Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Jackie Brown
Quentin Tarantino  sortie 1997

Petite musique noire

Jackie Brown, hôtesse de l'air sur une petite compagnie interieure, passe diverses choses, notamment de l'argent, pour le compte de Ordell Robbie, un traficant d'arme à la petite semaine. Elle est arrétée par la police qui la menace de prison si elle ne collabore pas à l'arrestation de Robbie. Elle est contrainte d'accepter mais avec une idée derrière la tête.

On pouvait penser, aprés le succés d'estime de "Reservoir dogs" puis le franc succés de "Pulp fiction", élevé au rang de film culte et palmé à Cannes, que Quentin Tarentino allait poursuivre dans la voie du grand guignol, ou derrière chaque bastos pointait un éclat de rire sanguinolant et que ce "Punch créole" d'Elmore Leonard allait etre servi trés frappé. Les tenants du bon gout d'affuter déja leur plume pour deverser leur bile.

Mais le bon gout en matière de cinéma c'est précisement de frapper trés fort là ou l'on n'est pas attendu. De déluge d'hémoglobine, point. Et pourtant. La griffe tarentinienne est là et bien là, appanage des grands. Aurait-on oublié un peu vite qu'avant d'être metteur en scène, Tarentino est un scénariste et un trés bon? Si il y a eu culte autour de "Pulp fiction", c'est qu'il y avait de quoi. Personnages pittoresques et fort riches, univers absurde, codes narratifs démentibulés et invitation du spectateur à jouer avec lui.

Bref cette petite musique qui tourne dans le tête et signale le grand compositeur. La métaphore est à dessein, car il fut inventé pour l'occasion une nouvelle forme de bande originale de film: Des airs d'autrefois, connus ou inconnus, qui s'emparent des images et s'imposent comme la seule musique possible, sans musique originale ecrite spécialement pour le film. Depuis, on copie, souvent à l'avenant.

La troisième partition qu'à choisi de jouer Tarentino c'est donc "Jackie Brown", originellement Burke dans le roman de Léonard. Passionné par les films issus de ce que l'on appela la "blaxploitation" dans les années 70, il apporte quelques légères modifications au décor de l'action, mais reste très fidèle à la trame du bouquin. De nouveau, il apporte l'ambiance et l'esthétisme black. C'est énorme.

Pam Grier, d'abord et je dirais même par dessus tout. Egérie de ce courant quasi-underground, un cinéma pour les noirs, par les noirs et avec des noirs, à mille lieues des oeuvres-alibi comme "Devine qui vient dîner?", Grier fut l'action-woman de cette époque. A 44 ans, elle retrouve donc une nouvelle jeunesse grâce à notre cinéphile fou et peut espérer un nouveau départ, à l'instar de Travolta.

Puis viennent les autres, plus connus comme De Niro en gunman bas du front, Samuel L.Jackson, vendeur d'arme par interet et maquereau à ses moments perdus, ou moins connu comme Robert Foster, acteur en perpétuel devenir, mort aux pluches pour la majorité d'entre nous, qui ici est amoureux transi, complice malin et opportuniste de Jackie.

Avec ce casting brillant, Tarentino s'affirme comme un des plus talentueux directeur d'acteur depuis Scorsese. Les détracteurs du maniérisme sont soufflés par tant d'épure, de recherche de l'essentiel. En faisant la part belle aux envolées "lyriques", comme le montage en parallèle de la deuxième partie du film, il n'oublie pas de donner du grain à moudre à ses acteurs en leur ménageant des face à face ou leur talent peuvent s'exprimer à plein. La petite musique retentit alors; nous sommes bien dans un grand film d'auteur, comme Ford ou Huston pouvaient être auteurs:

L'image, le sens, le plaisir, la dureté de ton. La musique noire cale l'action dans un rythme, une atmosphère unique et s'impose comme la seule possible. De Bill Withers aux obscurs Delphonics en passant par Bobby Womack, on écoute autant qu'on regarde. L'image n'a plus qu'a suivre le rythme à l'instar de Jackie qui fredonne les paroles de "Across the 110th street", comme pour oublier que Max n'est pas à ses cotés et qu'il n'y sera peut être jamais.

Quentin Tarentino est bien le chef de file d'un cinéma moderne, fort, inventif, malin et, n'en déplaise à certains indécrottables abscons, bougrement intelligent.

 

Comédie dramatique de Quentin Tarantino avec Pam Grier, Robert De Niro, Samuel L. Jackson, Bridget Fonda, Mickael Keaton et Chris Tucker
Film américain (1997). Durée : 2h 30mn.


        
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=