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puce Festival Le Cabaret Vert #11 (édition 2015) - vendredi 21 août
A-Vox - The Toy Dolls - Black Industrie - Jurassic 5 - Wand - The Shoes - Dan Deacon - Ratatat - The Chemical Brothers  (Square Bayard, Charleville-Mézières)  du 20 au 23 août 2015

Bis repetita non placent...

Soleil de plomb, et c’est tant mieux. Faisons comme si de rien était et partons du principe que le premier jour comptait pour du beurre.

On apprécie grandement A-Vox, moins pour la musique, peut-être, que pour l’énergie des deux jeunes musiciens sur scène. Lui satisfait, elle bondissante, le public plus que déjà conquis (avantage non négligeable du groupe local) : tout fonctionne à merveille dans ce duo prometteur. Bien sûr, il y a de petites incertitudes dans la voix et sans doute la gestion du souffle à revoir, mais A-Vox n’a pas démérité pour ouvrir ce deuxième jour.

Miraculeusement, le cercle vertueux se poursuit sur la scène Zanzibar, où les vieux de la vieille de The Toy Dolls nous embarquent dans un grand n’importe quoi version punk. Superbe show tout en sauts et en grimaces, afin de rappeler au spectateur le fonctionnement de l’occupation de l’espace de la scène dans un concert – chose que bien des groupes semblent, d’année en année, oublier...

Du coup, on décide de reprendre nos esprits en zappant Black Industries (écoutant le concert de loin, je pense que je n’aurais pas eu grand chose à en dire) et en attendant Jurassic 5. Grand bien m’a pris, puisque tout roule une fois encore sous l’angle musical : hip-hop groovy, funky, puissant sans être agressif, porté par quatre MC’s bien équilibrés, six artistes souriants, convaincants – dont ce petit mash-up inattendu sur "Assassin de la police". Excellent moment pour ma part.

Pour couronner le tout : Wand. Jusqu’à présent, j’ai apprécié les sets sans avoir de coup de cœur, le voilà donc. Garage, psyché, parfois progressif, le rock de Wand n’a rien de particulièrement nouveau. Mais il semble porté par des petits jeunes talentueux et habités, qui proposent des compos plutôt malines qui "perchent" son auditeur de jolis petits riffs avant de le faire lourdement retomber dans les affres de la saturation et du lancinant – et cette très bonne reprise de "The End" des Doors fait le reste... Il paraît que ce serait du sous-Tame Impala – personnellement, pour avoir vu les deux groupes en live, j’avoue que Wand gagne le duel sur scène... Leur dernier EP est disponible sur YouTube : avis aux curieux.

Et... ce sera tout pour aujourd’hui.

Phénomène musical soutenu de toutes parts, The Shoes est un groupe définitivement perché : preuve en est l’animation délirante et psychédélique qui défile sur l’écran géant derrière eux... J’aurais aimé un live plus pêchu d’entrée de jeu, mais passer à cette heure-ci avec cette musique-là n’est pas forcément un cadeau de la part des programmateurs...

On passe, sans transition, à la folie Dan Deacon, qui, bien décontracté dans son short en coton, dispense une électro barrée et tonitruante sur fond de lumière à faire pâlir un épileptique. Cherchant l’interaction avec son public dès les premières minutes, il instaure un petit jeu qui fera la foule se pousser et s’asseoir. Un beau prodige, bien qu’il ne soit pas encore trop tard, et un réel amusement pour le public. Génial à voir, mais... Difficile à écouter pour l’amateur peu éclairé.

De fait, le live de Ratatat a l’air... d’un ennui mortel. Si techniquement tout est absolument parfait, de la musique à l’animation sur écran géant (encore lui), un manque (encore lui) se fait sentir. C’est superbe mais sans plus. C’est beau mais c’est tout. Du coup, cela m’inspire une hypothèse qui me semble opératoire : l’irruption démultipliée des écrans et des animations en tous genres lors des concerts, réalité qui était, jadis, l’apanage de quelques rares groupes et se révèle aujourd’hui quasi systématique, n’a pas que des effets positifs sur la prestation live. Parfois, l’écran remplace, malencontreusement, le scénique (encore lui), de telle sorte qu’un effort attendu n’est pas produit. C’est ce qu’une partie du set de Ratatat m’a inspiré... Même si leur musique reste toujours aussi subtile et puissante.

Ce serait mentir que de dire que je n’ai pas pensé au Chemical Brothers lors de la journée. Je vous épargnerai le couplet autobiographique, mais souhaite vous faire comprendre l’importance du groupe à mes yeux – et, vu la foule, je ne suis pas la seule à avoir ce petit pincement au cœur en attendant le concert. Pour la faire courte, rien ne va. Des techniciens (gloire à eux) décrochent et replacent une barre de lights tout en haut de la scène. En gros, le concert commence avec trente minutes de retard : une broutille quand on aime. Et puis, le drame au bout d’une dizaine de minutes, dès le début du deuxième morceau : tout pète - coupure, couic, plus rien (bis repetita non placent, donc).

Imaginez alors une foule bouche bée. Un blanc de plomb. Au silence succèdent rapidement des huées cinglantes, des jurons, des hurlements, et des millions de "non, mais c’est pas possible". La réaction des artistes a été très pro : une surprise, une colère hyper maîtrisée – malgré un petit geste significatif –, une sortie digne de scène. La grande, grande classe. Dix, vingt minutes plus tard (cette fois-ci, une éternité), le groupe revient, souriant, comme si de rien n’était. Re-début du deuxième morceau. Re-coupure au bout de quelques minutes. Littéralement décontenancée, je pars, dégoûtée pour le public, les artistes, et les techniciens qui vont se faire engueuler ce soir ou demain, sans que je sache vraiment sur qui il faille rejeter "la faute".

Je décide donc de me passer du concert : sursaut suivi par un bon nombre de festivaliers, quittant le site en râlant. Visiblement, le live a repris ensuite, mais quand l’illusion théâtrale est rompue, parfois, rien ne peut la faire renaître, même d’un coup de groupe électrogène. Scandale et catastrophe pour boucler ce deuxième jour... qui sera LE tabou du lendemain : rien des "incidents" sur la fameuse gazette du festival ou dans les articulets de la PQR, à la docilité condamnable. Restent les vidéos pirates sur YouTube comme autant de preuves qui s’accumulent...

 

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En savoir plus :
Le site officiel du Festival Le Cabaret Vert
Le Facebook du Festival Le Cabaret Vert

Crédits photos : Sophie Hébert (toutes les séries sur son site)


Sophie Hébert         
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# 23 février 2020 : Eclectisme n'est pas un gros mot

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"Saint Cloud" de Waxahatchee"
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"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
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"Bury the moon" de Asgeir
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Au théâtre :

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"Le Tour du théâtre en 80 minutes" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas trop bien !" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Palais des Glaces
"Cabaret décadent - Revue Electrique n°25" au Cirque Electrique
"Les Amants de Varsovie" au Théâtre du Gymnase
les reprises :
"Dementia Praecox" au Théâtre Elizabeth Czerzuk
"Ruy Blas" au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis
"Dieu, Brando et moi" au Studio Hébertot
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Cinéma avec :

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et la chronique des films sortis en février

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"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
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"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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