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Interview  septembre 2015

"Le plus accessible des avant-gardistes", John Greaves (National Health, Henri Cow, Post-Image, l’ONJ, Robert Wyatt) revient avec un disque sur Verlaine, non plus basé sur des textes du poète Français mais sur les écrits d’Emmanuel Tugny (homme de lettres, de musique et de politique), influencé lui-même par le livre de Gustave Le Rouge, Les derniers jours de Paul Verlaine. Dans ce Verlaine Gisant, on retrouve ce qui fait la musique du Gallois, cette intensité, l’onirisme et électricité. Nous voulions en savoir un peu plus…

Comment est née l’idée de ce triptyque autours de Verlaine ?

John Greaves : Je n’avais pas prévu un triptyque. Je me suis rendu compte en faisant "Verlaine 1" qu’il restait du travail à faire encore sur la poésie de Verlaine,  donc il y eu "Verlaine 2 (Divine Ignorante)". Et puis, avec Tugny nous avons envisagé une pièce plus large où on pouvait faire un portrait en quelque sorte de Verlaine l’homme, ses passions, ses fantômes,  ses contradictions… "Verlaine Gisant".

Justement, pourquoi avoir décidé maintenant de mettre en musique les mots d’Emmanuel Tugny ?

John Greaves : Nous avons esquissé l’idée ensemble et sommes partis sur la base de "Les Derniers Jours de Paul Verlaine" de Gustave Le Rouge. Emmanuel a écrit une quarantaine de textes et j’en ai choisi une douzaine pour les mettre en musique. La version complète a été publiée en livre.

Le fait de passer par Emmanuel Tugny vous a-t-il donné un nouvel éclairage sur l’œuvre de Verlaine ?

John Greaves : Comme dirait Elise Caron, Tugny "s’est glissé entre les lattes du temps et est allé voir là-bas s’il y était, surgi de vapeurs d’absinthe comme un djinn et prenant Verlaine par le col". Nous avons fait ce voyage ensemble.

Adapte-t-on les mots de Verlaine de la même manière que ceux de Tugny ?

John Greaves : La mimésis Tugny / Verlaine est remarquable. Il y a dans "Verlaine Gisant" une vraie équivalence. Emmanuel a créé un monde, un style, une ambiance qui résonnent avec des images, des sonorités et des rythmes qui correspondent à Verlaine sans aucunement le singer. Dans ce sens, j’ai adapté ces mots de la même manière, en cherchant pour chaque texte d’abord la couleur, puis la mélodie puis le rythme.

On dit de Verlaine qu’il est le plus musicien des poètes, où se trouve la musique dans sa poésie ?

John Greaves : Il sait poser et faire succéder des sonorités, les rimes, les assonances comme des notes ou une mélodie. “Plus vague et plus soluble dans l’air” (Verlaine l’Art poétique). Et ça sur une structure précise et faussement simple. Une portée sur laquelle chaque poème se développe comme une composition musicale. Les tonalités, les majeurs, les mineurs, les dissonances sont dans les images, les contrastes, les demi-teintes l’expressivité, les coups de gueule…

"Oh la nuance seule / Fiance le rêve et la flûte au cor" (Verlaine l’Art poétique)

Connaissez-vous les versions musicales de Debussy, Fauré, Hahn ou Ferré des poèmes de Verlaine ?

John Greaves : J’avais déjà entendu quelques versions de Fauré et Debussy que j’adorais. J’ai même tenté une version de "En Sourdine" sur mon "Verlaine 2".

Ces versions vous ont-elles influencé ?

John Greaves : Non, rien ne m’a influencé là-dedans. Mon but n’était pas de mettre la poésie en musique mais d’en construire des chansons. J’avais tout de même approché Verlaine du point de vue du songwriter et du chanteur, en voyant assez rapidement les phrases mélodiques qui conviennent aux limitations (considérables) de ma voix.

Peut-on considérer votre musique symboliste dans le sens où votre quête esthétique semble très proche de celle de Verlaine qui était un poète symboliste ?

John Greaves : Si vous voulez... Si "symboliste" veut dire  subjectif, personnel ? Éphémère ? Transcendantal ? Abstrait ? Donc oui, peut-être quelque part j’ai "le front parti dans les nuances" mais il y a, néanmoins, chez Verlaine un classicisme formel que je souhaiterais bien faire coexister dans ma musique à côté de la liberté qu’on trouve dans l’improvisation…

Le choix de Jeanne Added, Elise Caron ou Thomas de Pourquery semble une évidence…

John Greaves : Oui.

La prosodie semble être la ligne directrice de Verlaine Gisant…

John Greaves : Pour moi, comme compositeur, le défi principal était de faire chanter les textes d’une manière la plus naturelle possible. La bonne prosodie est essentielle et pour rendre le sens et pour la beauté des mots. Pour qu’ils coexistent, parlent, dansent, chantent avec la musique dans une façon que je qualifierais d’"inévitable".

Vous êtes-vous intéressé également à Arthur Rimbaud ?

