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Interview  (Paris)  21 avril 2005

A l'affiche du tribute à Nino Ferrer On dirait Nino, nous trouvons entre autres JP Nataf, leader des Innocents, qui a sorti en avril 2004 un premier album solo Plus de sucre, avec une reprise du fameux "Oh! Hé ! Hein ! Bon !" et Fabien Martin, dont le premier album, Ever Everest, est sorti en septembre 2004, qui nous permet de (re)découvrir "Riz complet".

Rendez-vous à Ménilmontant pour les rencontrer et en savoir plus sur la genèse de ce tribute et leur participation.

Nous commençons avec Fabien Martin, un peu pressé par le temps du fait de l'enregistrement d'une émission télé, pour faire également un petit point d'étape depuis notre première interview en novembre 2004.

Puis nous bavarderons ensuite longuement avec Jipé que nous découvrons intarissable quand il s'agit de musique. Une rencontre passionnante avec un passionné !

Nous vous avions rencontrés en novembre 2004 à l'occasion de la sortie de votre album Ever Everest. Que s'est-il passé depuis et quels sont vos projets pour ce printemps et cet été?

Fabien Martin : La tournée a commencé en mars juste après le Café de la Danse et elle se poursuivra jusqu'à la rentrée, même en 2006. Nous avons des dates pour les Francofolies de La Rochelle et le festival Paroles et Musiques de Saint Etienne. Je fais 4-5 dates par mois. Les ventes d'album progressent régulièrement. Ce n'est pas le carton mais la tournée va aider. Et puis, je pense que c'est un album qui se défend sur 1-2 ans et pas sur six mois.

Vous avez fait de belles scènes sur Paris telles que l'Européen, le Zèbre de Belleville et le Café de la Danse ?

Fabien Martin : Oui et je constate qu'à chaque fois, il y a une sorte de progression pour le nombre de spectateurs et aussi parce qu'ils reviennent. Et puis, pour la première fois, au Zèbre, j'ai vu que le public connaissait l'album et les chansons au point de reprendre les paroles en chœur, ce qui est sidérant, très agréable et qui porte.

Vous jouez souvent en formation différente ce qui est intéressant pour les personnes qui reviennent vous voir.

Fabien Martin : A chaque concert nous essayons d'apporter de nouvelles choses. Par exemple, au Café de la Danse, nous avons introduit des éléments de batterie. Cela ne veut pas dire qu'il y a un batteur mais le bassiste joue de la grosse caisse par exemple et chaque musicien joue un des éléments de la batterie. C'est quelque chose que nous allons développer. Et les concerts sont différents en fonction des lieux, des circonstances, du temps aussi, de la durée du concert et de la disponibilité des musiciens qui m'accompagnent. Ainsi au Festival Mythos à Rennes, on a fait un concert basse-batterie.

Revenons à l'actualité la plus récente avec votre participation à vous deux sur un album hommage à Nino Ferrer.

JP Nataf : Le producteur à l'origine du projet c'est Hervé Paul Huguet, un musicien que je connais depuis une vingtaine d'années. Nous partagions la scène de temps en temps, à l'époque des Innocents avec un groupe de Lyon dont il était le guitariste. Il m'avait parlé de ce projet il y a 2 ans en me demandant si ce projet me plaisait sur le principe. Ce projet a mis de temps à voir le jour car la famille de Nino Ferrer est très exigeante, comme Nino Ferrer d'ailleurs qui ne rigolait pas du tout avec son travail.

Il a fallu trouver un label qui puisse assurer une belle sortie pour que cela ne reste pas confidentiel et la famille avait de réelles exigences en termes d'artistes. Elle a même écarté des locomotives qui avaient été pressenties. De plus, Hervé Paul Huguet avait quelques exigences artistiques également. Il ne voulait pas aller chercher du côté de la nouvelle chanson française préférant rester dans le domaine pop qui lui semblait coïncider davantage avec l'univers de Nino Ferrer. Il m'a donc contacté dès que ULM a donné son accord et demandé sur quelle chanson se portait mon choix. Immédiatement, je lui ai dis "Chanson pour Nathalie" qui était ma madeleine à moi car elle faisait partie de mon adolescence.

