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Conférence de presse  (Printemps de Bourges 2005)  20 avril 2005

Rencontre avec Françoiz Breut au Printemps de Bourges à défaut de pouvoir assister à son concert faute de places.

Est-ce que tu n'es pas en faite le pendant féminin ou l'égale de Johnny Hallyday ou d'Elvis Presley qui eux n'ont jamais rien écrit de leur vie.

Françoiz Breut : Ben c'est possible oui, mais j'ai quand même l'envie, ça me chatouille un petit peu, tu sais que j'ai écrit les textes pour une histoire pour enfant, je sais que l'écriture, j'aime ça, mais de là à écrire une chanson c'est encore un pas à franchir. J'ai une espèce de blocage comme ça, mais en même temps, bon, j'assume... C'est juste au moment des interviews ou c'est un peu pénible mais après une fois que je suis sur scène, je ne pense plus du tout à ça et c'est très bien comme ça. Mais c'est vrai quand même que j'aimerai bien... J'ai écrit une chanson en anglais il y a très longtemps… Je le dis à chaque fois je me lancerai peut-être.

Le fait peut-être d'avoir vécu avec quelqu'un qui écrivait très bien, à qui j'ai suggéré des textes et qui ne les a pas retenus, je crois que c'est ça, je me suis dis ben voilà c'est pas mon truc, mais en même temps j'aime bien le travail de collaboration avec beaucoup de monde, ce travail là m'intéresse, où l'on à beaucoup à faire, en dehors du texte.

Tu te sens un peu comme un chef d'orchestre, si tu choisis les gens avec qui tu collabores ?

Françoiz Breut : Oui oui, un chef d'orchestre qui sait parfois pas très bien où il va (rires), les personnes qui m'entourent sont là pour trouver ce qu'il me convient le mieux et me proposer ce qu'il font de mieux…

Est-ce que ce travail d'auteur tu peux éventuellement le trouver dans l'illustration pour enfants ?

Françoiz Breut : Oui c'est quelque chose que je fais seule et justement ce n'est pas du tout le même travail. J'ai plus de libertés dans l'illustration que dans la chanson où je suis peut-être contrée par ce que ma voix peut faire ou ce que j'ai envie de chanter, alors qu'en illustration vraiment je peux partir dans plein de directions, à partir d'un texte je ne suis pas limitée, l'imagination permet de partir dans plein de mondes, je peux faire des choses très surréalistes…

L'album c'est un long temps de maturation ou encore plus de rencontres ?

Françoiz Breut : En fait on a beaucoup tourné, surtout à l'étranger, j'ai contacté tous les auteurs avec qui j'ai travaillé, ça me prend beaucoup de temps, comme ce sont des gens qui n'habitent pas du tout à Bruxelles où je vis, c'est du courrier, des coups de téléphones. "Est-ce que tu veux m'écrire un chanson ? Toi t'es pris dans une tournée, etc." et ça prend du temps, parce qu'ils ont chacun leur projet personnel. Aussi l'histoire avec la maison de disques, le fait que je me sois virée, j'étais prête bien avant, le disque était prêt l'année passé, il sort maintenant… Le label qui m'a produit m'a "repêchée" donc tout ça a pris beaucoup de temps. C'est vrai que moi je n'aime pas faire les trucs trop vite, que dans cette industrie, je n'aime pas quand il faut que ça s'enchaîne parce qu'il faut que la promo serve la suivante, tout ce système c'est assez effrayant, ça ne nous laisse pas le temps pour laisser faire les choses du mieux possible… Mais pour moi ça passe très vite ! (rires)

Quel plaisir vous prenez sur scène ?

Françoiz Breut : C'est d'être dans la musique, pouvoir partager ce moment là, ce qu'on a travaillé en studio dans notre coin, pouvoir le faire sortir comme ça, c'est une sensation assez agréable…

Le fait d'être en première partie de Marianne Faithfull ce soir, ça fait quoi ?

Françoiz Breut : Ben ça m'impressionne, bien que je connaisse pas très bien sa discographie, à part le début de sa carrière, il y a aussi un morceau que je trouve super beau qui s'appelle "Sister Morphine". Et après, c'est vrai que je n'ai pas tellement suivi… Oui je suis assez impressionnée, je suis assez pressée de la voir sur scène.