John Greaves : Un ami anglais vient de m’envoyer un livret basé sur "Illuminations".  A suivre…

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Verlaine Gisant de John Greaves

En savoir plus :
Le site officiel de John Greaves
Le Soundcloud de John Greaves
Le Facebook de John Greaves


Le Noise (Jérôme Gillet)         
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# 1er juin 2020 : Retour à la réalité

Le monde d'après ne sera sans doute pas mieux que celui d'avant. Ces 2 mois de répit n'auront sans doute servi qu'à amplifier les frustrations en tout genre. Sans prétendre y remédier voic de quoi vous détendre un peu avec notre sélection culturelle de la semaine.

vous pouvez également revoir notre première émission "La mare aux grenouilles" sur la Froggy's TV. Suivez la chaine pour ne pas rater émissions et concerts en direct.

Du côté de la musique :

"Nunataq" de Alexandre Herer
"Vodou Alé" de Chouk Bwa & The Angstromers
"Wallsdown" de Enzo Carniel
Interview de Jo Wedin et Jean Felzine à l'occasion de leur concert sur la Froggy's TV
"Pictures of century" de Lane
"Lullaby (mix #15)" nouvelle émission de Listen In Bed à écouter
"Introssessions" de Minhsai
"Guinea music all stars" de Moh! Kouyaté
"Parcelle brillante" de Orwell
"Evocacion" de Quatuor Eclisses
"Is this natural" de Tazieff
"EP 2" de The Reed Conservation Society
et toujours :
Interview de Roman Rappak autour de son nouveau projet Miro Shot
"Par défaut" de Antoine Hénaut
"Three old words" de Eldad Zitrin
"Night dreamer direct to disc sessions" de Gary Bartz & Maisha
"Mareld" de Isabel Sörling
"Miroir" de Jean Daufresne & Mathilde NGuyen
"Self made man" de Larkin Poe
"Notre dame, cathédrale d'émotions" de Maitrise Notre Dame de Paris
"Enchantée" de Marie Oppert
"Miroirs" de Quintet Bumbac

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

les créations contemporaines :
"Le Mardi à Monoprix" de Emmanuel Darley
"Lucide" de Rafael Spregelburd
"Le Royaume des animaux" de Roland Schimmelpfennig
"Délivre-toi de mes désirs" de María Velasco
"L'étudiante et Monsieur Henri" de Yvan Calbérac
de la comédie signée Pierre Palmade:
"Ma soeur est un chic type" de Pierre Palmade
"Pièce montée" de Pierre Palmade
"10 ans de mariage" de Alil Vardar
Au Théâtre ce soir :
"On dînera au lit" de Marc Camoletti
"Le canard à l'orange" de William Douglas Home
"L'Or et la Paille" de Barillet et Grédy
les classiques par la Comédie française :
"L'Avare" de Molière
"Les Rustres" de Goldoni
du côté des humoristes :
un spécial Christophe Alévêque à l'occasion de son inédit 2020 "Le trou noir"
avec
"Christophe Alévêque - Super rebelle... et candidat libre"
"Christophe Alévêque revient bien sûr"

"Christophe Alévêque - Debout"
et du théâtre lyrique revisité:
"Le Postillon de Lonjumeau" d'Adolphe Adam par Michel Fau
"Turandot" de Puccini par Robert Wilson
et de la caricature joyeuse avec "The Opera Locos"

Expositions :

découvrir la visite en ligne d'expositions virtuelles annulées :
"Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique" au Musée de l'Orangerie
"Pompéi" au Grand Palais
et "Plein air, de Corot à Monet" au Musée des Impressionnismes de Giverny
s'évader en un clic en direction de la province :
à Nice pour une visite virtuelle du Musée Magnin et celle de l'exposition "Soulages, la puissance créatrice" à la Galerie Lympia
de l'Europe :
en Espagne vers le Musée Carmen Thyssen à Málaga
et en Allemagne avec la visite des 3 niveaux de la Kunsthalle de Brême
et plus loin encore aux Etats-Unis vers le Musée Isabella Stewart Gardner à Boston
et le Musée d'Art de Caroline du Nord à Raleigh
avant le retour sur Paris pour découvrir les éléments décoratifs de L’Opéra national de Paris

Cinéma at home avec :

de l'action :
"Code 211" de York Alec Shackleton
"Duels" de Keith Parmer
de la comédie : "Le boulet" de Alain Berbérian et Frédéric Forestier
du drame :
"Marion, 13 ans pour toujours" de Bourlem Guerdjou
"Happy Sweden" de Ruben Östlund
de la romance :
"Coup de foudre à Jaïpur" de Arnauld Mercadier
"Marions-nous !" de Mary Agnes Donoghue
du thriller :
"The Watcher" de Joe Charbanic
"Résurrection" de Russell Mulcahy
du fantastique : "Godzilla" de Masao Tamai
les années 40 au Ciné-Club :
"Boule de suif" de Christian Jaque
"Le carrefour des enfants perdus" de Léo Joannon
et un clin d'oeil au début du cinéma avec "Le Voyage dans la Lune" de Georges Méliès

Lecture avec :

"BeatleStones" de Yves Demas & Charles Gancel
"L'obscur" de Phlippe Testa
"La géographie, reine des batailles" de Philippe Boulanger
"Trouver l'enfant / La fille aux papillons" de René Denfeld
et toujours :
"J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond" de Alexis Jenni
"Les Beatles" de Frédéric Granier
"Washington Black" de Esi Edugyan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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