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Interview  (Marmande)  avril 2005

Enorme ! J'attends Reuno des Lofofora afin de m'entretenir quelques minutes avec lui. Au programme : ses goûts musicaux, ses influences et leur dernier album Les choses qui nous dérangent.

Reuno arrive tranquillou avec quelques minutes de retard. Le palpitant s'accélère, je flippe comme un fou…

Salut Arno.

Reuno : Reuno, ah tu commences mal, là merde (Rires)

Aarrrgh mauvais lapsus, comment vas-tu ?

Reuno : Ca va bien là ouais.

On s'est déjà rencontrés il y a déjà une douzaine d'années, c'était lors de votre première grande scène en première partie d'Iggy Pop à Caen au Zénith.

Reuno : Carrément, c'est le pire souvenir de concert de ma vie !

Comment ça se fait ?

Reuno : A l'époque, on ne jouait que dans les bars avec 30/40 personnes et quand on en avait 50 on était contents. Ce jour là dans le zénith de Caen, il devait y en avoir 2500 et au premier rang, un mec m'a dit entre deux morceaux "Va ni**** ta mère". Je me suis alors mis en colère contre lui et 2499 autres personnes ont pris pour ce gars là !

Il a compris que je m'adressais à lui et les autres se demandaient pourquoi je m'énervais tout seul. Je me suis donc plus ou moins tourné en ridicule et depuis, lorsqu'un mec parle mal de ma mère, je fais comme si je ne l'entendais pas. Tu sais, une première partie d'Iggy, c'est un truc que tu ne veux pas gaspiller. Pour nous c'était une chance incroyable. J'ai Lust for life de tatoué sur le ventre, parce qu'Iggy pour moi c'est le rocker absolu.

C'est marrant car le concert d'Iggy Pop était pour moi le meilleur concert que j'ai pu voir de ma vie. C'était aussi le premier concert que je voyais des Lofo…

Reuno : Et ça va, c'était pas trop nul ? T'avais pas le souvenir d'un truc barré ?

C'était excellent mais il est vrai que je me rappelle d'un moment où tu étais vachement agressif d'un coup mais je ne savais pas pourquoi !

R : Bah voilà, 10 ans après tu as la réponse. (Rires)

Je touche enfin le Saint Graal (Rires) ! Je suis vraiment content de voir aujourd'hui tout le chemin que vous avez parcouru jusqu'à aujourd'hui.

Reuno : C'est clair que ça a bougé depuis.

Vous êtes quand même passés du status de petit groupe qui commençait à percer à aujourd'hui où vous êtes considérés comme les « papas » de la scène métal française même si je sais que tu n'aimes pas trop ce terme.

Reuno : Ouais mais bon, il faut quand même bien l'admettre. Tout à l'heure, je déconnais avec mon batteur (Pierre) qui est avec nous depuis maintenant 3 ans. On est descendu du train de Marseille pour le changement à Toulouse et deux petites nanas de 13 ans sont venues me brancher en me demandant « Vous êtes bien Reuno ? ». J'ai fais « Bah oui » et elles étaient tout sourire. Tu vois, ça m'a fait drôle car je pensais qu'on était un groupe as been après 10 ans d'existence et en fait ce n'est carrément pas ça et ça me fait trop plaisir.

Vous n'avez donc aucun problème pour trouver votre place parmi la scène française dont Aqme fait parti et qui est passé tout à l'heure sur la grande scène.

Reuno : Disons que nous avons été classés dans la scène métal, c'est vrai qu'on a un gros son mais on ne s'est jamais revendiqué comme un groupe métal car on n'en a pas non plus tous les stéréotypes, tu vois ce que je veux dire ? On a essayé de projeter cette énergie, ce son là dans d'autres ambiances.

C'est vrai que vous avez un gros son mais je trouve que ta voix si particulière n'a pas cet aspect rauque et granuleux qu'utilisent les groupes de métal ou que revendiquent bon nombre de groupes.

Reuno : C'est vrai. Mes influences de voix, c'est plutôt le genre Franz des Young gods, ou encore le chanteur du groupe Clutch qui ont des voix graves comme moi et qui s'en servent un peu de manière rocailleuse.

Tu me parlais d'énergie sur scène et j'ai l'impression que celle-ci passe bien sûr par ta présence scénique mais surtout par l'engagement de tes textes. As-tu continué dans cette voie dans votre nouvel album ?

