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Joyce Carol Oates  (Editions Philippe Rey)  octobre 2015

Carthage est une petite ville fictive de l’Etat de New York, à proximité d’une réserve où coule une rivière tumultueuse la Nautauga, qui se jette ensuite dans le lac Ontario. Dans cette petite ville, presque tout le monde connaît tout le monde, surtout quand il s’agit d’un personnage public comme l’ancien maire Zeno Mayfields. Ancien avocat, il est marié avec Arlette, femme plutôt docile, et ensemble ont eu deux filles Juliet, jolie fille, très jolie fille croyante minaudante un peu et Cressida la laide, du moins c’est comme ça qu’elle se voit, laide mais intelligente, solitaire, misanthrope, poitrine plate, hanches étroites, le corps d’un jeune garçon.

Un soir de juillet alors qu’elle était simplement sensée passer la soirée chez une de ses rares amies, Cressida disparaît dans la réserve. Les indices sont minces, juste des traces de sang dans la voiture garée à proximité du caporal Brett Kincaid, ancien fiancé de Juliet, héros de guerre, tout juste de retour d’Irak, portant jusque dans sa chair les stigmates de ses bravoures passées. Très vite les soupçons se portent sur lui, alors que les Mayfields continuent à lancer des avis de recherche et même si beaucoup de choses se mélangent dans sa tête, le caporal finit par avouer.

Voilà le point de départ de l’histoire, les personnages que nous allons suivre lors de ce long roman découpé en trois grandes parties, presque indépendantes les unes des autres, du moins qui pourraient presque constituer trois livres. Joyce Carol Oates, auteure plus que prolifique, choisit de mélanger les points de vue et la chronologie, c’est en suivant chaque personnage que l’on comprendra mieux l’histoire dans son intégralité. Construisant petit à petit par d’habiles flash-back un récit dense et intense. Il est compliqué d’aller plus avant dans la chronique car en bon auteure de "page-turner", elle nous réserve des surprises qu’il serait dommage de dévoiler. Donc je vais tâcher de ne plus (trop) parler de l’histoire, vous aurez compris qu’elle contient son lot de retournements et de surprises.

Une des forces de Oates est l’approche qu’elle a de ses personnages et principalement de la famille Américaine type, et par extension de l’Amérique tout entière. Loin d’être figés dans une caricature de père, de mère, d’héros etc., elle n’oublie pas de faire vivre ses personnages, de les faire évoluer, les évènements qu’ils vivent ont prise sur eux, cela les change, en bien ou en mal, cela influe leur action. Ce qui rend les personnages attachants en effet, ils sont vrais, je veux dire plus que simplement crédibles, mais vrais dans le sens où elle ne se contente pas de nous décrire leur action mais elle nous livre leurs pensées, leurs réflexions, pour nous permettre de comprendre la logique de chacun.

En plus d’être une excellente conteuse d’histoire, elle glisse dans chacune de ces parties plus que des éléments pour faire avancer l’intrigue mais dévoile également certains côtés peu reluisants de l’American Way of Life post onze septembre. Ainsi le retour d’Irak du caporal Brett Kincaid est prétexte pour nous montrer ce que peut être non seulement les troubles de stress post-traumatique mais également les atrocités que l’on s’autorise en temps de guerre surtout quand on se prend pour les forces du bien. Elle nous fera découvrir également les couloirs de la mort et la vie carcérale d’une prison soit disant modèle, si elle prend soin des personnages elle prend également soin de ses décors, Carthage, la ville, semble être le seul élément inventé tant elle apporte un soin tout particulier à nous décrire l’environnement dans lequel évolue ses personnages.

Roman ample, riche, Carthage captive, intrigue autant qu’un dessin de Escher, et prouve une fois de plus, l’incroyable talent de Joyce Carol Oates.

 

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# 18 novembre 2018 : Pas de frein pour consommer la culture

Si certains estiment que l'on consomme toujours trop et toujours plus, il n'en est pas de même pour la culture. Jamais assez de livres, de musiques, de films... Voici de quoi découvrir cette semaine encore avec notre petite sélection hebdomadaire.

Du côté de la musique :

"Amir" de Tamino
"We are not merchandise" de Jean Michel Jarret
"Action" de Inuit
"Vanités" de Liz Van Deuq
"Longue distance" de Miegeville
My Baby et Electro Deluxe dans une sélection de EP
et toujours :
Rencontre avec Olivier Brion, complétée par une session 5 titres
"Au dessus" de Au Dessus
"Terrain à mire. Une maison rétive. Contrainte par le toit" de Bégayer
"Rojo vivo" de Borja Flames
"Alaska" de Eryk.E
"Envol" de Joulik
"La boîte de pandore" de Karin Clercq
"Pur sang EP" de Pur Sang
"Grazyna Bacewicz : The Two Piano Quintets - Quartet for four violins - Quartet for four cellos" de Silesian Quartet and Friends
"Songs for a city" de Victoire Oberkampf

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Iinflammation du verbe vivre" au Théâtre de la Colline
"Dans le pays d'hiver" à la MC93 à Bobigny
"L'Arche" au Théâtre 13/Seine
"Cyrano" au Théâtre de la Tempête
"Abeilles" au Théâtre de Belleville
"Le Cabaret des Trois soeurs" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Ce qu'on attend, ce qu'on a déjà" au Lavoir Moderne Parisien
"L'Autre fille" à la Comédie de Béthune
"Mémoire de fille" à la Comédie de Béthune
"Femme(s)" au Théâtre Trévise
"J'aime Brassens" au Théâtre Trévise
les reprises :
"La Double Inconstance" au Théâtre des Béliers parisiens
"En avant sur les cendres" au Théâtre du Rond-Point
"Moi, Dian Fossey" au Théâtre Montmartre-Galabru
"Viel chante Brel" au Théâtre Essaion
"Gauthier Fourcade - Liberté !" au Studio Hébertot
"La Fabrique à Kifs" au Théâtre de l'Oeuvre
"Le Cabaret extraordinaire" à la Nouvelle Eve
et la chronique des autres spectacles de novembre

Expositions avec :

"Trésors de Kyoto - Trois siècles de création Rinpa" au Musée Cernushi
"Jômon - Naissance de l'art dans le Japon préhistorique" à la Maison de la Culture du Japon

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Le départ" de Jerzy Skolimowki en version restaurée
et la chronique des autres sorties de novembre

Lecture avec :

"Au coeur de la folie" de Luca d'Andrea
"Les contes du réveil matin" de Michel Bussi
"Munkey diaries (1957-1982)" de Jane Birkin
"Où vivre" de Carole Zalberg
et toujours :
"Prisonniers de la géographie" de Tim Marshall
"Le peuple contre la démocratie" de Yascha Mounk
"Le complexe d'Hoffman" de Colas Gutman
"La croisière charnwood" de Robert Goddard
"Haute société / Frank et Billy" de Vita Sackville / Laurie Colwin

Froggeek's Delight :

"Assassin's Creed : Odyssey" sur PS4, XBOXONE, PC Windows
"Astrobot rescue mission" jeu en réalité virtuelle sur PS4
"Marvel's Spider-Man" en exclusivité sur PS4
"Shadow of the Tomb Raider" sur PS4, XBOXONE et PC
"Kingdom Come : Delivrance" sur PC, PS4 et XBOX

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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