Il y a la reprise "Le premier bonheur du jour" de Françoise Hardy sur votre nouvel album…

Françoiz Breut : C'est surtout pour la chanson, parce que je ne connaissais pas la version de Françoise Hardy. Os Mutantes avait repris cette chanson, un groupe brésilien de la fin des années 60 et j'aimais beaucoup cette version et donc j'ai repris. Les paroles racontent un peu l'histoire d'une femme qui attend son homme, qui ne vit qu'à travers lui, et au delà c'est pathétique… Je la trouvais assez triste cette chanson mais la version d'Os Mutantes est plus légère, plus drôle en fait. Mais oui, j'ai découvert après, on m'a dit : "Tu sais que c'est une chanson de Françoise Hardy !?" j'ai donc cherché cette version…

Et des reprises pour le concert de ce soir ?

Françoiz Breut : Oui, une reprise de Nina Simone qui s'appelle "Keeper of the Flame" une super belle chanson, et puis une vielle chanson des Rita Mitsouko qui s'appelle "Dans la Steppe". Finalement je fais que des reprises… (rires)

Et les chansons en espagnol sur l'album ce sont les auteurs ou un choix délibéré de ta part ?

Françoiz Breut Ce sont des rencontres de hasard, en fait si je n'avais pas rencontré Fabio Viscogliosi, il est aussi illustrateur, cela a été une superbe rencontre. A ce moment là j'avais vu un film qui s'appelait "Respiro" et il y a une chanson qui s'appelle "Bambola". J'adorais cette chanson, je voulais qu'on en fasse une reprise ensemble, et puis du coup il m'a proposé une chanson originale. L'espagnol, l'italien ce sont des langues que j'avais envie d'expérimenter, je ne parle pas espagnol, mais je trouve cela intéressant de voir ce que cela peu donner avec la musique que l'on fait, c'est expérimental… Remercier aussi les gens qui m'on fait venir en Espagne, qui vont comprendre les paroles pour une fois. (rires)

Comment c'est fabriqué votre album ?

Françoiz Breut : Je reçois des maquettes, je les rassemble et ensuite à partir de ce petit squelette de chanson, je travaille avec mon groupe. En faite sur cet album j'ai d'abord travaillé avec une personne qui s'appelle Luc Rambaud qui avait déjà travaillé sur le disque d'avant. Lui travail avec des samples, fait du collage… et j'avais envie de travailler les chansons au départ de cette façon là. Auparavant j'avais des chansons et on les répétait c'était assez brut… et là ça a été différent, c'est passé d'abord par lui, il a travaillé avec ses machines, ses collages, on a fait les maquettes ou j'ai posé ma voix et ensuite on a retravaillé tout cela en groupe.

Comment retournez-vous au dessin après le chant ?

Françoiz Breut : C'est pas que j'y retourne, je suis toujours dedans, le dessin comme le chant (enfin bien que je travaille pas trop le chant) c'est quelque chose qui doit être bossé, sinon on perd facilement le coup de main… J'ai toujours des trucs en cours que ce soit des expos ou autres choses, quand je suis en concert évidemment c'est plus difficile, j'emmène mon matériel, dans les chambres d'hôtels je m'installe… j'ai trouvé un trucs là , je suis assez contente, pour une fois ! (rires)

Ton tourneur c'est L'Olympictour que tu connais bien, c'est plus facile de travailler entres amis ?

Françoiz Breut : Oui c'est plus facile de travailler avec des gens de confiance, avec qui on travaille depuis très longtemps, c'est plutôt agréable. On peut dire "Il ne faut pas mélanger les amis, le travail…". Mais on peut répondre que dans ces métiers artistiques, l'affectif et le travail c'est normal que ce soit lié. Moi j'ai besoin de ça pour être en confiance.

Quel lien entre la chanson et l'illustration ?

Françoiz Breut : Il n'y en a pas forcement, sauf que quand j'illustre mes chansons, comme je l'avais fait sur le disque précédent, où j'avais fait une exposition qui s'appelait "JukeBox". J'avais envie de donner des images sur le texte, là je le refais pour une édition limitée, quatre petits livres qui illustrent 4 chansons, c'est pas toujours évident parce que s'il y a beaucoup de chansons qui ont des sentiments, c'est des choses qui sont assez difficiles à illustrer, des choses impalpables comme ça, abstraites… Donc j'ai essayé de ….ces illustrations sont vraiment au pied de la lettre, c'est une interprétation comme il peut en y avoir 15 autres. Mais il n'y a pas vraiment de liens entre mes illustrations et ma musique.

