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puce Claire Diterzi - 69 battements par minute
Monfort Théâtre  (Paris)  octobre 2015

Concert mis en scène par Alexis Armengol, avec Claire Diterzi accompagnée par les musiciens Christophe Rodomisto, David Aknin et Antoine Simoni.

Claire Diterzi est une punk. Alors ok, elle n'a pas de crête ni d'épingle plantée dans le lobe de l'oreille, elle ne sent pas la bière ni le chien mouillé et elle est toujours propre sur elle.

N'empêche, Diterzi ça fait des années qu'elle fait bien ce qu'elle a envie de faire, avec ou sans maison de disque, avec ou sans théâtre subventionné, avec ou sans son précédent groupe les Forguette mi note. Et ce n'est pas donné à tout le monde.

Claire Diterzi est libre et s'ouvre ainsi tout le champ des possibles de la création artistique.

Bandes originales de films ("Requiem for Billy the kid"), spectacle avec Philippe Découflé ("Iris"), albums ("Boucle", "Tableau de chasse", "Rosa la rouge", "Le Salon des refusées") se succèdent sans ordre particulier avec, on l'imagine, pour seul raison le moment présent, l'envie et les rencontres (et donc les séparations). Car chacune de ses créations est fortement ancrée dans sa vie personnelle, que ce soit sur le plan amoureux, professionnel, ou parfois les deux.

On se souvient du mini scandale dans le landerneau de la musique "savante" quand Diterzi fut invitée en résidence à la fameuse Villa Medicis. Résidence qui accoucha au final du superbe "Le Salon des Refusées".

Mais là n'est pas la question du moment, puisqu'il s'agit avant tout de vous parler du nouveau spectacle de Claire Diterzi, "69 battements par minute".

Spectacle plutôt que concert car même si "69 battements par minute" est également son nouvel album, il serait réducteur de résumer à un simple concert cette heure et demie passée en compagnie du quatuor présent sur la scène du Monfort Théâtre.

Batterie, guitares, piano jouet et quelques machines discrètes meublent donc la scène dans une disposition là encore loin des classiques du rock. Les musiciens - Christophe Rodomisto, David Aknin et Antoine Simoni - étant tous sur une même ligne, occupant la totalité du large espace scénique offrant ainsi une large profondeur de champ à la protagoniste qui pourra se mouvoir à sa guise dans ces grands espaces laissés vides.

Car ce qui fait que ce "69 battements par minute" sur scène n'est pas vraiment un concert, c'est la mise en scène, discrète mais efficace de Alexis Armengol offrant à la fois un grand espace de liberté à Diterzi et profitant pleinement de la configuration "théâtre" offrant plusieurs tableaux tout au long du spectacle, faits de rideaux, de projections et de lumières, conçues par Vincent Idez, remarquablement orchestrés.

Dans le détail, le spectacle passe à une vitesse folle. A peine Claire Diterzi arrive sur scène, avec sa chaise, pour nous raconter la genèse de ce spectacle, les textes de Rodrigo Garcia, son carnet de notes prises pendant la création de cette oeuvre, l'idée de ce spectacle qu'elle semble déjà nous quitter sur un dernier titre au ukulélé ("La Broche").

Une heure trente pendant laquelle on se laisse porter par sa prose, parler et chanter, par ses textes mordants, parfois presque glauques mais curieusement toujours drôles, dans une langue française élégante. Le tout emmené par des musiciens impeccables rendant dans la mesure du possible justice à la production de l'album. Les arrangements de scène sont tout à fait à la hauteur de ce que l'on connaît de l’album et donne une énergie plus rock, un sens plus immédiat aux chansons.

Diterzi donne l'impression de voler sur scène, son élément assurément. Elle danse, sautille, court et fait même de la trottinette.

Son chant remarquablement juste, qu'elle hurle ou qu'elle murmure et sa voix incroyable ne faiblissant jamais (si ce n'est lors de la défaillance d'un micro HF qui donnait pourtant des signes de faiblesse dès le départ) et un son dans la salle quasi parfait mais avec une voix peut-être un peu sous mixée notamment par rapport à l'album, rendant parfois légèrement difficile de distinguer toutes les finesses de ses textes si l'on ne connaissait pas le disque avant - grande parenthèse pour un problème finalement pas si gênant néanmoins).

Les quelques intermèdes pendant lesquelles elle parle au public sont également partie intégrante du spectacle, et nul ne peut s'empêcher de pouffer ou de rire jaune à l'évocation de sa psy, du papier peint des toilettes de son enfance, de ses échecs amoureux ou de sa visite médicale. Mais nul besoin de vous en dévoiler plus tant il vous sera plaisant de découvrir ses explications de textes.

Le spectacle est rythmé, drôle et même s'il est encore un peu jeune, mené de main de maître de bout en bout.

Claire Diterzi, avec sa plume pointue, sa voix fantastique et ses guitares aiguisées, offre un univers assez complet (et pas complexe) à la croisée du rock, de la chanson française et du théâtre. Cela peut sembler plus difficile à appréhender mais sa musique coule pourtant facilement dans nos oreilles et dans nos coeurs.

Elle est sans conteste une des grandes de la musique française pop contemporaine, à placer non loin des Dominique A et quelques autres réputés comme "patrons de la scène musicale française" qui semble finalement oublier un peu trop souvent les femmes.

Bref, Claire Diterzi est une punk, et le théâtre un bel écrin pour y découvrir ses oeuvres. Le mélange des genres, c'est définitivement son truc ! Courrez la voir.

 

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La chronique de l'album Tableau de chasse de Claire Diterzi
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Claire Diterzi en concert à Folies Bergères (3 décembre 2008)
L'interview de Claire Diterzi (janvier 2008)

En savoir plus :
Le site officiel de Claire Diterzi


David         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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