière aussi délicieuse que convaincante, l'archétype de la femme arc-en-ciel toute en contraste sinon en contradiction, aussi vulnérable que déterminée, qui louvoie entre "ses" deux hommes, et comme en amour femme fait loi...

De quoi conduire au succès cette excellente comédie parfaitement dispensée.

 

MM         
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# 21 février 2021 : et le chiffre du jour est 21

21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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