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puce Richard Lewis, fan de Lush
Interview  (Par mail)  mai 2016

Pour la reformation du groupe culte Lush, Richard Lewis, un fan de la première heure, a publié un fanzine qui suit le parcours de la création de ce nouvel EP Blind Spot. Il nous parle de sa passion pour le groupe qui est maintenant formé de : Miki Berenyi et Emma Anderson aux guitares et aux chants, Phil King à la basse et Justin Welch à la batterie, meilleur ami de Chris Acland, et ancien batteur d'Elastica.

Peux-tu nous dire qui tu es, Richard Lewis ?

Richard Lewis : Juste un grand fan de musique, et plus particulièrement de Lush depuis 1990. Ils étaient l'un des rares groupes à base de guitares que j’écoutais à ce moment-là. Maintenant j'écoute beaucoup de techno, principalement minimale et dub techno, comme Deepchord, Deepbass et des labels comme Echospace. Lush a touché une corde sensible chez moi pour pleins de différentes raisons : ils proposaient des titres pop complexes et détaillés, qui accrochaient bien et accompagnés de paroles intelligentes qui donnaient à réfléchir.

Quand as-tu écouté Lush pour la première fois ?

Richard Lewis : Un ami qui adorait le groupe dès les débuts m'a donné une copie de Scar, et je me souviens avoir acheté Mad Love au HMV d'Oxford Street à Londres. La combinaison de la musique et de la superbe pochette me plaisait vraiment. Mais si je dois être honnête, c'est en écoutant pour la première fois le titre "Sweetness and Light" que je suis vraiment tombé amoureux du groupe.

Est-ce que tu te souviens de leur premier concert ?

Richard Lewis : Oui c'était au Old Trout à Windsor en 1990, avec un groupe qui s'appelait The Sandkins en première partie. Leur chanteur a fini dans le groupe Babylon Zoo, qui a fait le tube "Spaceman" qu'on entendait partout. Je les ai ensuite vu quelques semaines plus tard dans un club à Reading appelé The After Dark, où Slowdive jouait le même soir. C'était il y a un bout de temps, et malheureusement j'ai peu de souvenirs de ces concerts.

Pourrais-tu nous parler de tes sentiments à l'écoute de leurs albums et principaux EP, comme Scar, Mad Love, Sweetness and Light ?

Richard Lewis : Il est clair que pour moi Split est mon album favori, je pense que cet album est une parfaite démonstration des talents de songwriter d'Emma Anderson. C'était un son plus épuré, montrant une évolution réelle de leur confiance en tant que musiciens et auteurs. Cet album était la preuve que, aussi géniaux soient "les effets et volutes" (ce sont les mots de Miki Berenyi), le groupe n'en avait pas besoin pour créer une musique fantastique.

Je pense aussi que Lovelife est un album brillant, je n'ai jamais compris les critiques négatives qui pouvaient lui être dirigées. Il y a des titres éblouissants dedans : je pense à "Last Night", par exemple, qui est de mes titres préférés de Lush, et que je pourrais mettre au même niveau que des titres de Split, tout comme "Hypocrite" aurait très bien pu se trouver sur Lovelife. Je ne crois pas qu'il y ait un si grand tournant dans ce disque comme la presse et même certains fans le déclare. Au cœur de ce que fait Lush, il y a ces pop songs tellement bien écrites et détaillées, avec cette touche British. Pour moi, leur musique dépasse tous les genres ou type de "scène".

Comme vous le savez peut-être, Scar, Mad Love et Sweetness and Light ont été compilés pour créer l'album Gala, initialement destiné au marché US. Il y a une crudité, une abrasivité sur Scar que j'adore. Tous les titres sont en fait des démos, c'est vraiment le son d'un groupe qui découvre le sien, un son unique où l'on peut entendre un potentiel énorme, même à ses débuts. Avec Mad Love, le groupe travaillait avec Robin Guthrie des Cocteau Twins et on peut entendre sa signature sur tout l'album. Des trois EPs, Mad Love est le plus fort pour moi, mais mon titre favori comme je l'ai dit, reste "Sweetness and Light".

Que penses-tu du come-back de Lush ?

