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puce Le Temps et la Chambre
Théâtre de la Colline  (Paris)  janvier 2017

Comédie dramatique de Botho Strauss, mise en scène de Alain Françon, avec Antoine Mathieu, Charlie Nelson, Gilles Privat, Aurélie Reinhorn, Georgia Scalliet, Renaud Triffault, Dominique Valadié, Jacques Weber et Wladimir Yordanoff.

Comme le titre de la partition le laisse présumer, "Le Temps et la Chambre" du dramaturge allemand Botho Strauss constitue une variation sur le temps et la trace mnésique des êtres telle qu'elles pourraient être happées dans une chambre d'écho et/ou une camera obscura.

Et, pour traiter des thématiques de la fuite du temps, du sentiment de perte et de l'éphéméréité des rencontres à travers du seul ancrage spatial, Botho Strauss procède de manière classique.

Ainsi se dispense-t-il tant de la linéarité chronologique que de l'intrigue, et procède par assemblage de scènes brèves et fragmentaires aux dialogues réduits à des bribes conversationnelles, en forme d'échanges souvent interrogatifs, entre des personnages non historicisés et, sans toutefois verser dans l'abstraction, dépourvus de substance psychologique.

Ce qui aboutit à proposer au spectateur des moments d'une pseudo-réalité tronquée, voire déformée, qui constituent quelques morceaux d'un puzzle dont la réunion, en supposant qu'ils appartiennent au même jeu, n'aboutira jamais à la reconstitution d'une image signifiante dans lesquels l'auteur décline, en l'espèce, sous forme de rencontres avortées, ses thèmes récurrents de la solitude, l'abandon et de l'amour inaccompli.

L'approche straussienne de la banalité tragique de la condition humaine intervient dans un lieu unique circonscrit de manière précise, une vaste pièce aux grandes fenêtres et portes, sommairement pourvue de deux fauteuils et une table basse.

Dans cet espace dont le volume et l'impersonnalité évoquent davantage un hall d'immeuble qu'un habitat privé, salonnent deux hommes, déclinaison post-moderne du couple tant flaubertien que beckettien, deux hommes à la fenêtre du monde qui vont croiser quelques unes des personnes qui ont occupé ou occuperont ce lieu dont la brève matérialisation est liée à un personnage "fil rouge".

Soutenue par les lumières millimétrées de Joël Hourbeigt qui sculptent et découpent l'espace, la scénographie de Jacques Gabel, un décor avec une perspective en ligne de fuite évoquant une maquette de décor de théâtre, emprunte résolument - et judicieusement - à l'esthétique hopperienne en ce qu'elle confère à la pièce le réalisme illusionniste qu'elle implique, celui-même pratiqué par le peintre américain pour traduire le même pessimisme existentiel de manière picturale.

Au demeurant, dans la mise en scène opérée par Alain Françon, de nombreuses scènes entrent en résonance évidente avec des tableaux d'Edward Hopper au point où il ne paraît pas déraisonnable de se demander si le peintre n'a pas inspiré le dramaturge.

Relevant les défis de la rationalité et de la représentation de l'étrangeté, et instillant quelques échappées burlesques et presque vaudevillesques, Alain Françon orchestre cette ronde évocatoire avec des comédiens émérites, tels Charlie Nelson, Wladimir Yordanoff, Dominique Valadié, Aurélie Reinhorn et Renaud Triffault qui parviennent à apporter une corporéité à des personnages quasi fantomatiques et Georgia Scallet qui se démultiplie avec maîtrise et crédibilité dans le personnage pivot.

Jacques Weber et Gilles Privat, respectivement le colossal Julius à bout de souffle et Olaf, tout en nervosité rentrée, sont magistraux dans l'excellent duo d'hommes en gris qui, dans l'attitude de désenchantement, de renoncement et d'apathie indécise rappelant les protagonistes du film "Youth" du cinéaste italien Paolo Sarrontino, pour le prologue et l'épilogue en miroir, ouvrent et referment la porte du temps.

 

MM         
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