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Skeleton Tree  (Kobalt / PIAS)  septembre 2016

"Let us go now, my darling companion. Set out for the distant skies. See the sun. See it rising. See it risng. Rising in your eyes"

"Les arbres se moquent bien du chant des oiseaux…"

On pinaille, on tergiverse. Nick Cave n’aurait rien sorti de bon depuis longtemps, aurait perdu de sa superbe, et sa plus belle période est derrière lui. Nous n’avons pas dû écouter le même disque car Push the Sky Away était tout bonnement superbe. Et qu’on l’accepte ou non, et c’est forcément mieux et plus intéressant musicalement ainsi, sa musique n’a cessé d’évoluer, cherchant toujours à "repousser le ciel".

Nick Cave s’est imposé définitivement comme une figure majeure de la musique rock, noire, habitée et radicale. Skeleton Tree n’est pas encore sorti que la toile et les réseaux sociaux ne parlent que de ce disque. Normal. A chacun de donner son avis, forcément définitif, en une journée, grâce à des liens de téléchargement. C’est assez pittoresque à une époque où l’on ne cesse de parler des qualités d’écoute du disque vinyle, et pas qu’entre parenthèses d’ailleurs, ce n’est pas la plus grande marque de respect pour un musicien et son travail.

Peut-on détacher Skeleton Tree de ce qui est arrivé à son auteur, soit le décès accidentel de son fils ? Un de ses fils s’est tué en juillet 2015 après avoir chuté sous l’emprise du LSD d’une falaise à Brighton. Pour Nick Cave qui avait trouvé une certaine sérénité grâce notamment à sa famille, ce fut un coup dur. Mais pour qui cela ne le serait pas ? La mort d'un enfant va contre le sens même de la vie, quel père ne préférait pas mourir cent fois que de voir partir l’un de ses enfants ? Une grande partie des huit titres ayant été écrits avant l’accident, à peu près au moment où sortait 20 000 Days on Earth, il est donc faux de faire de ce disque une œuvre totalement cathartique.

Pour cela, il faut voir One more time with feeling, documentaire pas forcément génial, réalisé par son ami Andrew Dominik (Chopper, L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford), où l’on assiste à des séances en studio et aux confessions du chanteur sur les répercussions de la mort de son fils sur sa vie, sur sa musique. Seul véritable "beau" moment : le générique de fin où l’on entend les voix des jumeaux Arthur et Earl reprendre "Deep Water", le titre composé par leur père pour Marianne Faithfull est absolument déchirant.

"Nun seh' ich wohl, warum so dunkle Flammen". Si le désespoir, le chagrin sont présents ils sont ailleurs.

Dans la projection que nous en faisons sur les chansons, dans l’interprétation, sombre, habitée et pourtant presque absente parfois, "espressivo con doloroso" et dans les arrangements jouant l’économie (ce qui ne veut pas dire qu’il n'y a pas un véritable travail sur le son) signés par l’omniprésent vieux frère Warren Ellis. Skeleton Tree est donc un disque ambivalent, quelque part entre l’ombre et la lumière que nous voulons y voir, miroir de notre propre détresse. "You grow old and you grow cold". La mort, thème qui traverse l’intégralité de la discographie du musicien Australien, et la religion (le christ, la résignation du legs des âmes à Dieu : "You believe in God, but you get no special dispensation for this belief now" dans "Jesus Alone") sont naturellement présentes encore ici. Mais Skeleton Tree est un disque plus cru, plus brut (le très sombre "Jesus Alone", "Girl In Amber", "Magneto"), intime et bouleversant (le très beau "Distant Sky" en duo avec Else Torp, "I need you").

Quant aux textes ils sont toujours aussi intenses, poésie témoignant d’une profonde mélancolie. "Nun will die Sonn' so hell aufgeh'n". Comment ne pas faire un rapprochement, avec les Kindertotenlieder de Gustav Mahler, recueil de cinq Chants sur la mort d’enfants ? Le sens de cette œuvre est l’espoir d’une rédemption après, mais aussi et surtout par-delà le deuil, espoir qui sera constamment symbolisé par la lumière. Le titre final, "Skeleton Tree" pourrait par ses harmonies majeures symboliser cette lumière. On ne saurait passer également sous silence l’importance de l’orchestration comme porteuse de sens aussi bien dans les Kindertotenlieder que dans ce Skeleton Tree. Dans les deux cas, cette orchestration joue la réduction, le choix du timbre. Il est encore trop tôt pour dire si ce Skeleton Tree marquera la carrière de son auteur, qu’il soit très bien, cela nous pouvons l’affirmer.

"Sunday morning, skeleton tree, Oh, nothing is for free, In the window, a candle, Well, maybe you can see, Fallen leaves thrown across the sky, A jittery TV, Glowing white like fire, Nothing is for free, I called out, I called out, Right across the sea, But the echo comes back in, dear, And nothing is for free"

 

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Nick Cave en concert au Festival La Route du Rock #23 (jeudi 15 août 2013)
La vidéo de The Videos par Nick Cave and The Bad Seeds

En savoir plus :
Le site officiel de Nick Cave & The Bad Seeds
Le Bandcamp de Nick Cave & The Bad Seeds
Le Soundcloud de Nick Cave & The Bad Seeds
Le Facebook de Nick Cave & The Bad Seeds


Le Noise (Jérôme Gillet)         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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