Reuno : Personnellement, je n'aime pas du tout le terme engagé. J'ai vu Gérard Lanvin hier soir à la téloche et qui disait qu'à partir du moment où tu as des opinions on te taxe d'engagé. Ce n'est pas qu'on est tant engagés que ça, c'est juste qu'il y a trop de gens dégagés. C'est la nuance qui créé cette idée.

C'est sûr que dans les textes de Lofo, on parle de choses qui nous touchent, de sujets qui fâchent aussi. On joue sur une musique rock et pour moi c'est une musique faite pour secouer les bassins, les têtes et les consciences. On essaie d'appuyer là où ça dérange, là où ça fait mal de temps en temps. Mais c'est avant tout une thérapie personnelle, je te le dis franchement.

Il y beaucoup de textes qui peuvent s'adapter à une échelle sociale. Par exemple, notre nouvel album qui sort le 11 avril, on a un titre qui s'appelle Les choses qui nous dérangent. Il provient du constat que je ne communique pas assez avec mon entourage. Je suis parti de ça et on croit aujourd'hui que c'est un morceau sur la langue de bois. Alors que ça peut s'appliquer à différentes échelles. C'est comme ça que j'ai envie d'écrire. Sur le dernier album, l'écriture est plus instinctive. On m'a dit qu'elle ressemble plus à la manière d'écrire des groupes de rock anglo-saxons, très directe, moins "intellectualisée".

Tu as acquis une certaine maturité, c'est peut-être aussi pour cela non ?

Reuno : Ouais, c'est vrai que maintenant j'ai mon style, j'ai le poignet tordu d'une certaine manière. J'essaie quand même d'écrire des chansons d'amour mais il y a toujours du vice, des choses comme ça à l'intérieur. Aujourd'hui je n'ai plus besoin d'y penser pour me regarder l'intérieur. Ce n'est pas me vanter que de dire cela, je ne fais que constater.

Je ne pense pas que tu aies des problèmes d'ego.

Reuno : Non, c'est vrai. Pas trop vis-à-vis de Lofo en tout cas.

C'est marrant mais tu me parles de thérapie, de violence et de vice. En effet, quand je t'ai vu arrivé très calme, très posé, je me suis étonné de voir cette sérénité en dehors du showbiz, en dehors de tout ce que tu dégages sur scène.

Reuno : Ouais, il y a un temps pour tout. C'est parce que tu me croises comme ça, mais il est clair que j'ai un côté schizo dans ma vie privée. J'essaie de canaliser toute mon agressivité dans ma musique et j'espère ainsi agir de manière positive dans ma vie de tous les jours.

A propos de votre nouvel album qui sort le 11 avril, j'ai été étonné de voir le titre initialement annoncé 5. Je trouvais ce titre un peu limite quand on connaît votre créativité.

Reuno : Ouais, c'est juste que notre label nous poussait pour avoir un titre afin de lancer la promo et on leur a donné 5. Mais aujourd'hui il s'appelle Les choses qui nous dérangent. Ce sont d'ailleurs mes collègues qui ont trouvé le titre car moi je m'étais vidé le citron jusqu'à la dernière goutte. Je leur ai dit "Appelez-le comme vous le voulez". C'est vrai que sur cet album, toutes les chansons feraient quasiment un bon titre d'album. Il y a une chanson qui s'appelle La peur du vide, une autre Rock'n roll classe affaire. Elles auraient aussi pu servir de titre pour l'album.

Reuno, quelles sont les choses qui vous dérangent ? D'accord c'est un peu facile comme question…

Reuno : Il y énormément de choses qui me dérangent. La première est de me lever tôt le matin (rires). Je sais pas moi, euh…, la politique sociale pratiquée par exemple. Le fait que certaines personnes de gauche trouvent que Sarkozy soit un gars bien, ça, ça me dérange terriblement. Sa démagogie, son jeu d'acteur studio que je trouve énorme, ça, ça me dérange. Cependant ce n'est aussi grave que la manière dont on nous présente les choses.

Par exemple, un attentat sur le World Trade Center et 300 morts en quelques minutes, c'est quelque chose d'horrible mais 3000 morts en Afrique par semaine à cause de l'industrie pharmaceutique, c'est du terrorisme quotidien qui me choque beaucoup plus. Voilà. Alors c'est quoi les choses qui nous dérangent ? Tout comme les précédents titres d'album comme « Dur comme fer », ce n'est pas à prendre au premier degré. Ce sont plutôt des interrogations dissimulées.

Tu me parlais de politique il y a quelques minutes et tu sais que nous voterons le 28 mai lors du référendum sur la constitution européenne. Que voteras-tu si ce n'est pas indiscret ?

