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Théâtre Paris Villette  (Paris)  février 2015

Spectacle conçu et mis en scène par Frédéric Sonntag, avec Lisa Sans, Fleur Sulmont, Jérémie Sonntag et Paul Levis.

Inspiré et intéressé par la culture, la mythologie et l'iconographie américaine, le comédien, auteur et metteur en scène Frédéric Sonntag s'est penché sur le groupe de rock en tant que mythe moderne du rebelle producteur de légende.

Il propose avec "The Shaggs" un biopic en forme de spectacle performatif consacré à un groupe des seventies qui a sévi de manière aussi éphémère que confidentielle dans la salle des fêtes de son bourg natal de l'Amérique profonde.

La singularité de la biographie de ce groupe tient à ce qu'il a été en son temps honni par l'ensemble de la critique musicale qui le taxait de plus mauvais groupe de rock de tous les temps, exception des quelques uns qui s'inscrivaient systématiquement en contrepoint tel l'incontournable Lester Banks, mais porté aux nues par les avis subjectifs de musiciens tels Kurt Cobain et Frank Zappa. Force est de constater que l'écoute des chansons de leur unique album révèle non seulement une indigence instrumentale et vocale mais également une totale absence d'oreille musicale. Mais le groupe a connu subitement une notoriété posthume.

En effet, après l'insuccès auprès de leurs contemporains, même ses concitoyens spectateurs, rétrospectivement, son album intitulé "Philosophy of the World" fut assimilé à une œuvre d'art brut et son histoire, initialement portée au théâtre en 2011, a ensuite été reprise en comédie musicale à Broadway à la faveur de la vogue du "jukeboxe musical" exhumant les formations vintage qui s'inscrit dans la propension étasunienne à l'apologie du melting-pot culturel et des minorités culturelles tel récemment le groupe Four Seasons héros de la comédie musicale puis du film "Jersey Boys". Et aujourd'hui, les Shaggs sont érigées en grand-mères du punk et du riot grrrl.

Autre originalité, ce groupe composé de trois soeurs ne s'est pas librement constitué pour porter un projet musical mais a été formé sous la contrainte par leur père, un illuminé mystique doublé d'un patriarche tyrannique qui maintenait sa famille dans l'indigence intellectuel et hors des réalités du monde, pour réaliser la prophétie grand-maternelle. Et les soeurs Wiggin se sont passivement exécutées mais sans désir ni talent.

Ce qui est intéressant dans le choix de cette histoire hors du commun tient à ce que, d'une part, elle correspond à l'engouement actuel, qui, certes n'es pas nouveau puisque datant des avant-gardes du 20ème siècle avec la découverte du primitivisme, puis les artistes, tels par exemple ceux du groupe CoBRa en quête du geste artistique inconscient et primitif, pour l'art brut et plus largement l'art outsider qui est entré dans le marché de l'art.

D'autre part, elle illustre la manière dont l'Amérique, pays sans passé ni civilisation, réussit à créer ses propres mythes qui, de surcroît, "contaminent" la vieille Europe qui les relaie alors même qu'est vilipendée l'américanisation culturelle.

La partition écrite et mise en scène par Frédéric Sonntag revêt une forme hybride qui tient du récit et la mise en abime avec quelques scènes musicales dispensée par les narrateurs-personnages efficacement campés par Lisa Sans, Fleur Sulmont, Jérémie Sonntag et Paul Levis.

Ce qui est notable dans sa proposition de tient, outre sa singularité formelle et son second degré parodique, à ce qu'il participe lui-même à la (ré)écriture de cette histoire, notamment en attribuant aux protagonistes des propos réflexifs teintés de psychologisme, et contribue à l'enrichissement du mythe en déduisant du non-désir de faire de la musique et de devenir célèbre et de leur situation hors du système de la production musicale, ainsi que de leur abondante toison capillaire, la vraie de rébellion qui caractérise le groupe de rock.

 

MM         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
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Ciné-Club français des années 60 :
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"Le Chien" de François Chalais
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et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

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