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puce Les Amoureux de Shakespeare
Théâtre de Poche-Montparnasse  (Paris)  novembre 2016

Comédie conçue par la Compagnie des Mauvais Elèves d'après Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, mse en scène de Sirley et Dino, avec Valérian Béhar-Bonnet, Elisa Benizio, Bérénice Coudy et Antoine Richard.

Dans l'Angleterre des années 60, quatre jeunes gens s'en vont pique-niquer en forêt. Le groupe est uni par la pop rock britannique et des sentiments amoureux pas toujours réciproques : Lysandre et Hermia sont amoureux, tandis que Demetrius repousse Helena pourtant éprise de lui car il n'a d'yeux que pour Hermia.

La nuit venue, les Pucks, des esprits de la forêt, outrés par l'attitude de Demetrius, entreprennent de lui faire absorber un filtre d'amour afin de faire naître en lui un désir ardent pour Helena. Mais le hasard et la maladresse des Pucks bousculeront le plan échafaudé par les petits êtres magiques.

Avec "Les Amoureux de Shakespeare", la troupe des Mauvais Élèves offre aux spectateurs une adaptation très très très libre du "Songe d'Une Nuit d’Été". D'une part, les quatre comédiens concentrent leur attention sur l'histoire des amoureux dans la forêt alors que la pièce de Shakespeare comporte d'autres développements.

D'autre part, ils se recentrent sur les thèmes baroques de la pièce de Shakespeare : l'inconstance du sentiment amoureux, l'impuissance face aux forces supérieures et le jeu entre animalité et humanité.

De même, le folklore qui traverse la pièce originale est retranscrit dans les années 60 par l'apparition des chansons pop que les quatre comédiens interprètent a cappella en intermède durant le spectacle. Ainsi on les entendra jouer à leur manière des classiques des Beatles, des Lovin' Spoonfull, de Mungo Jerry ou encore des Kinks.

Après "Les Amoureux de Marivaux" dans lequel ils reprenaient des tubes français des années 70 ou leurs interventions dans le "Cabaret Deret", les acteurs de cette jeune troupe confirment donc que leur culture musicale est aussi riche que variée. 

En ne retenant qu'une partie du texte de Shakespeare, en écrivant eux-mêmes les interventions de Pucks et en y intégrant des chansons, les Mauvais Élèves transforment la pièce originale de Shakespeare en une farce débridée et décomplexée.

Le jeu des deux garçons de la troupe, Valérian Béhar-Bonnet et Antoine Richard, va chercher son inspiration dans la gestuelle d'Harold Lloyd ou de Buster Keaton. L'attitude de Bérenice Coudy fait référence au style Audrey Hepburn. Elisa Benizio, quant à elle, entraîne les spectateurs dans un voyage intertemporel tellement elle semble sortir tout droit d'un conte du "Cabaret Citrouille", spectacle créé il y a presque vingt ans par ses parents, les duettistes Shirley et Dino.

La mise en scène de Shirley et Dino est d'ailleurs impeccable. Ils utilisent parfaitement l'espace du plateau, très long et peu profond. Le rythme est enjoué et les courtes scènes qui coupent le rythme de l'action principale, interprétations décalées de classiques de la pop anglaise ou les interventions comiques des Pucks, attirent le spectateur dans la folie des acteurs.

Le jeu complaisamment forcé des comédiens est une touche que la Compagnie des Mauvais Élèves partage avec leurs aînés d'Achille Tonic, qui dans "Les Amoureux de Shakespeare" peut néanmoins parfois apparaître comme une recette trop systématique.

Cependant leurs inventions dans le comique de gestes et les délirants intermèdes chantés sont irrésistibles. Impossible alors de s'empêcher de rire devant cette relecture furieusement décalée du classique de Shakespeare.

 

Laurent Coudol         
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