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Théâtre Essaion  (novembre 2016) 

Comédie dramatique de Harold Pinter, mise en scène de Mitch Hooper, avec Delphine Lalizout et Olivier Foubert.

"Ashes to Ashes" est une des dernières pièces d'Harold Pinter. Une courte pièce qui a été montée quelquefois sous le titre "Dispersion", comme en 2014 au Théâtre de l'Oeuvre par Gérard Desarthe avec Carole Bouquet.

Contrairement à l'avis de l'auteur, qui voulait qu' "Ashes to Ashes" soit jouée en solo, Mitch Hooper l'a associée à "L'Amant" texte de 1962, et en a fait la seconde partie de ce qu'il a appelé un "Diptyque Pinter".

Il a trouvé des correspondances dans les deux textes, entre les deux femmes Sarah et Rebecca et leurs amants hypothétiques et mystérieux. Dans un cas, l'amant est le mari, dans l'autre, l'amant dont Rebecca parle à son mari peut-être aussi bien un fantasme qu'une réalité, en tout cas, son existence n'est authentifiée que si le mari a décidé d'y croire.

Pour faire le lien entre les deux pièces, Mitch Hooper a choisi de ne pas vraiment changer le décor, à l'exception du siège que Rebecca ne quittera jamais. Dans les deux pièces, on boit évidemment du whisky et les mots dits sont tous importants.

Cette fois-ci, Delphine Lalizout, dont la voix a parfois des inflexions à la Jeanne Moreau, parle beaucoup et son texte et son sous-texte sont très forts. Son partenaire-mari, Olivier Foubert, se contente de poser des questions.

On pense cette fois-ci moins à Beckett qu'à Marguerite Duras et ce que dit Rebecca renvoie aux horreurs de "La Douleur". Délire ou réalité, Rebecca parle des camps et se perçoit comme une victime. Parti un peu en roue libre, "Ashes to Ashes" finit très fort tout en gardant une part de son mystère.

Méticuleux, ennemi de l'effet, Mitch Hooper perçoit Harold Pinter comme un puzzle où chaque mot posé permet de se rapprocher de la vérité finale. Mais Pinter n'est pas une science exacte, on peut passer à côté de ce qu'il dit et pire encore de ce qu'il ne dit pas. Le travail du metteur en scène et de ses acteurs est de se rapprocher le plus possible du sens exact.

Si l'on ne ressent pas dans le travail de Mitch Hooper la frustration que laissait celui de Gérard Desarthe sur le même texte, il faut peut-être y voir l'effet "diptyque", le dispositif simple proposé dans "L'Amant" étant une excellente préparation à la construction plus sophistiquée et au contenu plus "sérieux" d' "Ashes to Ashes".

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Pesson, Abrahamsen & Strasnoy : Piano concertos" de Alexandre Tharaud
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"La légende de Nacilia" de Nacilia
"C'est quoi ton nom ?" de Blankass
"Il est où le bonheur" 9ème émission de Listen in Bed
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et toujours :
"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Deux euros vingt" au Théâtre Rive Gauche
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"Mon Isménie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
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"Oh ! Maman" au Théâtre La Scène Parisienne
"Le fantôme d'Aziyadé" au Théâtre Le Lucernaire
"Le hasard merveilleux" au Théâtre de la Contrescarpe
"Attention les Apaches !" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Norma Djinn" au Théâtre Montmartre-Galabru
"Blond and Blond and Blond - Hømåj à la chønson française" au Café de la Danse
les reprises :
"Tanguy Pastureau" au Théâtre de la Renaissance
"Close"
"Elisabeth Buffet - Obsolescence programmée" au Théâtre du Marais
"Le comte de Monte-Cristo" au Théâtre Essaion
"L'Analphabète" à l'Artistic Théâtre
"La Diva divague" au Théâtre de Dix heures
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour "Kiki Smith à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

"Botero" de Don Millar
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Lecture avec :

"Le ciel à bout portant" de Jorge Franco
"Le prix de la démocratie" de Julia Cagé
"Les champs de la Shoah" de Marie Moutier Bitan
"Les rues bleues" de Julien Thèves
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et toujours :
"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
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"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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