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puce The Color Line - Les artistes africains-américains et la ségrégation
Musée du Quai Branly  (Paris)  Du 4 octobre 2016 au 15 janvier 2017

Après "Le Siècle du Jazz" qui proposait une traversée artistique du 20ème siècle avec le jazz pour fil rouge, le critique d'art Denis Soutif revient au Musée du Quai Branly avec "The Color Line" dont il assure le commissariat.

Sous-titrée "Les artistes africains-américains et la ségrégation raciale", cette exposition ambitieuse et inédite invite à une déambulation similaire pour retracer l'histoire artistique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis.

Nonobstant la polémique critique sur la mise en situation des oeuvres, le débat sur l'existence même d'un art spécifique à la communauté noire américaine, voire celle d'une identité noire américaine, et la querelle terminologique sur le politiquement (in)correct de l'expression "afro-américain" à laquelle s'est substituée celle d'africains-américains, la monstration s'avère réussie notamment quant à son propos générique qui ressort à l'usage de l'art en politique.

En effet, elle participe à la réflexion sur l'art et sa nature intrinsèquement ambivalente et au débat sur l'instrumentalisation de l'art au coeur des enjeux de la modernité artistique, quand, s'échappant du champ esthétique, il devient tant l'instrument d'une stratégie de domination permettant d'asseoir une autorité politique, tel dans le processus de construction nationale comme l'art mexicain dans la première moitié du 20ème siècle au coeur de l'exposition "Mexique" au Grand Palais, ou sociale par le marché de l'art et le mécénat, que, comme en l'espèce, un moyen de lutte politique contre les discriminations érigées ou avalisées par le pouvoir étatique.

The Color Line, le "black power" de l'art

Par son titre, l'exposition est placée sous l'obédience de William Edward Burghardt Du Bois historien, sociologue et militant de la première heure, président du Niagara movement puis fondateur de la National Association for the Advancement of Colored People, dont les couvertures de son magazine officiel "The Crisis" font l'objet d'un mur documentaire, qui écrivait à l'orée du 20ème siècle sur la problématique politique de "la ligne de partage des couleurs".

Elle se déroule selon un didactique parcours chrono-thématique qui scande le combat pour l'égalité des droits civiques bafouée par la ségrégation raciale qui a perduré dans l'Amérique post-esclavagiste.

Riche d'un nombre conséquent d'oeuvres et de documents originaux mis en espace dans la scénographie claire de "white cube" de Laurence Fontaine, elle permet de découvir les artistes qui se sont engagés individuellement ou au sein de mouvements artistiques tels le "Harlem Renaissance" des années 1920 et 1930 placées sous le signe du jazz et une de ses figures majeures, le peintre Aaron Douglas, puis le mouvement des "Civil Rights" des années 1945-1960 avec les leaders Martin Luther King et Malcolm X et des groupes activistes tel celui de "The Black Panther".

La pertinence de l'accrochage tient également à la mise en résonance d'oeuvres d'époque différentes comme l'installation "Autour du monde", oeuvre récente de Whitfield Lovell, avec des portraits des mobilisés africains-américains qui ont largement contribué à former les troupes de combat et la sculpture du boxeur ("Boxer" 1942) de Richmond Barthé qui s'approprie les codes de représentation à l'antique.

Au cours de la visite, trois constats s'imposent. D'une part, l'émergence d'un art initialement cantonné à la négritude dans un système d'apartheid qui s'exprime notamment dans la musique et le cinéma avec des films "pour noirs", les productions "all colored cast".

D'autre part, un panorama diversifié de l'engagement politique des artistes toujours présent même sous la forme la plus discrète tel David Drake, esclave potier qui, en 1859, signe de son nom une jarre de grès, qui ne sont pas tous militants pour des raisons tant historiques que personnelles.

Enfin, en ce qui concerne les arts plastiques, et plus précisément pour la peinture, l'affiliation à des mouvements artistiques majeurs, du réalisme à l'art conceptuel en passant par l'expressionnisme abstrait, avec les artistes contemporains qui ont accédé à la reconnaissance institutionnelle, critique et commerciale, au premier rang desquels l'iconique Jean-Michel Basquiat ("Foll's fetish")

L'exposition qui commence par un raccourci saisissant avec l'appariement d'une toile du milieu du 19ème siècle de Robert Duncanson (" Uncle Tom and litte Eva") et le "U.N.I.A Flag" du plasticien David Hammons,très prisé des collectionneurs, se clôt sur "L'Origine du monde" de Courbet revisitée à la manière du Nouveau réalisme par Mickalene Thomas. Pour boucler la boucle ?

 

En savoir plus :

Le site officiel du Musée du Quai Branly

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation du Musée du Quai Branly


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# 25 juin 2017 : Summertime

C'est l'été, on a profité de la fête de la musique pour enregistrer une session en live à venir durant l'été ici même, les festivals s'enchainent et nous continuerons tout l'été à suivre l'actualité culturelle. Voici donc sans plus attendre l'édition de la semaine.

Du côté de la musique :

"The machine made us" de Flotation Toy Warning
The Charlatans en interview autour de leur album "Different days"
"Somersault" de Beach Fossils
"Almost !" de Adam and the Madams
"Outside" de An Eagle In Your Mind
"Journey to the mountain of forever" de Binker and Moses
"Tara EP" de Lonny Montem et Guillaume Charret
PuntEBarrieR" de Marco Zappa & Friends
"Aetherlight" de Mt. Wolf
Sam à La Passerelle 2.0
DJ Shadow à l'Elysée Montmartre
et sur Taste Indie, retrouvez les séries de photos complètes ainsi que Oiseaux Tempête, le festival Art Rock, Totorro, Requin Chagrin et bien d'autres.
et toujours :
Dead killer story" de Breaking The Wave, Soon She Said nous parle de "The first casualty of love is innocence" dans une longue interview en deux partie. Cliquez ici pour la première, et là pour la seconde,"Ti amo" de Phoenix,"Terre-neuve" de Terre-Neuve,"The Passion of Charlie Parker" par divers artistes ,"Emotional dance" de Andrea Motis,"Witness" de Benjamin Booker,"J'ai embrassé un punk" de Faut Qu'ça Guinche ,Interview de Bologna Violenta (également en italien), Interview de Superbravo pour la sortie de "L'angle vivant". Superbravo également en session pour 3 titres

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Logan de Carvalho - Moitié voyageur" au Théâtre Le Lucernaire
"Les Fêlés" au Théâtre du Marais

"Karine Lyachenko - RebelleS" au Théâtre du Marais
et les chroniques des autres spectacles de juin

Exposition avec :

"Derain, Balthus, Giacometti - Une amitié artistique" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Bonheur Académie" de Alain Della Negra et Kaori Kinoshita
"Ava" de Léa Mysius
Ciné en bref avec :
"Ce qui nous lie" de Cédric Klapisch
"L'amant d'un jour" de Philippe Garrel
"K.O." de François Ozon
"Les Ex" de Maurice Barthélémy
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Lecture avec :

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"Pinocchio" de Winshluss
"Le faussaire" de Xu Zechen

Froggeek's Delight :

"Space Invaders, comment Tomohiro Nishikado a donné naissance au jeu vidéo japonais" de Florent Gorges
2017, une année faste pour les jeux vidéo...
3 mois avec la Nintendo Switch
"101 jeux Amiga" de David Taddei

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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