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Land Art  (TILT)  mars 2014

"Il a fallu enregistrer les graviers et la mer, en digérer le rythme, la lumière, la respiration, marcher des heures et chanter dans les arbres… Et se mettre en scène dans cet environnement-là."

Avec des mots qui chantent, Marion Rouxin, à ma demande, résume son magnifique album Land Art. Oui, je dis magnifique car vous ne pouvez pas ne pas aimer. Oh quelqu’un m’a dit : "Tu écoutes quoi ?" J’ai répondu : "Marion Rouxin", la personne habituée à la variété française commerciale insipide et vide, n’a pas su apprécier notre belle artiste. Oui, Marion Rouxin est belle. Je ne l’ai jamais vue sur scène, mais seulement sur des photos. Quel charisme ! Un peu à la Barbara en plus jazz, en plus rock. D’ailleurs, la musique de Marion Rouxin se promène allégrement du jazz, au rock à la pop. Je n’aime pas trop comparer car chaque artiste est un artiste à part entière, mais il y a toujours des traces, des influences, des ressemblances qui peuvent apparaître, comme pour la beauté de Marion, sa voix sa détermination, sa gravité, sa "gouaille", me rappellent quelqu’un : Marie-Paule Belle. Si, si, vous n’arriverez pas m’enlever cette idée. Il y a du Marie-Paule Belle dans Marion Rouxin.

Mais revenons aux mots qui résument Land Art. Inculte comme je suis, j’ai saisi mon vieil ordinateur portable, et j’ai cherché la définition de Land Art : "est une tendance de l’art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, sable, eau, rocher, etc." Alors nous comprenons mieux la belle pochette de l’album de Marion Rouxin et le résumé qu’elle nous donne de ses 18 chansons plus ou moins longues, dont une se décline en trois tableaux, une sorte de triptyque (?).

Land Art c’est de la chanson française avec, à la fin, quelques mots en anglais, pour nous, dit la dernière chanson, oui, pour nous. Car Marion Rouxin ne chante pas pour elle, pas seulement. Elle nous parle de l’amour. Construisant ses chansons en s’inspirant de la nature, c’est du Land Art amoureux. Je ne sais pas si cela se dit mais c’est joli.

Que trouve-t-on dans cet album de chansons, côté musique ? Y a-t-il des surprises ? Oh que oui et de bien belles, tant ce voyage dans le Land Art amoureux est musical, bien musical et non pas ennuyeux, pas répétitif. L’amour fait battre le cœur, il fait souffrir aussi, la présence de l’aimer, son absence, tout cela se retrouve dans la musique. Parfois, elle se fait légère alors que le texte est triste. Nous avons droit à une introduction au piano, c’est tellement beau, et aussi à des solos de guitare ce qui devient tellement rare. Dans Land Art résonne aussi des tambours, chantent des mandolines, et souffle des cuivres. On entend de la guitare encore, du piano / cuivres, un solo de guitare très jazzy. Des morceaux sont crescendo, nous emportant dans un tourbillon où il ne faut pas se perdre, c’est qu’il faut suivre Marion Rouxin, car il y a la musicalité de sa voix, et des chorales, une d’enfant, une gospel… Rock guitare. Richesse musicale, comme un peu tout ce que l’on peut trouver dans la création.

Et les paroles ? Ah pour les paroles, il faut ouvrir ses oreilles : Marion Rouxin a des choses à dire sur l’amour, mais aussi un joli coup de gueule contre le racisme, une réflexion sur nos racines, car ainsi est bien souvent notre vie, et cela peut venir sujet de tristesse ou de joie. Dans notre vie, qui que nous soyons, d’où que nous venons, après tout, combien d’instants de bonheur pour un nombre incalculable de douleurs. Il y a un sens à tout cela bien sûr, mais Marion chante, chante, et chante encore, et comme pour Marie-Paule Belle, dont je me suis permis de faire le rapprochement, les mots sortent, une intarissable chute d’eau fraîche et bienfaisante. Vous n’êtes pas déprimé en écoutant Marion qui chante la vie et l’amour, pourtant l’amour jusqu’à la mort. La mort dans un stupide accident de voiture. C’est qu’il s’en passe des choses dans Land Art : vous y trouverez même un duo avec Florent Vintrigner et si vous venez me dire que ce disque vous ennuie, je vous dis de le réécouter en ouvrant votre cœur. Les oreilles ne suffisent pas : les mots sont là. Nous avons commencé avec des mots, ceux de Marion, et nous terminerons notre chronique, avec ceux de Marion. Des mots ramassés dans Land Art comme lorsqu’on se promène dans une forêt et que l’on ramasse des pierres, des bois, des beautés de la nature, ces mots qui font l’œuvre d’art.

Prenons le temps de lire des mots glanés par-ci par-là, Marion Rouxin chante avec un rythme soutenu. C’est pourquoi je vous dis que dans ce Land Art amoureux, on ne s’ennuie pas si l’on veut chercher à recueillir quelques mots : ceux de Marion Rouxin… pas trop quand même, juste pour vous donner le goût à nous procurer cette petite merveille qu’est Land Art :

"J’ai cherché droit devant… En chantant… en fermant les yeux, j’ai fini par trouvé d’un battement de cil."

"C’est beau ce noir, c’est beau ta peau, c’est beau fait voir, c’est beau."

"Quelles sont mes racines ?"

"Si je meurs je reste là, un hameçon dans tes entrailles."

"Y aura-t-il un jour ensuite, tourne, tourne la terre. Est-ce qu’on sera là pour voir la suite ?"

"J’ai peur de perdre patience, de se tout foutre en l’air, de m’infliger le désert, d’arriver sur scène à poil."

"La vie je la fume par tous les bouts, la vie se laisse vivre malgré nous, la vie est belle, la vie est là"

"Prendre le sable, les rochers, voler les perles de tes yeux."

"Apprendre à garder le goût de l’image que j’ai de nous."

"On ramasse des bouts de désespoir… des crises, des cauchemars, des doses de y en a marre… et quoi d’autre."

"Donne moi la clé des champs et vas-y chante avec moi, suivre le vent, la vie est là."

"J’ai entendu ton rire chuchoter sous mes pas."

"Vivons à petit pas dans le doux du brouillard."

"Une écorchure au cœur et ces mots sur mes lèvres, en comprends-tu le silence, je deviens le sens."

"Si tu t’en vas, vas pas trop loin qu’on puisse faire des pas, près du chemin cahin-caha."

"Il y a le bitume, ta main, ma main… des lumières bleues et moi je t’aime…  des voix, des souffles. Je respire, tout fout le camp et moi je t’aime."

"Tu n’es pas là, le lit est grand, j’éteins la lumière, je regarde les étoiles et je leur parle."

Que dire de plus sur ce bel album, si ce n’est que c’est beau, tellement que je laisse les derniers mots ramassés dans le Land Art amoureux :

"J’ai entendu ton rire dans le soir, j’ai entendu ta voix… au pays où le froid nous fouette le visage, au pays où la nuit se repose plus tard. Mais toi j’ai entendu ton rire. Mais toi, repose toi." (Marion Rouxin)

 

En savoir plus :
Le site officiel de Marion Rouxin
Le Facebook de Marion Rouxin


Ichigo Samuru         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

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"Kino music" de Pierre Daven Keller
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Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
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"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
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