Richard Lewis : Comme beaucoup de fans, je m'étais résigné au fait que cela n'arriverait jamais, donc quand la nouvelle est tombée en septembre dernier, j'étais pour le moins surexcité ! Contrairement à d'autres groupes, Lush a approché ce come-back de façon très différente, pas seulement pour refaire des concerts mais également avec de nouveaux titres enregistrés sous la forme du EP Blind Spot. Pour cela, j'ai énormément de respect pour eux. Revenir 20 ans après avec un disque aussi solide est un accomplissement incroyable, et je le considère définitivement comme un des meilleurs albums du groupe. Les détails dans l'écriture et la production alliés avec les performances vocales de Miki, tout cela contribue à un superbe album. La réaction du public a été géniale, et c'est tellement cool que les gens parlent du groupe par rapport à leur musique plus que par rapport à leurs frasques, comme ce qui était beaucoup le cas dans les années 90.

Vous avez décidé de publier un fanzine appelé Thoughtforms, pourquoi ce titre en particulier ?

Richard Lewis : L'idée d'écrire sur le groupe m'est venue il y a vingt ans, mais ne s'était jamais concrétisée pour différentes raisons. Quand l'annonce en septembre dernier de la reformation du groupe s'est faite, j'ai pensé que c'était l'occasion parfaite de faire enfin ce que j'avais l'intention de faire depuis toutes ces années, mais cette fois-ci pour célébrer le retour du groupe.

En ce qui concerne le nom, Thoughtforms, j'ai vraiment galéré pour en choisir un, et au final j'ai demandé directement à Miki ce qu'elle en pensait ; elle m'a suggéré d'envoyer un mail à tous les membres du groupe pour avoir leur opinion, ce que j'ai fait. Thoughtforms était en fait ma suggestion, et le groupe l'a aimé. Phil King trouvait que c'était un bon titre pour une publication, donc le nom est resté. Je me suis demandé au début si le titre n'avait pas quelque chose de trop évident, mais en fait il marche parfaitement.

Le but de ce fanzine est de présenter aux fans et autres amoureux de musique, les coulisses de la création de Blind Spot, en incluant les personnes de l'entourage de Lush. Comment avez-vous réussi à contacter ces personnes ?

Richard Lewis : Le but était de se concentrer sur le groupe à l'état actuel. Au cours des années, il y a eu tellement de choses écrites sur le groupe, de photos que tout le monde a déjà vues, etc. que je voulais avoir un angle différent et neuf, et je pense avoir réussi. L'accent a été mis sur le retour du groupe, tous les détails en coulisses du EP Blind Spot, depuis l'écriture, l'enregistrement et la production de l'artwork, la photographie, le design graphique et la vidéo du clip Out of Control. Je pense que ça a marché plutôt bien. J'ai eu des retours incroyables et plusieurs personnes m'ont dit que cela avait renforcé leur appréciation du comeback du groupe, ce qui était très flatteur pour moi.

Aviez-vous contacté le groupe pour expliquer votre projet ? Comme les choses se sont passées ?

Richard Lewis : Tout a commencé par un message Twitter à Emma où je mentionnais l'idée de créer un fanzine. Miki m'a envoyé un mail me remerciant pour les pages créées sur les réseaux sociaux, et à partir de là nous avons été en contact régulier. J'étais conscient que tout le monde avait des familles et des boulots à temps plein à côté du groupe, et donc je ne voulais pas être trop intrusif, mais ils étaient tous géniaux. Des gens adorables, ouverts et honnêtes, et sans leur aide je n'aurais jamais pu avancer. Ils m'ont mis en contact avec pleins de gens différents comme Ivo Watts-Russel et Chris Bigg. Je pensais que les chances étaient minces de les inclure dans le projet, mais ils ont été vraiment coopératifs, et m'ont accordé énormément de temps. C'était un honneur absolu de parler avec eux, ils ont eu une telle influence sur moi toutes ces années. J'avais déjà des idées très précises sur qui je voulais présenter, et comment le présenter, donc ça reste quand même mon propre projet.

Quel est ton prochain projet sur Lush ? Est-ce que tu veux écrire un livre sur le groupe ?