Tu as bien travaillé avec Arnaud Cathrine, il me semble, là il est également remercié sur le livret du dernier album, à quel titre ?

Françoiz Breut : En fait il m'avait proposé une chanson, il avait travaillé sur ce qui est devenu la chanson "KM 83". On avait une musique depuis longtemps, on avait cette musique mais on n'avait pas le texte avec, donc j'avais proposé à plusieurs personnes, puis Arnaud Cathrine a réalisé un texte…

Arnaud Cathrine pour ceux qui ne connaisse pas a écrit des livres, contes pour adultes, pour adolescents aux éditions "l'Ecole des Loisirs". J'avais illustré sur le livre "Je suis un garçon". (site : www.arnaudcathrine.com)

Comment se compose le groupe ce soir sur scène ?

Françoiz Breut : Des danseuses, pleins de danseuses (rires) non, ça va être un groupe, c'est clavier / guitare / batterie. On ne retrouve pas forcement les musiciens qui ont participé à l'album, chacun a ses projets personnels, c'est tout à fait normal, je doit accepter ces trucs là…

Les interludes entre certaines chansons du dernier album, c'est de toi ces enregistrements ?

Françoiz Breut : En fait il y a un truc de moi où je suis sur le bacon et je chante "Sur le Balcon", "Tambours" c'est issu du carnaval de Binche au sud de la Belgique … sinon il y a des petits enregistrements de Luc … Puis je ne me souviens plus, il devait en avoir beaucoup plus, j'aime bien qu'un disque s'écoute dans sa continuité. J'aime bien qu'il y ai un lien entre les chansons que ce ne soit pas une illustration de la chanson qui va venir mais simplement une petite ambiance comme ça.

Et la scène c'est un plaisir ?

Françoiz Breut : Oui c'est un plaisir, parfois il y a des jours, c'est comme quand on se lève le matin on se dit aujourd'hui ça va être une chouette journée, c'est bien parti, puis il y a des jours ou c'est plus difficile à aller sur scène , on est moins en forme. On ne sait jamais comment cela va ce passer, mais à chaque fois que l'on est sur scène c'est le bonheur à chaque fois, ça c'est sûre. (rires)

C'est ce que j'aime le plus dans ce métier, parce que faire un disque c'est intéressant, il se passe des choses, des surprises, moi je ne sais jamais ce que je vais faire pour un disque, c'est en travaillant que ça vient et que les choses se mettent en place. C'est quand même laborieux, étant donné que je ne compose pas, de rassembler les gens et toute l'énergie pour faire un album cohérent. Et donc après le disque il y a déjà tout un travail qui a été fait. Sur scène, juste le fait de refaire des nouvelles versions c'est assez excitant et aussi à ce moment là on a les réactions direct du public…

Des projets à venir après cette tournée ?

Françoiz Breut : J'ai un projet où je n'ai pas encore trouvé d'éditeur, c'est d'illustrer une histoire que je voudrai raconter avec une musique pour les enfants, travailler autant la musique que l'histoire, je ne sais pas si ça va marcher mais c'est un truc qui m'intéresse énormément. Je bosse sur ce projet là, je vais démarcher après des éditeurs, peut être des portes vont claquer, peut être des portent vont s'ouvrir, je ne sais pas, parce que ce n'est pas évident de se vendre dans ce marché là.

C'est le même état d'esprit que pour ton premier disque ?

Françoiz Breut : Non, j'ai eu la chance de ne pas avoir à démarcher pour les disques puisque je suis arrivée là par hasard étant avec Dominique A à ce moment là, le premier disque à été autoproduit, on l'a proposé a Lithium le label sur lequel était Dominique à l'époque, on a pas eu à ce battre à envoyer des coups de fil, des maquettes et à attendre. C'est une chance que j'ai eu, je ne pense pas que j'aurai été capable de faire ça…

En disque ou en illustration quelles sont tes derniers coups de cœur ?