C'était un des rares disques français qui avait droit de citer dans ma chambre entre 75 et 85. Il m'a alors répondu qu'il était embêté car elle était déjà pressentie par Jean-Louis Murat. Je suis resté un peu bloqué sur cette idée car j'avais un vrai passé avec cette chanson. Il m'a rappelé à plusieurs reprises et à chaque fois je lui demandais où en était Murat qui n'avait pas encore donné son accord définitif. Ça a traîné ainsi et il m'a demandé de faire un autre choix. Je n'avais pas envie de me frotter au "Sud" pour lequel j'avais d'ailleurs compris que "politiquement" ce titre était réservé à une personne qui pourrait le porter haut et fort en termes de marketing mais aussi médiatiques. Et les gens ne choisissaient pas les chansons comico-rythm'n'blues du début.

Je me suis souvenu alors, en me rappelant ma toute petite enfance et mon père vociférant dans la voiture, de "Oh hé hein bon" et "Mirza". Et aussi, au tout début des Innocents, des années passées fin 70-début 80 à écumer les puces de Montreuil et de Clignancourt et les braderies en tout genre pour trouver la quasi intégrale des single de la Stax, Atlantic Record etc... Je rêvais d'être Wilson Pickett, Samuel Arthur… tous réunis. Il y avait un groupe fantastique à Paris qui faisait ça à la perfection qui s'appelait les Stoners. C'était mon rêve et avec les Innocents ont reprenait du Rufus Thomas sur scène. Mon problème c'était l'écriture en français qui faisait que je n'étais plus capable de chanter de la même façon. Et ça a toujours traîné. Pour un oui pour un non, j'étais prêt à rejoindre Little Bob sur scène pour faire une reprise des Coasters, de Ben E. King…La raison est qu'il s'agit d'un exercice très difficile car la langue ne se prête pas à la transposition de ces musiques noires. Ceux qui ont fait ça sans être ridicules se comptent sur le doigt d'une main (rires) ! Pour moi, il y a Nino Ferrer et Catherine Ringer.

Bref, pour moi, ce défi des années 80 n'a pas été relevé. Même les musiques nouvelles singent mais n'inventent pas. Donc je me suis dit je vais en découdre avec ce truc pas résolu. J'ai passé toutes les chansons en revue avec cette idée de retrouver cette énergie. Ce sont des proches qui m'on conseillé de prendre "Oh Hé Hein Bon!" en me disant "C'est toi !". Finalement, il est vrai que le texte c'est moi et j'aurais pu l'écrire. Je perds tout, je m'énerve, je donne des coups de pieds dans les objets que je déteste et qui m'en veulent énormément. Donc voilà comment s'est fait le choix.

Ensuite, tout est allé assez vite. Nous sommes allés en studio. Nous avons perdu quelques heures parce que j'étais toujours dans cette idée de faire quelque chose de noir. Et puis je voulais emmener ce style de rythm'n'blues des années 65-68 vers 76-75, vers les Meters. Nous n'étions pas convaincu du résultat et juste avant de manger, on en a fait une que l'on appelait "disco". Nous avons fait une prise et au retour de déjeuner, c'est celle-là qui était la bonne. Il y avait une sorte de légèreté.

Fabien Martin : Ce qui est super dans sa version c'est le mélange entre l'esprit de Nino Ferrer et ce que fais JP sur ses propres disques.

JP Nataf : C'est plus rigolo que mon disque ! (rires). Je me suis laissé guider par ce que cela raconte. Je ne voulais pas être dans le pastiche. Et il y a de la fragilité dans cette chanson. Car Nino s'emportait facilement car il était colérique et sans doute fragile. Après, c'est comme un texte au théâtre ; il y a plusieurs manières de le jouer. Donc je me suis demandé comment le jouer sans être ridicule.

La plupart des artistes se détachent suffisamment de l'interprétation originale pour ne pas tomber dans le pastiche.

JP Nataf : Effectivement. Et c'était aussi une volonté de la famille de Nino Ferrer qui voulait que les interprètes s'approprient les chansons et non qu'ils fassent un hommage trop respectueux.

Fabien Martin : C'est la difficulté de la reprise : à la fois respecter et s'approprier. On ne peut pas en faire n'importe quoi !

