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Le Fantôme de l’Enfant  (La Souterraine)  juin 2016

Petosaure, qu’est-ce donc pour un animal fantastique ? Ou alors est-ce un nouveau groupe de Metal ? Du lourd, qui envoie, qui écorche… à voir la pochette. Une pochette d’album qui dérange nos petites certitudes, une pochette qui nous dit : "Vous entrez dans le monde qui n’est plus celui-là, lorsque tu auras écouté l’album en entier... ou pas". Qui n’est plus celui-là, car la fin n’est pas encore là, ni un autre monde, pas encore, peut-être pas celui que veut Petosaure.

Ne soyons pas peureux ouvrons la porte, avez-vous peur des fantômes, du Fantôme de l’Enfant ? Une douce musique vous accueille, courte mais drôlement efficace, car elle rassure après le choc du visage, le visage de l’enfant fantôme. Une rose et un révolver… Qui dira ce qu’ils font ici et là ? Pas l’ombre de Bernard Lavilliers que l’on croit apercevoir tout au long de la visite. Et de morceau en morceau, nous entendons des chansons empreintes de douceur violente. Ce n’est pas du Metal, même si nous rencontrons soudain "La Gorge du Diable" parfois sournois, c’est du doux Metal… cela n’existe pas ? Non mais comment dire autrement cette douceur métallique, cette musique un peu électronique par moment, classique aussi avec une fin surprenante que nous reverrons plus tard... il n’y a pas que le fantôme de l’enfant, il y a des ombres.

Le "Love viseur" nous fait voir qu’à travers les textes de Petosaure, nous semble vibrer la poésie qui nous attire en avant, qui n’est pas négative, ni positive d’ailleurs. Petosaure n’a pas de message à faire passer, il chante la vie, l’amour la mort, la destruction de ce monde invivable, "inaimable", invivable en vrai, au fond. En pénétrant dans la maison de l’enfant fantôme, dans l’univers (décalé forcément) de Petosaure, nous nous sentons bien, les notes volent virevoltent, les percussions aussi : charmants morceaux musicaux... chante, chante, chante.

Petosaure n’a pas la clé de Sion, c’est pour cela qu’il dit qu’il n’a rien à dire, pas de message, pas de revendication. Ben quoi, il chante cette non vie, tel un troubadour, afin que l’on écoute en n’en ressortant un peu différent… ou pas. Il révise "La cigale" et la fourmi vue comme une pute. Il y a quand même un message, eh oui. Le fantôme de l’enfant hante cette maison Petosaure. La fourmi est une pute, la société de consommation n’est-elle pas autre chose ? Elle qui tue l’enfance ? La poésie ? La musique ? C’est ainsi que je comprends Petosaure. Il veut détruire ce monde, mais pas en hurlant des slogans qui disparaissent aussi vite qu’ils sont venus. Je ne pense pas que dans cette maison à 10 pièces, vous trouverez un Rockeur décoré de la légion d’honneur, une telle fumisterie n’est pas dans la musique de Petosaure. L’artiste poétique est droit. Il ne fait pas le chanteur pour faire le chanteur, ces chansons sont belles, envoûtantes, nous pourrions y trouver des comparaisons, mais à quoi bon, juste savoir que le jazz s’y cache.

Ces éléments devraient vous encourager à écouter cet album incontournable. Seul au monde, sur "La plage", où vous voulez finalement, vous allez vous régaler d’un vrai artiste, un artiste qui n’a pas peur d’être. Ce qui devient rare. Un artiste qui ne pense pas à devenir un géant qui ne se voit même plus les pieds et écrase son voisinage, alors s’il y arrive il voudra rapetisser… ou pas. Que savoir de ce grand auteur compositeur, interprète. Voyez, j’ai utilisé le mot grand. C’est un grand… ou pas. C’est un grand… ou pas. Oui c’est un grand. Un Petosaure cela ne peut pas être petit, c’est ridicule, et quand nous avons avec une grande délectation sonore écouté les dix petites pièces de Petosaure, on dit encore.

J’aime bien le "Roiseau" que l’on croise dans l’une des pièces. C’est beau un Roiseau, c’est très jazzy et nous voilà dans la jungle musicale de Petosaure, tellement d’idées à gravir, un tel univers bouleversant, dérangeant, intéressant, florissant, émouvant, reposant… la fin d’un monde inutile ? L’ambiance nous laisse dans une situation de réflexion… ou pas. Et le son électronique nous ramène dans la dernière pièce ou la "Docile amie" qui s’y trouve depuis bien des années, plus de 50 ans… ou pas.

