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Théâtre de l'Atelier  (Paris)  avril 2016

Comédie dramatique de Harold Pinter, mise en scène de Benoît Giros, avec Marianne Denicourt, Adèle Haenel et Emmanuel Salinger.

Un homme, deux femmes. Cherchez l'intrus dans la déclinaison pinterienne du trio dans "Old Times", un intrus qui, en l'espèce, se constitue un avatar du procédé récurrent usité par le dramaturge britannique.

En effet, l'intrus n'est pas un mystérieux inconnu qui surgit brutalement pour sinon menacer du moins troubler un quotidien établi et un paysage psychologique étale puisqu'il s'agit d'une amie de jeunesse de l'épouse a annoncé sa venue.

Mais l'intrus existe et il s'agit du concept aporétique qu'est le passé. Tel est l'argument premier d'une partition qui joue avec les thèmes du temps, dans une approche en résonance avec celles de Marcel Proust et de T.S. eliot, de la mémoire, une mémoire sélective voire instrumentalisée, et de l'amour entendu comme un désir et une volonté de puissance sur l'autre, un autre qui n'est jamais totalement "soumis".

Avec Harold Pinter, le texte, sous une apparence de conversations qui pourraient être banales, constitue toujours un mille-feuilles sémantique livré à la sagacité du spectateur qui, en l'espèce, s'avère tant ambigu qu'ambivalent.

Et si "Old Times" n'était qu'affaire de psyché avec la réflexion diffractée d'une seule individualité au regard de la remémoration d'un passé émotionnel et affectif, du présent, avec le statu quo d'un mariage assumé, et d'un futur composé.

Avec le texte français de Séverine Magois qui négocie efficacement les indigences de la langue anglaise vernaculaire telle que parlée dans la "vraie" vie et la participation de Denis Lachaud pour la dramaturgie, la proposition de Benoît Giros est émérite.

Elle parvient à restituer l'ambiguïté des relations croisées, au demeurant judicieusement illustrée par le montage photographique de l'affiche, et les différents états de conscience au coeur d'une partition sans intrigue, au sens classique du terme, mais non sans enjeu.

Tout comme la scénographie, avec son salon minimalisme chic d'une demeure en bord de mer froide, décor conçu par Alexandre de Dardel sous les lumières de Bertrand Couderc, avec en fond de scène une immense baie ouvrant sur un bord de mer gris avec un ciel nuageux animé, suggère l'atmosphère du monde flottant dans lequel évolue les personnages au demeurant indéterminés.

Si Emmanuel Salinger, en contre-emploi et au jeu démonstratif, convainc peu, le duo formé par Marianne Denicourt et Adèle Haenel fonctionne parfaitement tant les deux comédiennes évoluent de manière harmonieuse et cohérente au regard de la, et leur, partition ressortant à l'impressionniste théâtral et l'acuité de leur jeu non verbal.

A l'aise dans ce registre théâtral, elle était magnifique dans le rôle central de "La ville" de Martin Crimp mis en scène par Marc Paquien 6474, Marianne Denicourt, troublante, donne une belle corporéité à la souriante, passive et énigmatique épouse, limpide comme une eau vive et insondable comme une eau dormante.

Consacrée par le cinéma, Adèle Haenel, confirme son potentiel de comédienne à la belle palette de jeu déjà soutenue dans la trilogie Mayenburg montée par Maïa Sandoz ("Le moche", "Perplexe" et "Voir clair") dans le rôle de l'amie qui vous veut du bien pour lequel elle combine solarité, perversité et fragilité.

 

MM         
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