JP Nataf : Il faut la relire.

Et vous Fabien Martin ?

Fabien Martin : Pour moi, Hervé Paul ne m'a pas appelé du tout parce qu'il ne me connaissait pas. En fait, j'ai eu connaissance de ce projet, car je suis chez ULM, quand il était presque terminé. J'ai appelé ma maison de disque en disant que c'était scandaleux et que ce disque ne sortirait pas tant que je n'y figurerai pas ! Non, je plaisante ! En réalité, je me suis un peu incrusté sur l'affaire sans savoir ce qui restait et ce que j'allais faire. Et c'était à un moment où j'avais envie d'enregistrer. De plus, j'aimais beaucoup Nino Ferrer. Et la participation de JP et M me plaisait aussi.

JP Nataf : Hervé Paul me tenait beaucoup au courant de l'évolution du projet et c'est important aussi de se sentir complètement intégré à un projet ainsi que de figurer sur un album avec des personnes que l'on apprécie.

Fabien Martin : Il y a une vraie cohérence dans cet album parce qu'Hervé Paul a mené tout le projet. Il s'agit davantage d'une compil d'un individu que d'une maison de disque.

JP Nataf : Il a fait un vrai travail de direction artistique.

Et le choix de "Riz complet" ?

Fabien Martin : Quand j'ai eu l'accord d'Hervé Paul sur ma participation, on m'a dit qu'il restait "Les cornichons". J'aime bien cette chanson mais pour moi il me semblait préférable de ne pas prendre un titre connu et d'autre part, je ne voulais pas une chanson rythm'n'blues car c'est super dur à chanter. Je ne voyais pas trop ce que je pourrais en faire dans les arrangements et comment je pourrais me l'approprier. J'aime cette musique, l'écouter mais je ne peux pas la chanter. Je n'ai pas la culture pour la chanter. J'ai donc récupéré le coffret 3 disques de Nino Ferrer.

Au début, je voulais faire le titre "L'innocence" qui est un inédit qui figure en version maquette sur une compil. Il y avait aussi "Sémiramis" que j'aimais beaucoup. Le choix final s'est porté sur "Riz complet", choix commun avec la chanteuse avec qui je devais chanter en duo. Le duo ne s'est pas fait mais j'ai gardé ce titre. Donc je n'ai pas pris des cornichons mais du riz complet…

JP Nataf : …c'est bien c'est des sucres lents….

Fabien Martin : …oui. Par exemple je n'aurais pas pu faire le "Sud". Il faut aussi être à la hauteur du texte et pas simplement médiatiquement, au niveau de l'expérience aussi. Et puis cela me rassurait de faire un titre pas connu ce qui évitait toute comparaison. Tu connaissais cette chanson ?

JP Nataf : Oui, mais je préfère ta version. Il y a 4-5 titres que je trouve extrêmement réussis sur cet album.

Fabien Martin : Je suis parti de la basse. J'ai cherché pendant 3-4 jours et j'ai trouvé ce toum toum toum…Hum, c'est difficile à retranscrire par écrit. C'est do do sol la do do …J'avais en tête ce truc presque disco et la démo a plu à Hervé Paul. Voilà, 2 jours de studio, 1 jour de prise et 1 jour de mix et c'était dans la boîte !

JP Nataf : Il faut dire également que nous adorons tous ce genre de projet. Moi, je ferais cela tout le temps ! C'est simple, on vous appelle vous le sentez ou pas, vous le faites et en 2 jours c'est bouclé !

Fabien Martin : Il est vrai qu'aujourd'hui on ne fait plus une chanson en 2 jours !

JP Nataf : Et les deux tiers des artistes qui ont participé à la promotion la semaine dernière partagent ce sentiment. Si on me dit on fait un tribute à Michel Delpech, je rentre chez moi réécouter tout Delpech !

Fabien Martin : Cela permet aussi de redécouvrir des chanteurs que l'on connaît comme tout à chacun. J'ai vraiment découvert des perles. Et j'aimerais bien en faire d'autres de Nino Ferrer dont celles que j'ai citées.

Quand on est auteur soi-même, est-ce aisé de chanter les textes des autres ?

