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Interview  (Par mail)  juin 2016

La musique des Objets avait presque totalement disparu d’internet, le temps ayant comme effacé les traces du groupe Français emmené par Jérôme Rousseaux et Olivier Libaux. Pourtant avec son mariage assez novateur et hors des modes de l’époque, le début des années 90, de musique pop Anglaise soignée (The Smiths, Peter Astor, The Monochrome Se, Pale Fountains, Housemartins…) et de paroles douces-amères en Français, leur musique n’a jamais était d’autant d’actualité dans le paysage pop Français moderne.

Jérôme Rousseaux et Olivier Libaux donc. Deux personnes normales, comme vous ou moi, pas de look, pas d’attitudes, justes deux passionnés de musique et de mots. À l’heure du tout à l’ego ils tranchent. L’alchimie fonctionne, l’aventure peut commencer. Elle ne sera pas longue mais belle. Ce sera deux albums qui sortiront chez Columbia : La normalité en 1991 et Qui est qui ? en 1994. Les mots y sont pesés, réfléchis. La musique, indie pop, est mélodique. Elle se trouve des espaces, respire, évite la surenchère et les facilités. Le succès ne sera pas au rendez-vous et ce n’est même pas étrange. La suite est faite d’un peu de désillusion sûrement, et de chemins qui ne cessent de s’écarter pour terminer par se séparer définitivement.

Jérôme Rousseaux après une longue traversée du désert, de la Meuse aux Pyrénées deviendra Ignatus. Il enregistrera quelques beaux albums : L’air est différent en 1997, Le Physique en 2000, Cœur de bœuf dans un corps de nouille en 2004, Je remercie le hasard qui en 2009 et se montrera plutôt actif sur la scène musicale (spectacles pour enfants, ateliers d’écriture, conférences...).

De son coté Olivier Libaux commencera par accompagner d’autres artistes comme Helena Noguerra, Jean-François Coen ou Dominique Dalcan. Il compose ensuite deux "comédies musicales" L’Héroïne Au Bain en 2003 et  Imbécile en 2007 avec notamment Barbara Carlotti, JP Nataf, Katerine, Helena Noguerra, Katerine ou Dominique Dalcan. Avec Marc Colin il fonde Nouvelle Vague et reprend avec des jeunes chanteuses (Camille, Mélanie Pain, Marina Celeste, Phoebe Killdeer, Adrienne Pauly) façon bossa nova des standards de la new wave. Le succès sera colossal et international. En 2013, c’est le répertoire de Queens Of The Stone Age qu’il décide de se réapproprier avec maestria pour l’album Uncovered Queens Of The Stone Age avec les voix complices d’Alela Diane, d’Emiliana Torrini ou d’Ambrosia Parsley.

Se plonger dans cette intégrale, c’est se rendre compte que les titres n’ont pas pris une ride, bien au contraire, la remasterisation est superbe. L’artwork de Pascal Blua est aussi beau que les pochettes originales de Christophe Portier et l’album Qui est qui ? retrouve le tracklisting qu’aurait souhaité au départ Olivier Libaux. Bref, cette intégrale est tout simplement incontournable !

Nous en avons profité pour poser quelques questions à Olivier Libaux :

Comment est venue l’idée de rééditer l’intégrale des Objets ?

Olivier Libaux : Cela fait plus de 20 ans que Les Objets et Sony se courent après - dans une histoire tortueuse - afin de sauver le répertoire des "Objets".  Je me plaignais que les Objets ne soient plus disponibles nulle part, pendant que Sony était désireux de rendre notre répertoire disponible. Tout s'est solutionné quand un mail de Christophe Langris, directeur de Sony Music Legacy Recordings, est venu apaiser 20 ans d'incompréhension, en disant : "Je veux, et Sony avec moi, ressortir les albums des Objets, sur notre plus belle collection". Quand on a rencontré le Christophe en question, il était évident que nous étions sur la même longueur d'onde. Il est fan du Monochrome Set.

Peux-tu nous raconter l’histoire du groupe ?

Olivier Libaux : C'est très long. Il s'agit de mes espoirs en musique. Je viens d'une famille qui ne croyait pas qu'être musicien est un "métier". Qui ne croyait pas que c'était"acceptable", ni "bien". Mes débuts en musique ont été difficiles à cause de ça. Les Objets,  c'est ce "combat", pour montrer à ma famille, et à moi-même, que je peux être musicien. Bref, j'ai rencontré Jérôme Rousseaux - aka Ignatus - et n'ai plus été seul à désirer faire un disque. Nous étions deux. A partir de là, s'est développée l'idée de ce que nous voulions faire. Il s'est agi assez rapidement - puisque nous n'étions pas anglo-saxons, comme les musiciens et groupes que nous aimions - de créer des chansons qui soient "viables" en fonction de nos aspirations. A savoir, des chansons anglo-saxonnes par la musique, et françaises par les textes. Ce qui est un mélange assez compliqué.

Quel regard portes-tu vingt ans après sur les disques, sur la carrière du groupe ?

Olivier Libaux : J'aime réécouter ces titres, surtout depuis qu'ils ont été remasterisés. C'est à la fois très ancien - pour moi, vu que 25 ans se sont écoulé depuis -, et très "actuel" - je trouve que ça n'a pas tant vieilli. Certaines chansons écrites à l'époque reflétaient des espoirs de "pérennité", je suis content qu'elles n'aient pas tant vieilli que ça.

Quel(s) groupe(s) te semblent le plus proche de l’esprit de la musique des Objets ?

Olivier Libaux : Quand j'écoute Aline, j'entends les Objets, 25 ans après. Ça me procure une sensation étrange. Je leur souhaite d'avoir plus de succès que nous.

