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La Filature  (Mulhouse)  septembre 2016

Comédie de Molière, mise en scène de Guy Pierre Couleau, avec Luc-Antoine Diquéro, Isabelle Cagnat, Kristof Langromme, Nils Öhlund, François Rabette, Jessica Vedel et Clémentine Verdier.

Pour une fois, avec "Amphitryon", Molière n'essaie pas d'amuser avec les travers et les mœurs de son époque. Cette fantaisie anachronique dans laquelle les dieux grecs sont romanisés alors que l'action se déroule à Thèbes, est inspirée de Plaute, utilise le vers libre et rappelle les comédies de Corneille, comme "l'Illusion Comique".

C'est sous le signe de la voute céleste, très joliment mise en lumière par Laurent Schneegans, et très artistiquement agencée par Delphine Brouard, que Guy Pierre Couleau fait intervenir Jupiter (Nils Öhlund) et Mercure (Kristof Langromme) dans la vie des Mortels. Ici, les Dieux ont surtout soif d'amours terrestres et viennent titiller les humains pour d'abord se désennuyer de leur longue et morne éternité.

Pour nourrir la farce, il faut que les Dieux, sous les auspices de la Nuit (Jessica Vedel), deviennent farceurs, semblent dire ces deux grands enfants de l'Olympe. Amphitryon (François Rabette) et Sosie (Luc-Antoine Diquéro), son serviteur, en feront les frais, mais, au bout des trois actes réglementaires, leurs amours pour Alcmène (Clémentine Verdier) et Cléanthis (Isabelle Cagnat) en sortiront grandis et plus affermis.

Guy Pierre Couleau a son idée sur la pièce. Il y voit en filigrane un Molière copernicien et partisan de Galilée. Que sa thèse ne soit qu'une interprétation personnelle ou la vision véritable d'un Molière préfigurant l'ère des Lumières, n'a finalement que peu d'importance, car il a d'abord le grand mérite de rendre vie à une œuvre qui n'est pas parmi les plus joués de l'auteur du "Misanthrope".

Son "Amphitryon" se déroule essentiellement sur une estrade qui occupe presque toute la scène et qui montre bien qu'en prenant l'apparence humaine, Jupiter et Minerve ne sont plus que des acteurs, des masques jouant des rôles, et tout cela ne les grandit pas.

Des mauvaises langues ont vu derrière cette intrigue une critique implicite de "Louis le Grand", le jeune roi-Dieu qui, lui aussi, aimaient choisir ses proies parmi les "mortelles". Connaissant le degré d'obédience de Molière à la cause de Louis XIV, il faut raison garder et voir d'abord dans cette pièce une fantaisie, que Guy Pierre Couleau pousse sans exagérer vers la féérie, au point que les Dieux peuvent prendre la place des hommes sans même avoir besoin de leur ressembler.

Ses dieux-acteurs sont joueurs, mais Molière aussi. Il sait s'arrêter justement là où le pouvoir royal pourrait s'irriter. Il n'est donc pas question que les hommes comprennent tout de suite ce qui se passe et qui vient leur empoisonner la vie. Pas question non plus qu'ils se vengent à leur tour. Ayant cessé de s'amuser de leur bon tour, les Dieux rompent le charme, donnent la clé du mystère et repartent, visiblement toujours pas désennuyés, vers d'autres Cieux.

Guy Pierre Couleau a construit son "Amphitryon" avec beaucoup de soin. Metteur en scène qui laisse au spectateur la liberté d'accepter ou pas ses partis-pris qui prétendent que le courtisan Molière aurait été critique de l'absolutisme royal, il donne à voir un vrai spectacle populaire, divertissant et compréhensible de tous.

Une version qui fera date et qui suscitera sans doute un nouvel engouement pour cette pièce si particulière dans l'oeuvre de Molière.

 

Philippe Person         
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# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
"Post-it" de Carole Greep
"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
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les antipodes stylistiques avec "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel par James Bonas et "Dracula, l'amour plus fort que la mort" de Kamel Ouali
et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
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"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
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des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
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"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

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et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
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