Fabien Martin : Sur scène je reprends "Vesoul" de Brel, par exemple. Mais il est vrai que j'ai conscience que cette chanson n'est pas de moi. "Riz complet" me paraît plus proche. Je me l'approprie d'autant que je ne l'avais pas entendu auparavant. Je n'enregistrerai pas "Vesoul". Par ailleurs, ce que j'aime c'est adapter des poèmes. Je l'ai fait avec Apollinaire. J'aimerai bien réitérer.

J'aime découvrir des poètes même moins connus. En revanche, je sais que je ne peux pas faire "porte-parole". Je ne me sens pas chanteur. Je chante mais je ne suis pas un interprète. Je suis un mec qui chante ses chansons. Barbara disait : "Je ne suis pas une chanteuse, je suis une femme qui chante.". Bon, je ne suis pas une femme qui chante…(sourires)

JP Nataf : Moi, je voudrais être tout à la fois donc je saisis toute opportunité. J'aime bien être utile à un projet ! Ce n'est qu'une question de cohérence. En tant que public je suis assez exigeant et ça ne s'arrange pas en vieillissant. J'ai des critères qui n'appartiennent qu'à moi et ma sensibilité est le seul prisme à travers lequel je m'autorise à juger les choses parce que c'est ma partie. J'aime chanter d'autres mots, d'autres gens même s'il me paraît difficile de mettre une chanson d'un autre dans un album.

Par contre, j'adorerai faire un album où je ne chanterai que les chansons de quelqu'un d'autre. Par exemple en demandant à Sylvain Vanot de m'écrire 12 textes. Tout en musique n'est qu'une question de dosage. Ce n'est pas pour rien qu'en musique on mixe. Je suis ouvert, sans a priori.

Fabien Martin nous quitte attendu pour une télé. Nous restons à bavarder avec JP Nataf.

Revenons à l'album "On dirait Nino" pour rebondir sur ce que vous avez dit quant aux reprises pour vous demander vos préférées.

JP Nataf : Je trouve formidable "Chanson pour Nathalie" de Miossec. C'est vrai que j'ai été un peu énervé de savoir que finalement Murat ne la faisait pas et que je ne pourrais pas la faire non plus. Mais vu la version de Miossec, je suis même très content de ne pas l'avoir fait. Je trouve fantastique "Un anno d'amore" par Fabio Viscogliosi. Le "Rondeau" de Daniel Darc est magnifique, on dirait que c'est de lui ! L'appropriation est hallucinante ! Je trouve très rigolo ce qu'à fait –M- de "Le vendeur de robes". Je ne suis pas un fan de –M-. Ce pourrait être le même genre d'écriture sauf qu'il y a un sens de la folie, du non sens chez Nino qu'il n'y a pas chez –M- où il y a toujours derrière une sorte de garde-fou.

Nino Ferrer n'est pas un très grand auteur mais il y a toujours une grande générosité derrière ses textes et il ne fait pas le malin. Mais c'est un tel musicien et un tel interprète qu'il vous fait tout gober. Le texte de "Mirza" tient en 2 lignes, le reste ce n'est que de la musique. C'est une des quadratures de la chanson française en ce moment de trouver un ton. Tant mieux qu'il y ait des Brassens qui, entre parenthèses, est pour moi autant un génie musical que littéraire. Il a écrit de vraies chansons populaires d'une force incroyable.

Et c'est pour cela que je pense que ce projet est assez réussi parce que tout le monde a pu s'approprier une façon de Nino Ferrer et de la ramener à son univers sans que cela tombe dans le pompier pour les chansons tristes. J'ai quand même un peu de mal avec la version pathos " La rue Madeira " de Cali sur un texte qui est très premier degré.

Parlons un peu de vous.

JP Nataf : J'ai sorti un disque, "Plus de sucre", il y a un an qui n'a pas eu le succès attendu car on n'attendait pas un succès énorme, mais ça été moins que ça donc nous avons été un peu frustrés. Après la fin des Innocents, j'ai passé 4 ans à enregistrer cet album avec des copains et j'avais envie de m'y coller, de voyager un peu avec ce disque pour retrouver le public.

