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puce Shakespeare, la biographie
Peter Ackroyd  (Editions Philippe Rey)  mars 2015

Avec "Shakespeare, la biographie", l'écrivain et essayiste britannique Peter Ackroyd livre une biographie passionnante qui évite les écueils majeurs, auxquels se confrontent un genre littéraire aussi difficile à l'écriture qu'à la lecture, que sont la biographie historique, souvent rébarbative, relatant les plus infimes détails à des fins d'exhaustivité scientifique, la biographie romancée, sinon fictionnalisée et l'hagiographie à thèse.

De surcroît, en l'occurrence, l'enjeu est de taille puisqu'elle concerne le génie dramatique du 16ème siècle, figure majeure et emblématique du théâtre élisabéthain, dont la vie et l'oeuvre ont été maintes et maintes fois décortiquées tout en concourant à créer un "mystère Shakespeare".

En effet, à défaut de mémorialiste contemporain ayant relaté sa vie comme de mémoires personnelles, la laborieuse reconstitution de sa vie révèle davantage de lacunes que de certitudes, ce qui a alimenté les thèses et suscité de vives controverses quant à des éléments de sa vie privée, de son appartenance religieuse à sa sexualité, et sur la réalité même de son existence en raison de l'abondance de son oeuvre, 36 pièces écrites en 25 ans, que d'aucuns attribuent à un collectif d'auteurs ou d'acteurs ayant pris le nom de Shakespeare.

Le mérite de Peter Ackroyd tient, en premier lieu, à l'exigence d'objectivité qui sous-tend sa partition en ne cherchant pas à combler les "vides" qu'il énonce clairement tout en dénonçant les affabulations qu'ils ont générées.

A l'aide des éléments éprouvés et fiables, il livre un portrait de William Shakespeare, qui se garde d'être psychologique : un portrait social, celui d "un homme dont tout le monde vantait la douceur et la courtoisie, de bonne éducation et possédant toutes les qualités du gentleman" et paradoxal en ce que l'acteur, directeur de troupe et auteur dramatique n'était pas un artiste bohème vivant de rimes et de l'air du temps mais un homme qui avait les pieds sur terre ("cet esprit très pragmatique, doué en affaires, était capable de créer un univers de passions et de rêves").

Ensuite, cette lecture passionnante est également plaisante car Peter Ackroyd n'a pas sacrifié à la forme traditionnelle des grandes époques chronologiques aboutissant à d'interminables chapitres y préférant une succession de brefs chapitres thématiques, au délicat titrage shakespearien, alternant la recension de faits historicisés et les pertinents éclairages in situ par voie de courts essais aussi érudits que didactiques.

Ainsi, par exemple, et notamment, sur l'éducation, la vie quotidienne de l'époque à Londres, seule ville d'Angleterre, l'histoire du théâtre et l'émergence du théâtre élisabéthain en rupture avec le théâtre bâti sur l'eschatologie ecclésiatique tout en introduisant un nouveau rituel sacré, la vie des troupes de théâtre et la figure de comédiens célèbres en leur temps.

S'agissant de l'oeuvre de Shakespeare, Peter Ackroyd insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une création ex nihilo mais d'une capacité à inventer par imitation à partir de l'existant, les miracles et moralités médiévaux, ses lectures dont la littérature ancienne sur l'Antiquité ainsi que son immersion dans la vie londonienne de l'époque (Londres constituant la "principale grille de lecture de la réalité") qui en constitue le creuset.

Illustré d'exemples avec des références à ses pièces, il en dégage la genèse, les pièces personnelles, celles dans lesquelles il a joué et qu'il a "réinventé" et les pièces résultant de collaborations, les fondamentaux, notamment la rythmique musicale et la fluidité de l'action liée à des répliques courtes excluant la tirade, et l'évolution stylistique depuis les premières comédies italianisantes aux drames romanesques en passant par les pièces historiques.