Richard Lewis : Un second numéro de Thoughtforms est en préparation, qui devrait sortir à temps pour les dates de la tournée américaine, qui commencera à New York le 14 septembre au Terminal 5. Il n'y a pas de plans pour un livre, mais j'espère continuer le fanzine aussi longtemps que possible pour documenter chaque pas de cette nouvelle étape du groupe. Beaucoup de gens pensaient que Thoughtforms ne serait qu'un seul numéro, donc c'est super que beaucoup de gens qui ont acheté le premier numéro soient intéressés par la suite.

Une dernière question, quel vin recommanderais-tu en écoutant Spooky ou Split ?

Richard Lewis : Probablement un Pinot Noir pour sa subtilité, sa texture et nuance. Trois mots qui caractérisent pour moi la musique de Lush.

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A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Blind Spot EP de Lush
Lush en concert au Festival La Route du Rock #26 (dimanche 14 août 2016)
L'interview de Richard Lewis, fan de Lush (mai 2016)

En savoir plus :
Le site officiel du fan club de Lush
Le Facebook du fan club de Lush


Cédric Duchamp         
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# 17 février 2019 : Presque le printemps

De Kafka à Kukafka, Miossec à Berlioz, il y a de quoi lire, voir, écouter cette semaine dans la petite sélection culturelle de nos chroniqueurs. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Gallipoli" de Beirut
"Ulysse et Mona" de Minizza
Rencontre avec Miossec autour de son album "Les Rescapés"
Une discographie d'Hector Berlioz par Jérôme Gillet
"Been meaning to tell you" de Ina Forsman
"4eme jour, Kan Ya Ma Kan" de Interzone
"A thousand days" de June Bug
EP de Bertille
"Morning room EP" de Catfish
"Souviens toi" de Laurent Montagne
"Blood siren" de Sarah McCoy
"Complètement flippé" de 16 Kat
et toujours :
"Persona" de Betrand Belin
"Les rivages barbelés" de Intratextures
"The mirror" de Nicolas Gardel et Rémi Panossian
"La révolte des couverts" de Wildmimi
"The sublime" de Yeruselem
"Aksham" de Aksham
"Last train" de Big Dez
"Tightrope EP" de Bigger
Caroline Loeb au Grand Point Virgule pour jouer "Comme Sagan" en live
Présentation du 11ème festival de Beauregard et de sa programmation
"Kalune EP" de Kalune

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Kafka sur le rivage" au Théâtre de la Colline
"Matin et Soir" au Théâtre de l'Aquarium
"J'ai pris mon père sur mes épaules" au Théâtre du Rond-Point
"Pourquoi dis, m'as-tu volé mes yeux" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Les membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Le bois dont je suis fait" au Théâtre de Belleville
"Peur(s)au Théâtre L'Etoile du Nord
"A vue" au Théâtre de la Tempête
"Merci" à La Folie Théâtre
"Barber Shop Quartet - Chapitre IV" au Théâtre Essaion
"Maria Dolorès y Habibi Starlight" au Café de la Danse
les reprises:
"Grande" au Centquatre
"Politiquement correct" au Théâtre de l'Oeuvre
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel" au Musée Jean-Jacques Henner
et dernière ligne droite pour "Rodin - Dessiner Découper" au Musée Rodin

Cinéma avec :

le film de la semaine : "Le jeune Picasso" de Phil Bradsky

Lecture avec :

"Dans la neige" de Danya Kukafka
Interview de Nylso dans le cadre du festival de la Bande Dessinée d'Angoulême
"L'île longue" de Victoire de Changy
"La main noire" de Robert Vincent illustré des musiques de Anthony Reynolds
"Le manufacturier / responsabilité absolue" de Mattias Köpling / Jocko Willink & Leif Babin
"Sans compter la neige" de Brice Homs
"So sad today" de Melissa Broder
et toujours :
"Angola janga" de Marcelo D'Salete
Interview de Stella Lory dans le cadre du festival de la BD d'Angoulême
"Gangs of L.A." de Joe Ide
"Hunger : une histoire de mon corps" de Roxane Gay
"L'Amérique derrière moi" de Erwan Desplanques
"L'ombre d'un père" de Christoph Hein
"Le président des ultra riches" de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot
"Que faire des cons ?" de Maxime Rovere
"Une éducation" de Tara Westover

Froggeek's Delight :

"I Will Survive" petit tour d'horizon des jeux dits "Survival"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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