Je m'attendais à ce que ce soit dur c'était un premier disque et on n'a pas beaucoup communiqué sur le fait que j'étais le leader des Innocents. Mais j'espérais quand même faire une tournée. L'accueil critique a été très bon, ce qui m'a fait chaud au coeur, mais nous avons fait 12 dates et c'était une Bérézina complète. J'ai été très déçu mais je sais que ce n'est pas un disque perdu, il est arrivé chez les gens.

Avez-vous essayé de savoir à quoi cela tenait ?

JP Nataf : Non, je n'ai pas cherché à analyser car je n'aime pas me plaindre. J'ai eu énormément de succès à un moment et je n'ai pas cherché à analyser non plus. Je n'ai pas envie de me plaindre car je fais le plus beau métier du monde ! Je suis content du disque, c'était une belle aventure ! Malgré cela, le label Tôt ou Tard m'a dit que je pouvais faire un autre album. J'ai la chance d'être dans un des rares labels en France qui propose de continuer malgré un échec. Après je n'avais plus qu'une envie c'était de rentrer chez moi avec ma guitare.

Et j'ai eu la chance de participer au projet de "On dirait Nino" qui a été comme une bulle d'air. Tout comme actuellement, le label Tôt ou Tard qui envisage de sortir en juin pour ses dix ans d'existence un album de duos et trios de tous les artistes du label. Je me suis jeté dans ce projet et j'ai fait 5 chansons. Ce n'est pas un projet de maison de disque même si le label en est à l'origine. Il existe un vrai truc dans ce label. Quand je suis arrivé chez eux, je n'avais pas l'impression d'appartenir à la ligne qui se dessine quand on dit Fersen-Delerm-Têtes Raides-Jeanne Cherhal. J'ai rencontré plein de gens dont j'admire le travail comme Claude Sicre des Fabulous Trobadors, Dick Annegarn, Mathieu Boogaerts que j'aime beaucoup…

Ce projet, où tout a été très vite, a été très enrichissant. Comme je ne prend rien à la légère, tout cela m'a pris beaucoup d'énergie et je suis vachement content. Voilà mon premier semestre. J'ai fait une chanson pour Thiéfaine, enfin une musique car on ne va pas lui enlever la plume à celui-là ! J'adore participer, collaborer ! L'anxieux que je suis est sous contrat et je me dois de faire un deuxième disque et puis il y a une autre partie de moi qui tend à faire des expériences.

Avez-vous aujourd'hui la matière pour un 2 ème album?

JP Nataf : Si vous me dites dans 15 jours il faut être en studio parce que le guitariste avec lequel je rêve de travailler est là, j'écris 15 chansons. Je fonctionne comme ça. Mais il ne faut pas qu'il se passe trop de temps entre 2 projets sinon je déprime et quand je déprime je n'arrive pas vraiment à écrire des chansons. D'ailleurs, j'arrive plus facilement à écrire une chanson quand je travaille sur autre chose.

Je vais faire quelques concerts en double affiche avec Albin de La Simone et un groupe commun où nous sommes tous les deux sur scène. On chantera son répertoire, le mien et des reprises. C'est énormément de travail pour 8 concerts. Donc beaucoup d'énergie mais j'adore ça. J'adore les choses éphémères : produire beaucoup de travail pour une chose que l'on fera qu'une seule fois. Sans doute parce que cela rejoint la philosophie profonde de ce métier qui est de faire passer des choses très graves ou légères mais sans se prendre au sérieux car les vrais changements dans la société ne se font pas là. Ce sont des bulles.

Je prends toujours de plaisir à écouter de la musique. L'échange et la collaboration avec les autres m'enrichissent aussi. Quand le groupe s'est arrêté, j'ai cru mourir. Et je me suis rendu compte après que c'était une chance d'être sur des sables mouvants et qu'il ne faut pas construire en dur.

Où auront lieu ces concerts ?

JP Nataf : A Lussey, les Sables d'Olonne, le Botanic à Bruxelles, le Festival du Québec et les Francofolies de Spa. J'ai adoré faire des tournées de 120 dates mais je ne me suis jamais autant amusé que depuis 3 ans car on marche sur la corde raide. C'est un truc de jouisseur, d'hédoniste, c'est aussi pour ça que je fais ce métier.

