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Studio Casanova  (Ivry)  mars 2015

Comédie dramatique de Marius von Mayenburg, mise en scène de Maïa Sandoz, avec Serge Biavan, Christophe Danvin, Adèle Haenel, Paul Moulin et Aurélie Vérillon.

Pour le monde dans lequel vit Monsieur Lette, la beauté des laids chantée par Serge Gainsbourg ne constitue pas un viatique et même son épouse aimante trouve sa figure catastrophique.

Car Monsieur Lette est laid, d'une laideur dont il n'avait jamais mesuré l'ampleur et qui n'avait jamais constitué un réel handicap à son fonction d'ingénieur, même dans une société du paraître, jusqu'au jour où lui est lancé à la figure (sic) par son employeur le fait que son visage n'est pas vendeur pour l'image de la société et la promotion de ses produits.

Erigée en "tare" rédhibitoire dans une société post-moderne occidentale soumise à l'impératif du paraître, son imperfection physique compromet son avenir professionnel sur lequel pèsent des impératifs de performance et d'ascension sous peine d'être primé et éjecté du système. Il doit donc se rendre à l'évidence et accepte une opération de chirurgie esthétique radicale qui s'avère une parfaite réussite aux conséquences inattendues car tous les hommes veulent avoir le même visage conforme aux canons de la beauté idéale.

Dans un opus de format court en forme de conte biopunk intitulé "Le moche", le dramaturge allemand Marius von Mayenburg imbrique plusieurs thématiques par la médiation d'un phénomène de société et notamment, outre une réécriture du thème du monstre, une inattendue déclinaison du mythe de Narcisse.

Ainsi il aborde les injonctions sociétales paradoxales qui tendent à l'uniformisation des individus tout en exaltant le droit à la différence, de l'oppression sociale sur l'individu par une double action sur le besoin de reconnaissance, d'une part, le désir d'estime sociale et, d'autre part, la quête d'amour, et du rapport identitaire de l'homme avec son image et l'altérité. Qui ne peut-on aimer mieux que soi-même ? Et jusqu'à la consommation sexuelle avec cet autre qui est son double.

Dans une scénographie minimaliste de Catherine Cosme, un espace salle de réunion sommaire et un sommaire salon vintage, la mise en scène de Maïa Sandoz, est judicieuse car elle ne vise pas à l'illustration réaliste de la succession causale d'événements conçue par l'auteur, ceux-ci s'enchaînant sans intermède autre que quelques notes égrenées à la guitare par Christophe Danvin.

La direction d'acteur est exemplaire pour l'interprétation de partitions aux dialogues à la langue du quotidien, dépourvues de tout psychologisme mais néanmoins sous-tendues de violence, dans un registre de jeu hybride incluant distanciation et expressionnisme grotesque.

Ainsi, sans changement de costume ni de physionomie, naviguant entre plusieurs personnages/figures fonctionnant en miroir, les comédiens - Paul Moulin, Monsieur Lette, Serge Biavan, le chef d'entreprise et le chirurgien, Aurélie Vérillon, l'épouse, la maîtresse et la riche rombière mère castratrice, Adèle Haenel, le collègue et le fils névrosé - sont tous excellents dans cette fable édifiante.

 

MM         
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Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

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"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
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Expositions avec :

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Cinéma avec :

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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