Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Vincent Delerm
A Présent  (Tôt ou Tard)  octobre 2016

Bonsoir,

Je vais faire une chronique sur un disque de Vincent Delerm, alors commençons par évacuer et faire plaisir aux haters en vrac, en clichés et en mot clé : "Delerm le garçon qui est sur France inter, le garçon qui n’a pas de voix, c’est Télérama, bobo, parisien (il est de Rouen du con), name dropping, le garçon qui endort, le garçon qui… hahaha c’est nul". Oui sans doute, voilà c’est fait merci, bisou...

Bonsoir,

Sur son nouveau disque, Vincent Delerm explique que les chanteurs sont tous les mêmes, nous y reviendrons, mais en fait ça va plus loin que ça, nous sommes tous les mêmes, et une fois de plus il met des mots sur ce que nous sommes. En fait, je ne connais pas personnellement ce monsieur Delerm fils, mais c’est juste quelqu’un comme moi, nous avons les mêmes références, nous avons Vincent Delerm et moi écouté les mêmes disques, vu les mêmes films moi et Vincent Delerm, nous parlons la même langue. Voilà, ça c’est dit, parlons du disque.

Vincent Delerm signe un des plus beaux disques de chansons de cette année, vraiment. Tout est réussi, les textes, la musique, les arrangements. Voilà ça aussi, c’est fait.

Musicalement, Vincent Delerm réussit un parfait mélange entre ses petites obsessions pour François de Roubaix et la musique de films en général, et la chanson plus souchonienne, il réussit également à mélanger programmation, boucle, acoustique, cordes et cuivres en petites couches successives, s’éloignant du piano-voix qui fut longtemps sa marque de fabrique. Il signe un disque ambitieux, mais sans jamais se perdre, il réussit enfin la transcription de ses spectacles en disque c’est-à-dire ajouté à ses chansons des éléments de contexte grâce à des extraits de son de l’INA ou de films, utilisés avec parcimonie, il rajoute une touche assez intemporelle au disque.

Les textes sont emprunts d’une certaine mélancolie, plus que le name dropping, c’est dans la référence, dans des clins d’œil que beaucoup s’inscrivent, à noter d’ailleurs qu’il n’est pas obligatoire d’avoir les références en question pour les comprendre, ou pour être sensible aux morceaux. "Je ne veux pas mourir ce soir" par exemple, comme la suite fantasmée de "Je ne veux pas mourir" de Mendelson, une chanson que j’avais découvert comme beaucoup en septembre 1997 sur une compilation des Inrockuptibles "Une Rentrée 97". Sur ce CD "offert avec le N°118", il y avait Portishead, Björk, Silvain Vanot, Jean Bart, Alpha, Robert Wyatt, Ait, Craig Armstrong… Toute une époque, tout autant d’influences que l’on retrouve ici. Tout un bagage musical que Vincent Delerm possède également, il est de son époque, il est plus moderne que l’image de chanteur sépia que certains veulent lui coller.

Plus qu’un chanteur autocentré, il ose le "nous sommes", sur la chanson qui donne son titre à l’album, A Présent, comme par besoin de se reconnaître, et de se retrouver "Nous sommes... la vie qui continue son cours", avant de se tourner vers l’avenir d’un enfant qui grandit. Et même quand il ose la chanson que l’on pourrait croire autocentrée sur sa condition de chanteur, il invite Benjamin Biolay pour un duo, et Camille au chœur, dans la tradition de Souchon ("Le P’tit Chanteur"), il semble non seulement répondre à Dominique A pour qui les chanteurs sont ses amis, mais aussi à Murat pour qui tous les chanteurs sont malheureux, avec beaucoup d’humour il montre, rit de sa propre caricature et où à 20h dans la loge, il reste juste l’homme qui chante.

On pourrait analyser et disserter sur chaque morceau, tant ceux-ci sont des petits concentrés de vie, de gens, de moments touchants, des moments importants, des moments anodins, il touche l’intime, il appuie sur le cœur sans jamais être larmoyant ou tomber dans la facilité. On peut évidemment ne pas être sensible à sa voix, à sa manière de chanter, à ses arrangements, mais ça me semble hautement improbable de pas se retrouver dans ce qu’il dit, car il parle moins de lui qu’il ne parle de nous. Parce que, que nous le voulions ou pas, nous aussi nous sommes tous les mêmes.

Et moi aussi, je suis le garçon qui aime écouter France inter, qui n’a pas de voix, qui lit parfois Télérama, je suis un bobo parisien (je suis de Besançon du con), et comme le disait Jean d’Ormesson "le name dropping c’est bath", et j’aime m’endormir doucement, le corps collé contre elle, en racontant de vieux souvenirs… Je suis le garçon qui aime Vincent Delerm.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Favourite Songs de Vincent Delerm
La chronique de l'album Quinze chansons de Vincent Delerm
Vincent Delerm en concert au Festival Art Rock 2006 (Dimanche)
Vincent Delerm en concert au Festival Fnac Live #6 (édition 2016) - mercredi 20 juillet
Vincent Delerm en concert à Théâtre Anne de Bretagne (11 mars 2017)
La conférence de presse de Vincent Delerm (10 juillet 2005)

En savoir plus :
Le site officiel de Vincent Delerm
Le Tumblr de Vincent Delerm
Le Facebook de Vincent Delerm


sy!         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=