Et on ne parle plus des Innocents?

JP Nataf : Si, on en parle. Ce sera un jour une nécessité organique d'un moment. On continue à se voir, on s'entend bien, on a des comptes à régler et d'autres que l'on a déjà réglés. Il n'y a pas d'obligation marketing ou autres de se reformer comme certains groupes.

Dernière question comme vous êtes un fou de musique : récemment avez-vous eu des coups de cœur à part Mathieu Boogaerts ?

JP Nataf : Le deuxième album d'Holden que j'ai écouté avec beaucoup de ravissement. Je viens de découvrir Bertrand Belin et David Lafore. J'aime beaucoup le single de Pauline Croze, du moins le premier titre et pourtant c'est une chanson de Michael Furnon de Mickey 3D dont je ne suis pas fan. J'adore Andrew Bird et j'en suis malade de l'avoir raté à la Maroquinerie car il paraît que c'est un enchantement absolu. J'adore aussi le dernier Dick Annegarn. J'ai beaucoup écouté Les éthiopiques. J'ai aussi ma période Kurt Weill qui n'est pas finie. Je suis fasciné.

C'est source d'inspiration?

JP Nataf : Non, parce que je ne suis pas assez bon musicien pou me l'approprier mais ça m'emmène comme West Side Story quand j'étais gamin. J'écoutais ça en boucle et les Beatles. C'est de la musique que l'on n'est pas capable de faire mais dont on rêve. Mais ça me nourrit.

 

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# 17 novembre 2019 : 4 ans déjà

13 novembre 2015. inoubliable nuit de terreur dont on commémorait les 4 ans cette semaine. Un 13 novembre 2019 avec plein de concerts à Paris et un pincement au coeur pour beaucoup d'entre nous. Mais la vie continue, et elle doit continuer d'être culturelle et festive.

Du côté de la musique :

"L'année du loup" de Alma Forrer
"Lucarne" de Cassagrande
"Air India" de David Sztanke
"Immanent fire" de Emily Jane White
"Bach, Liszt, Wido : Organ works at La Madeleine" de Jae Hyuck Cho
"What's in it for me ?" le Mix numéro 4 de Listen In Bed
"Femme idéale" de Ludiane Pivoine
et toujours :
"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"On s'en va" au Théâtre national de Chaillotl
"Les guêpes de l'été nous piquent encore en novembre - L'Affaire de la rue de Lourcine" au Théâtre de la Tempête
"Pièce" au Théâtre des Abbesses
"La Vie est belle" au Théâtre 13/Jardin
"Adieu Ferdinand ! Le Casino de Namur II" au Théâtre du Rond-Point
"Adieu Ferdinand ! - La Baleine et le Camp naturiste" au Théâtre du Rond-Point
"Bartleby" au Théâtre Essaion
"Un Vers de Cid" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereau - aaAhh Bibi" au Théâtre Le Lucernaire
"Pour ceux qui parlent tout seuls" au Théâtre Darius Milhaud
des reprises :
"Berlin 33" au Théâtre L'Atalante
"La Magie lente" au Théâtre de la Reine Blanche
"Je ne me souviens pas" au Théâtre Les Déchargeurs
"La Magie de l'argent" au Théâtre Aleph
"La vie devant soi" au Théâtre de Sartrouville
"G.R.AI.N. - Histoire de fous" à la Manufacture des Abbesses
"Evita - Le destin fou d'Evita Peron" au Théâtre de Poche-Montparnasse
et la chronique des spectacles à l'affiche en novembre

Expositions avec :

"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
la chronique des films à l'affiche en octobre
et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

"L'affaire Lord Spenser" de Flynn Berry
"La curée d'après le roman d'Emile Zola" de Cédric Simon & Eric Stainer
"Les faire taire" de Ronan Farrow
"Mondes en guerre tome 2, l'âge classique" de Hervé Drévillon
"Résistante" de Jacqueline Fleury Marié
"Une histoire de France tome 1, La dalle rouge" de Michel Onfray, Thomas Kotlarek & JEF
et toujours :
"Profession romancier" de Haruki Murakami
"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
"Psychotique" de Jacques Mathis & Sylvain Dorange
"Une famille presque normale" de M T Edvardsson

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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