Et, certes, s'il reconnaît l'apport majeur de Shakespeare, celui de "repousser le théâtre hors des contraintes du temps et d'espace", il démythifie le personnage en indiquant que "la témérité et la variété de son théâtre est due à sa popularité et au succès assurés dans sa jeunesse", succès qu'il doit à la chance d'avoir écrit pour une trouble stable, celle du Grand Chambellan, avant de fonder le Théâtre du Globe et à sa capacité à "s'être adapté au goût du public tout en contribuant à le façonner".

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :
La chronique de "Trois frères" de Peter Ackroyd
La chronique de "Londres, une biographie" de Peter Ackroyd
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# 20 mai 2018 : Un temps à sortir les palmes

Le Festival de Cannes se termine déjà, sans grandes envolées mais avec une belle palme d'or tout de même et surtout le soleil qui devrait vous donner envie de sortir les vôtres, palmes, histoire d'aller piquer une tête pour vous rafraichir les idées au milieu de tout ce marasme ambiant. Quoi qu'il en soit, pour vous changer les idées, voici comme chaque semaine notre sélection culturelle.

Du côté de la musique :

Glenn Branca, une vie dissonnante
"Quieter" de Carla Bozulich
Rencontre avec Romain Guerret autour de son projet solo Donald Pierre dont voici 3 titres live enregistrés au bar Le Planète Mars
"Free the prisoners" de Andrew Sweeny
"The sound like a tank even if they are a duo" de Archi Deep
"Liszt : Athanor" de Beatrice Berrut
"Lost and found" de En attendant Ana
"Les larmes d'or" de Frédéric Bobin
"Le courage des innoncents" de Olivier Savaresse
et toujours :
"Lion in bed" de Lion In Bed
"Take me away" de Andréane Le May
"JS Bach Inventions & Sinfonias" de Julien Lheuillier
"Lost memory theatre" de Jun Miyake
"Advertisement EP" de MNNQNS
"All inclusive" de Shaggy Dogs
"Bernstein : Mass" de Yannick Nézet Séguin & le Philadelphia Orchestra
"Ain't that mayhem ?" de Zëro

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Les Limbes" au Théâtre du Rond-Point
"4.48 Psychosis" au Théâtre-Studio d'Alfortville
"Strange Love" au Cirque Electrique
"17 fois Maximilien" au Studio Hébertot
"ABC D'airs" au Théâtre Le Lucernaire
"Les Soulmates" au Théâtre du Marais
"Le Cirque Alfonse - Tabarnak" à Bobino
"Scud" au Théâtre Clavel
"Cabaret chinois et autres farces" au Théâtre Clavel
les reprises avec :
"Les Patissières" au Théâtre Trévise
"King KongThéorie" à La Pépinière Théâtre
"Les Petites Reines" au Théâtre La Bruyère
"Eric Boschman - Ni Dieu, ni Maître mais du Rouge !" à la Scène Thélème
"Légendes d'une vie" au Théâtre Le Lucernaire
"Warren Zavatta - Ce soir dans votre ville" au Théâtre Michel
et les chroniques des autres spectacles de mai

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête" de Ilan Klipper
"Bienvenue en Sicile" de PIF
et les chroniques des autres sorties de mai

Lecture avec :

"La symphonie du hasard, livre 3" de Douglas Kennedy
"Les diables de cardona" de Matthew Carr
"Les invisibles" de Antoine Albertini
"Transit" de Rachel Cusk
et toujours :
"L'écrivain public" de Dan Fesperman
"Le chien de Shrodinger" de Martin Dumont
"Les saltimbanques ordinaires" de Eimear McBride
"Passage des ombres" de Arnaldur Indrioason
"Prison house" de John King

Froggeek's Delight :

"A way out" sur PS4, Xbox One et Windows
"Rétro lazer" Tome 1, magazine trimestriel
Le Google Home, enceinte intelligente

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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