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Morituri  (PIAS)  avril 2016

Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter Jean-Louis Murat. Vous savez déjà tout de l’Auvergnat le plus connu de France (après ou avant Giscard, au choix) : son mauvais caractère, sa voix, sa discographie pléthorique, ses regrets, son amour pour les temps d’avant. Donc parlons juste de l’essentiel.

Après un disque Babel enregistré avec The Delano Orchestra, où il était beaucoup question de sa géographie personnelle, c’est-à-dire l’Auvergne de la Godivelle à Compains, et de Pessade à Courbange, voilà venir Morituri - ceux qui vont mourir en latin (pouce vers le bas pour les jeunes) - annoncé comme un album réaction à 2015.

Une règle importante avec Murat, c’est de ne jamais croire en ce qu’il dit en interview et de se concentrer uniquement sur ses disques. En effet, au début des années deux mille il avait promis, juré, craché, on ne le reprendra plus, à ne jamais faire de nouveau de chansons sur l’actualité ou la politique suite au mal entendu provoqué par "Les Gonzesses et les Pédés" sur Mustango. Ça ne l’avait pas empêché deux ans plus tard d’évoquer le onze septembre, ou la téléréalité sur Le Moujik et sa Femme, ou de réinterpréter en 2005 le poète pamphlétaire Pierre-Jean de Béranger, ou encore plus proche de nous, de reprendre La Marseillaise et l’Internationale pour la bande-son d’un film de Laetitia Masson, entres autres.

Car malgré ce qu’il veut nous faire croire, Murat est un chanteur de son temps, et donc fatalement il n’a pas d’autre choix, consciemment ou non de nous parler de l’époque. C’est ce qu’il fait dans tous ces disques, par exemple "Tous Mourus", qui est comme une longue litanie de morts, fait écho à "Vendre les prés", à "Le jour se lève sur Chamablanc" ou à "Au Pays de Giscard", sur le thème de la désertification des campagnes et des suicides qui vont avec. Car plus qu’un chanteur à thèse ou un chanteur à texte, Murat est à chanteur à thème et une fois de plus, il le prouve dans ce Morituri. L’amour, la mort, l’histoire etc. tout y est.

Avant d’aller plus avant dans cette chronique, puisqu’il convient de donner un avis général sur le disque et comme on aime bien comparer les disques à du vin nous diront que ce disque est un bon cru, charpenté, séveux, long en bouche, se dévoilant en couches successives, digne des meilleurs Chanturgue ou Madargue.

C’est grâce à la présence de Gaël Rakotondrabe aux claviers et Chris Thomas à la basse, tous deux évoluant habituellement dans un milieu plus jazz que pop, ils donnent à l’album une couleur très différente des productions habituelles de l’auvergnat, ici les claviers sont forcément aériens et la base indubitablement rondes.

Mais hormis les clichés, il y a du vrai pourtant, la basse et les claviers (orgue ou piano) sont très en-avant, la guitare est très souvent en retrait, laissant parfois l’impression d’une absence de mélodie que seule la voix de Jean-Louis prend en charge accompagnée du précieux Stéphane Reynaud à la batterie. Paradoxalement, ce disque enregistré à Paris et où il est question de l’état de la France, de pharmacienne à Yvetot ou du Tarn-et-Garonne, est presque le disque le plus américain de Murat, en paresseux je pourrais dire qu’il ressemble à du Joe Dassin, donc à du Tony Joe White ou à du Bobbie Gentry et dans ma bouche c’est un vrai compliment. "Le chant du Coucou", "Nuit sur l’Himalaya" ou "Tous Mourus" sont les parfaits exemples de ce que l’on pourrait appeler du country blues à la française, ça aussi c’est un vrai compliment.

Pour ne pas donner l’impression de ne faire que des éloges, un petit bémol. On peut regretter toutefois l’absence d’une production plus audacieuse, la faute à la crise du disque mon pauvre monsieur. En effet parfois, on aurait très bien imaginé quelques cuivres par-ci et quelques cordes par-là mais il faudra faire sans, c’est dépouillé mais pas minimaliste. Au contraire, il démultiplie sa voix, se répondant à lui-même, rajoute des chœurs, des samples de voix discrets et inidentifiables et en écoutant bien, on se rend compte de la multitude de pistes, n’ai-je pas dit "se dévoilant en couches successives".

De plus, la toujours parfaite Morgane Imbeaud apporte sa voix sur quelques morceaux, notamment sur l’entêtant "Morituri". Comme toujours chacun prendra un malin plaisir à se perdre dans les textes de Murat, à chercher son propre sens dans ses mots, que ce soit pour le tragiquement prophétique "Interroge La Jument" ou sur le Johnny Frenchmanesque "Frankie". Ces textes sont toujours suffisamment ouverts pour cela, obscurs parfois certes, mais jamais abscons. Et évidemment comment terminer cette chronique sans évoquer le morceau qui clôt l’album "Le Cafard", une chanson blague d’après Murat (in Magic RPM N°201, mais je vous rappelle la règle numéro un : ne jamais écouter / croire Murat en interview), morceau qui résume bien le sentiment diffus qu’a suscité 2015, parfaite chanson en forme de road trip, qui figure d’ores et déjà parmi les plus belles chansons de l’auvergnat… parmi les plus belles chansons qui soit. Allez coupez…

 

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La vidéo de Parfum d'acacia au jardin par Jean Louis Murat

En savoir plus :
Le site officiel de Jean-Louis Murat
Le Myspace de Jean-Louis Murat
Le Facebook de Jean-Louis Murat

Crédits photos : Franck Loriou


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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
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"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
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