Françoiz Breut : En illustration il y a un auteur, une illustratrice qui s'appelle M Cabron c'est dessiné au crayon, les couleurs sont travaillées à l'ordinateur, Et puis le dernier disque que j'ai acheté que je trouve vraiment très bien, je ne sais pas si c'est un groupe ou si c'est un mec, ça s'appelle Peung, c'est des anglais je crois, c'est un espèce de folk avec des machines, des collages comme le travail que fait mon ami Luc, avec des super belles mélodies, c'est un mélange assez original !)

 

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Crédit photo : Rickeu


Céline et Rickeu         
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# 17 septembre 2017 : A quelques pas de l'automne

Les compagnies de théâtres sont toutes rentrées d'Avignon, les Festivals de musique se raréfient, les jours raccourcissent et on va bientôt passer à l'heure d'hiver. Au milieu de tout cela, voici de quoi aiguiser, comme chaque semaine votre curiosité et oublier les tracas du quotidien.

Du côté de la musique :

"Bury the hatchet" de Jay Jay Johanson que nous avons rencontré cet été pour un nouvel entretien avec notre chouchou suédois
"La nébuleuse" de Lisa Portelli
"Crescent hôtel" de Antoine Bataille
"Circle songs" de Francesco Tristano
"Settlement" de Lodz
"Incorporée EP" de Mina Sang
"Juchu ! EP" de Odds & Ends
"Massage" de The Cats Never Sleep
"The source" de Tony Allen
"Welcome Oxygen" de Will Samson
Présentation du festival Nancy Jazz Pulsation
et toujours :
"Hippopotamus" de Sparks
"Tchaikovski : String quartet N°1, souvenir de Florence" de Novus String Quartet
"Devil on TV" de Balkun Brothers
"Agitato charismatic" de Dissonant Nation
"Armor" de Emmanuel Tugny
"The end of everything EP" de The Off-Keys

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Marco Polo et l'Hirondelle du Khan" au Théâtre La Bruyère
"Et Swan s'inclina poliment" au Théâtre de Belleville
"Amphitryon" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Au but" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Terre Sainte" au Théâtre de l'Opprimé
"La gentillesse" au Théâtre Paris-Villette
"Tristesse Animal noir" au Théâtre L'Atalante
"You-You" au Studio Hébertot
"Bovary" à la Maison ds Métallos
"La Huchette en liberté" au Quartier Latin
"Ecrits d’Art Brut à voix haute" au Centre Culturel Suisse
les reprises :
"Grande" au Centquatre
"La logique des femmes" au Théâtre Les Feux de la Rampe
"Arrête ton char Ben-Hur !" au Théâtre de Dix Heures
"Elodie Poux - Le syndrome du Playmobil" au Théâtre Apollo
"Guillaume Bats - Hors Cadre !" à la Comédie des Boulevards
"Karine Lyachenko - Rebelle(s)" au Théâtre du Marais
"Passage en revue" au Théâtre Les Feux de la Rampe
"Laura Laune - Le diable est une gentille petite fille" au Petit Palais des Glaces
et les autres spectacles de septembre

Expositions :

"Caro/Jeunet" à la Halle Saint Pierre
dernière ligne droite pour "Costumes espagnols - Entre ombre et lumière" à la Maison de Victor Hugo,
et les autres spectacles de septembre

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Faute d'amour" de Andreï Zviaguintsev
"Nos années folles" de André Téchiné
"A ciambra" de Jonas Carpignano
"Kidnap" de Luis Prieto en E-cinema
Ciné en bref avec :
"Otez-moi d'un doute" de Carine Tardieu
"Le prix du succès" de Teddy Lussi-Modeste
"Seven Sisters" de Tommy Wirkola
"Bonne pomme" de Florence Quentin
"Barbara" de Mathieu Amalric
les chroniques des autres sorties de septembre
et les chroniques des sorties d'août

Lecture avec :

"Ecrire liberté, à l'école des migrants" de Lauriane Clément
"Et soudain la liberté" de Evelyne Pisier & Caroline Laurent
"Les primates de Park Avenue" de Wednesday Martin
"Théâtre des dieux" de Matt Suddain
et toujours :
"Gaston Lagaffe : La galerie des gaffes" en hommage à André Franquin
"Hillbilly elégie" de J.D. Vance
"Il nous reste que la violence" de Eric Lange
"La mythologie Viking" de Neil Gaiman
"Mon étincelle" de Ali Zamir
"Pourquoi les oiseaux meurts" de Victor Pouchet

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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