Considères-tu les Objets comme un groupe culte,  un peu à part dans le paysage musical Français ?

Olivier Libaux : Certainement. Nous n'avions rien à voir. Nous prônions la "Normalité" - dans une époque éprise de "looks", d'"attitudes". Nous défendions une musique un peu plus élégante, et sobre, que les standards habituels. Avec le recul, je pense que nous ouvrions une "voie". Une voie salutaire, mais qui s'est avérée par la suite une impasse - ces chanteurs normaux, chantant des chansons sans relief, dont nous sommes abreuvés depuis de nombreuses années. Les Objets ont ouvert une brèche. On a bien fait. Ce qu'il s'est passé ensuite, j'en suis moins sûr.

Penses-tu que vous étiez à contre courant de la musique Française de l’époque ?

Olivier Libaux : Complètement. C'était l'époque du rock alternatif. Nous étions soutenus par les Inrocks, Libé et La Croix. Quand nos titres passaient à la radio, la plupart des gens ne comprenaient pas. Seuls certains étaient réceptifs, et aimaient ce qu'ils entendaient.

Penses-tu que le groupe n’a pas eu le succès qu’il méritait ?

Olivier Libaux : Les Objets n'ont eu qu'un succès d'estime. Je n'ai pas gagné d'argent, je n'ai pas pu m'acheter un appartement, ni rien d'autre. J'ai juste pu me nourrir. Quelques années après notre "séparation" (qui date de 1995), j'ai fait une dépression, pendant que mon père mourait d'un cancer. Les années les plus horribles de ma vie. J'ai toujours fait l'effort de n'en vouloir à personne. Après tout, si ce groupe n'avait pas marché, c'était ma responsabilité, je devais accepter ma vie telle qu'elle évoluait.

Le temps est aux réunifications, aux retours… un retour des Objets est-il imaginable ?

Olivier Libaux : Non. Le temps a trop passé. Nous rééditons. Nous compilons. Mais chacun a aujourd'hui des vies trop séparées. J’ai pour ma part tant de choses à faire que je ne peux pas envisager de recréer les Objets, à part peut-être chanter quelques chansons ici ou là, à l'occasion.

A propos du tracklisting de "Qui est qui ?" (qu’Olivier Libaux a ramené à son origine).

C'est très confus dans mon souvenir. Il y avait plein de "voix extérieures" à l'époque, qui me disaient quoi faire. L'ambiance chez Columbia avait changé (par rapport à l'époque de "La Normalité") et n'était plus bonne. J'essayais de surnager dans un contexte qui n'était pas des plus favorables. Et aussi, je trouvais qu'au mastering, le titre "Les Mille Et Une Nuits", qui était sensé ouvrir l'album, restait un peu plat… Bref, j'ai changé le tracklisting à la dernière minute, mais je l'ai regretté très vite - surtout quand Bernard Lenoir, qui nous avait invité dans son émission sur Inter, a passé à l'antenne "Les Mille Et Une Nuits" et m'a demandé avec insistance pourquoi je n'avais pas mis ce titre-là en ouverture de l'album…Là, j'avoue que je me suis senti très con.

 

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# 26 janvier 2020 : Les rois des galettes

En cette fin de période de galettes à tout va, on vous parle surtout de celles en vinyles avec de la bonne musique dessus mais pas que : théâtre, littérature, cinéma, expos sont aussi au programme. C'est parti.

Du côté de la musique :

"Pesson, Abrahamsen & Strasnoy : Piano concertos" de Alexandre Tharaud
"Paris Beyrouth" de Cyril Mokaiesh
"Water is wet" de Theo Hakola
"Musique de chambre" de Le Noiseur
"Les identités remarquables" de Tristen
Interview avec No One Is Innocent à Saint Lô
Theo Lawrence et Mr Bosseigne au Fil
"La légende de Nacilia" de Nacilia
"C'est quoi ton nom ?" de Blankass
"Il est où le bonheur" 9ème émission de Listen in Bed
"Swin, A Benny Godman story" de Pierre Génisson, BBC concert Orchestra et Keith Lockhart
et toujours :
"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Deux euros vingt" au Théâtre Rive Gauche
"Vive la Vie" au Théâtre Gaité-Montparnasse
"Mon Isménie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"La Paix dans le monde" à la Manufacture des Abbesses
"Un Tramway nommé Désir" au Théâtre La Scène Parisienne
"Trop de jaune" au Studio Hébertot
"Oh ! Maman" au Théâtre La Scène Parisienne
"Le fantôme d'Aziyadé" au Théâtre Le Lucernaire
"Le hasard merveilleux" au Théâtre de la Contrescarpe
"Attention les Apaches !" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Norma Djinn" au Théâtre Montmartre-Galabru
"Blond and Blond and Blond - Hømåj à la chønson française" au Café de la Danse
les reprises :
"Tanguy Pastureau" au Théâtre de la Renaissance
"Close"
"Elisabeth Buffet - Obsolescence programmée" au Théâtre du Marais
"Le comte de Monte-Cristo" au Théâtre Essaion
"L'Analphabète" à l'Artistic Théâtre
"La Diva divague" au Théâtre de Dix heures
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour "Kiki Smith à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

"Botero" de Don Millar
"Mission Yéti" de Pierre Gréco et Nancy Florence
et la chronique des films sortis en janvier

Lecture avec :

"Le ciel à bout portant" de Jorge Franco
"Le prix de la démocratie" de Julia Cagé
"Les champs de la Shoah" de Marie Moutier Bitan
"Les rues bleues" de Julien Thèves
"Trois jours d'amour et de colère" de Edward Docx
et toujours :
"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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