Reuno : Honnêtement, je n'ai pas lu la constitution. Je viens de déménager donc je ne sais même pas si je pourrai aller voter. Cependant, j'ai vu des affiches dans la rue comme quoi cette constitution prévoit de fermer 600 bureaux de postes en France dans les années à venir et c'est encore un pas de plus vers la privatisation. Je trouve cela un petit peu écoeurant.

Pour changer de sujet, j'aimerais savoir si tu vas aller voir des groupes ce soir et si oui lesquels ?

Reuno : Déjà je suis super content car on nous a programmé entre les Svinkels et Nashville Pussy. Ce sont des groupes que j'écoute régulièrement et que j'apprécie à mort. J'adore notamment les Nashville Pussy que j'ai déjà vu dans un bar. J'adore leur style direct franc et sans fioriture. Dj Vadim semble terrible aussi dixit notre batteur. J'aime beaucoup la musique électronique. Euh… (Reuno cherche un programme dans sa poche et hurle) THE SAINTS, c'était mon groupe préféré quand j'avais 15 ans. Je me faisais moi-même des T-shirts des Saints car ça n'existait pas.

Je ne connais aucune chanson en anglais, sauf peut-être "Happy Birthday to you" mais par contre, je connais par cœur tout le deuxième album des Saints qui s'appelle Eternally yours qui était fabuleux. J'irai voir aussi Power-solo, un groupe suédois composé de deux frangins, on dirait des texans tombés du tracteur avec des têtes de consanguins qui font une espèce de blues/pop sur des beat à la George Spencer et franchement ça n'a l'air pas mal. J'aime bien leur côté roots .

As-tu acheté des CD dernièrement ?

Reuno : En effet, j'ai acheté le dernier album de Queen of the Stone Edge que j'écoute en boucle. Ce sont des gens que nous avons découvert lors de l'enregistrement de l'album Peuh en Belgique et après les avoir écouté, on ne les a plus lâchés ! Dans un autre style LCD sound sytem dans une veine electro rappelant les Talking heads des années 80.

Je vois que tu ne télécharges pas, tu préfères acheter.

Reuno : Ouais, ouais. En fait, je ne télécharge rien sur mon ordinateur car j'ai peur de chopper des virus et de ne pas être assez bon pour m'en sortir. (sourire)

J'ai téléchargé votre premier morceau gratuitement sur votre site…

Reuno : Tu peux même avoir tout l'album. Un pote l'a trouvé sur la toile mais la qualité est vraiment pourrie. Il y a plein d'album dont j'ai découvert les pochettes 15 ans plus tard car quand j'étais môme, mes potes me donnaient des cassettes que je copiais… c'est vrai que la qualité était médiocre mais pas aussi pourrie que certaines compression en MP3 et c'est ça qui me pète les cou#####.

L'autre fois, un pote est venu me donner le nouvel album de Queen of the Stone Edge. A l'écoute, j'ai trouvé que tout sonnait bizarrement avec un côté un peu clinique, surproduit. Ce n'est pas du tout le son de l'album qui à une tout autre chaleur. Plus qu'une question de vente, c'est vraiment ça qui m'ennuie. Je suis issu d'une génération où tout gamin, j'ai vu l'apparition de la FM en 81, et déjà fan de musique, j'étais content de pouvoir retrouver la qualité des disques. Aujourd'hui on revient à une qualité de merde à cause d'internet ! De plus du discours démagogique des majors aussi, c'est vraiment n'importe quoi.

Cependant, tu ne crois pas que de re-signer sur une major pourrait vous donner un plus ?

Reuno : Les trois premiers albums sont sortis sous Virgin. Et on ne signera plus jamais sur une major. On ne travaille plus qu'avec des indépendants. On a l'avantage aujourd'hui de signer que pour un seul album à la fois et c'est le premier conseil que je donnerais à n'importe quel groupe. Sinon, vous serez liés à des gens avec qui vous ne voudrez plus forcément travailler dans six mois.

Je sais que tu es pas mal pressé, la soirée n'est pas finie. Merci beaucoup de m'avoir accordé ces quelques minutes.

Reuno : Avec plaisir, salut !

J'avais encore énormément de choses à lui demander... En attendant la sortie de l'album Les choses qui nous dérangent le 11 avril, je vais aller me défouler au concert. Je garderai un excellent souvenir de Reuno qui s'est montré vraiment sympa et patient. Bonne route aux Lofo pour la suite.

Musicalement

 

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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
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"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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