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Théâtre Laboratoire Elizabeth Czerczuk  (Paris)  juin 2015

Spectacle chorégraphique inspiré d'une oeuvre de Witold .Gombrowicz, mise en scène de Elizabeth Czerczuk, avec Aude Charrin, Elizabeth Czerczuk, Derwinn Green, Agnieszka Grzybowska, Hélène Hazaël, Yann Lemo, Zbigniew Rola, Jenn Shinn et Julien Villacampa.

Mettre en scène le théâtre de l'écrivain et dramaturge polonais Witold Gombrowicz, figure de l'avant-garde polonaise du début du 20ème siècle, est, sous une apparence de facilité liée à sa composante parodique, une gageure tant il ne semble pouvoir se décliner que sous une seule alternative formelle aux propositions antithétiques, celle de l'épure ascétique ou de la démesure burlesque.

Avec "Le Cri d'Yvonne" inspiré par "Yvonne, princesse de Bourgogne", la comédienne, chorégraphe et metteuse en scène Elizabeth Czerczuk propose une troisième voie en rupture absolue avec celles brillamment soutenues par Anne Barbot en 2011 et Jacques Vincey en 2014.

En effet, elle procède par syncrétisme des novations formelles introduites par les metteurs en scène et théoriciens du théâtre polonais Tadeusz Kantor et Jerzy Grotowski et la théorie du théâtre métaphysique de Stanislaw Ignacy Witkiewicz qu'elle explore et développe dans son Théâtre-Laboratoire.

Ce qui se concrétise dans ses "pièces chorégraphiques" dans lesquels s'agrègent théâtre, danse et musique en écartant la primauté du verbe au profit de la dramaturgie du corps de manière à "faire percevoir, par l’acte théâtral, la présence d’une autre réalité derrière les sensations immédiates" qui interagit en cohérence avec l'univers gombrowiczien.

"Le Cri d'Yvonne" constitue une première partie de la pièce "Yvonne, princesse de Bourgogne" qui, écrite en 1933, aborde nombre de thèmes à la résurgente acuité contemporaine - la différence, la normalité et l'exclusion, l'identité et la quête de soi et l'intégration forcée de "l'étranger" - dans une intrigue métaphore du drastique processus biologique de phagocytose.

Dans un royaume imaginaire régi par la pompe scandée par un chambellan s'auto-flagellant au nom de la bourgeoisie exploiteuse et corrompue (Yann Lemo), le roi (Zbigniew Rola), la reine (Agnieszka Gazybowska) et le p'tit prince (Julien Villacampa) réduits à des pantins aux allures d'automate sont momifiés dans leur caste délétère symbolisée par les cadres dorés de la galerie de portraits des ancêtres.

Jusqu'au jour où ce dernier rencontre Yvonne, une niquedouille, fille de basse extraction, muette, moche et molle, qu'il introduit à la cour qui la moleste sans ménagement (Héléne Hazaël, Aude Charrin, Jenn Shinn et Derwinn Green). Là s'achève ce premier volet centré sur le choc des deux univers.

Les comédiens et danseurs interviennent sous les superbes lumières baroques de Sharron Printz, qui ne sont pas qu'éclairages de scène mais sculptent l'espace et les corps, et le texte devenu résiduel est remplacé par une envoutante partition opératique originale procédant par music-fusion composée par Matthieu Vonin.

Elizabeth Czerczuk, qui signe la conception, la mise en scène et la chorégraphie d'un spectacle cohérent avec tant l'esprit, le fond et la forme de l'oeuvre de Gombrowicz, incarne magistralement le rôle-titre et dispense une incarnation sensible de la jeune femme au cri muet, niée dans son essence et contrainte.

Un spectacle exceptionnel et hors norme, qui, bien évidemment, implique pour les néophytes curieux et passionnés de faire abstraction des codes usuels de la représentation pour s'immerger dans une autre dimension théâtrale portée par des officiants totalement investis.

 

MM         
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# 29 mars 2020 : On continue à s'égayer le cerveau

On attaque la troisième semaine de confinement. On ne va pas baisser les bras, et nous vous proposons encore un joli contenu histoire de s'oxygéner le cerveau comme on peut. C'est parti.

Du côté de la musique :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
"Onkalo" de Julie Campiche Quartet
"Single carry me home" de Kokoroko
"The pain, the blood and the sword" de Lion's Law
"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec la captation de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
"Peau de vache"
avec Sophie Desmarets
et "La Puce à l'oreille" avec Louis de Funès
une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquillité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
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"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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