Il paraît que l’on vivra deux cents ans ? Allez savoir dans la maison de Petosaure, hantée par le fantôme de l’enfant, et soudain un final, quel final qui nous reconduit à la porte de sortie, mais c’est grandiose : comme un souvenir d’un solo de Ponty sur King Kong, un souvenir seulement… ombre bienveillante qui nous raccompagne et c’est terminé… trop tôt. Il y a bien des choses étranges dans la maison de l’Enfant Fantôme, venez amateurs de musique, de chansons vraies, venez osez entrer, personne ne vous fera du mal… on s’y sent bien. Petosaure est un docile ami.

Le groupe Petosaure sera en concert le 30 novembre prochain à Le Motel (8 Passage Josset, 75011 Paris).

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

L'interview de Pétosaure (février 2017)

En savoir plus :
Le Soundcloud de Petosaure
Le Facebook de Petosaure


Ichigo Samuru         
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# 19 mars 2017 : GO Johnny GO

Chuck Berry nous a quitté ce week end à 90 ans. La fin d'une époque, sans doute, mais le rock n'est pas encore mort. Quoi qu'il en soit voici notre sélection culturelle hebdomadaire avec notamment un choix éclectique de spectacles :

Du côté de la musique :

"A day for the hunter, a day for the prey" de Leyla McCalla
"My wild west" de Lissie
"Chopin : Late works" de Maurizio Pollini
"Vocello" de Henri Demarquette
"Messages personnels " de Emma Solal
Mustang, Akira Kosemura, Sylvain Fesson, Lonny Montem dans une sélection de single
"Elements" de Zenzile
Rencontre avec Narrow Terence autour de leur nouvel album "Rumble-o-rama" accompagné d'une session live
"Plates coutures" de Matmatah
Mathieu Boogaerts au Grand Mix de Tourcoing
en concert dans le cadre du Festival Les Emancipées à Vannes : Vincent Delerm, Frère Animal (Second Tour) et "La Sieste acoustique de Bastien Lallemant"
et toujours :
"Oh, my Lady" de Da Capo, "Front pop" de French Boutik, "Ors" de Artus, "My friends ar dead" de Bigott, "Free" de Guillaume Perret, "Life will see you now" de Jens Lekman, "No more rainbows" de Nicola Testa, CHVE, Syndrome et Amenra au festival Generiq

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Soudain l'été dernier" au Théâtre national de l'Odéon
"Intra Muros" au Théâtre 13/Jardin
"Ici, il n'y a pas de pourquoi !" au Théâtre Le Lucernaire
"La violence des riches" à la Maison des Métallos
"Mon coeur" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Les Vibrants" au Théâtre de la Reine Blanche
"Une saison en enfer" au Théâtre Le Lucernaire
"La leçon de photographie" au Théâtre Saint Georges
"Le déni d'Anna" au Théâtre Le Lucernaire
"L'Aide-mémoire" au Théâtre de Nesle
"Phèdre/Salope" à La Loge
"Sylvie Malys - le Génie du vin" au Théâtre Les Feux de la Rampe
"La petite renarde rusée" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Made in Paris" au Théâtre Bo Saint-Martin
le compte-rendu de la première édition du Festival Les Emancipées à Vannes
des reprises :
"Moi, Corinne Dadat" au Théâtre de Colline
"Anquetil tout seul" au Studio Hébertot
"Yanowski - La Passe interdite" au Bal Blomet
"La vie privée d'un super-héros" au Théâtre Essaion
et la chronique des autres spectacles de mars

Expositions avec :

"L'Esprit français - Contre-cultures 1969-1989" à la Maison Rouge
"Collection Alicia Koplowicz - De Zurbaran à Rothko" au Musée Jacquemart-André

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"London House" de David Farr
"Fiore" de Claudio Giovannesi
"Fixeur" de Adrian Sitaru
Ciné en bref avec :
"Chez nous" de Lucas Belvaux
"Les figures de l'ombre" de Theodore Melfi
"1:54" de Yan England
"Miss Sloane" de John Madden
"La Confession" de Nicolas Boukrief
"The Lost City of Z" de James Gray
et les chroniques des autres sorties de mars

Lecture avec :

"Les filles déchues de Wakewater" de V.H. Leslie
"Les temps de la cruauté" de Gary Victor
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Les MMO Free to play en 2017 - Eve Online - Black Desert Online - Revelation Online - Tera
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Retour sur la Nintendo Switch, un test complet très prochainement

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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