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Théâtre du Rond-Point  (Paris)  janvier 2017

Spectacle conçu et mis en scène par Pippo Delbono, interprété par Pippo Delbono, Dolly Albertin, Gianluca Ballarè, Bobò, Margherita Clemente, Ilaria Distante, Simone Goggiano, Mario Intruglio, Nelson Lariccia, Gianni Parenti, Pepe Robledo, Grazia Spinella, Nina Violić, Safi Zakria et Mirta Zečević.

Triple challenge que l'exercice imposé, sans échappatoire possible car relevant d'un devoir sacré, pour un artiste se proclamant athée que de concevoir un spectacle sur les Evangiles pour délivrer un message d'amour au monde.

D'autant que les écrits canoniques, comme nombre de textes théologiques fondateurs, ont été, de tous temps et sous toutes les latitudes, été instrumentalisés par les pouvoir de toute nature et les fanatismes pour légitimer la barbarie et la soumission des peuples.

Défi relevé par le "Vangelo" de Pippo Delbono executant les dernières volontés de sa mère aimante et aimée avec laquelle il conversait dans une vidéo projetée dans "Dopo la battiglia", femme pieuse et catholique pratiquante le chargeant d'une mission quasi-christique.

Certes, l'auteur, metteur en scène, acteur et réalisateur italien ne partait pas en terrain inconnu avec cette thématique qui innerve toutes ses créations et sa conception de la vie comme un chemin de croix profane même s'il est devenu bouddhiste. Au demeurant, rien de plus mystique que les catholiques "défroqués", ceux élevés dans la tradition religieuse puis devenus totalement athées ou convertis à une spiritualité dépourvue de dieu créateur.

Depuis quelques années, refusant de participer au simulacre de la représentation, position de principe énoncée dans son opus "Orchidées", Pippo Delbono s'oriente vers une configuration ardue et exigeante, celle de la combinaison de la transcendance et de la dénonciation politique, en l'espèce, celle de la gestion du flux migratoire.

Par ailleurs, il se positionne en parrèsiaste dans des biodrames empreints de quête métaphysique et spirituelle et de croyances et de convictions personnelles délivrés sous forme essentiellement performative et mosaïcienne.

Sous l'égide du baroquisme, de la picturalité transgressive du Caravage à l'alternative mystique de Pasolini avec l'attrait pour les "borgate", "Vangelo" décline le mythe urbain de la Cour des Miracles comme creuset de l’authenticité humaniste et de sa trinité "amour-beauté-joie", et la figure christique de l'exclu sociétal quel qu'il soit, faible, déclassé, marginal, différent, et, désormais, du migrant, érigé en martyr contemporain.

Car Pippo Delbono se place du côté de "ceux qui vivent comme des assassins sur terre, comme des bandits au fond des mers, des fous à ciel ouvert" à qui sont destinées les fameuses "Béatitudes" tant dévoyées par les gouvernances.

Dans "Vangelo", sur un fond musical composé d'airs opératiques et de chansons de variétés des années 1970, de la chanson gay italienne à l'opéra-rock "Jésus Christ Supertstar", et avec des insertions vidéos, dont une vidéo-selfie de sa déambulation hospitalière et quelques images de son film éponyme sur un camp de migrants, il rassemble et déploie nombre de ses récurrences.

Les membres de sa compagnie - dont Bobò, le sourd-muet déguisé en diable jouant du violon évoquant la "Sonate des trilles du Diable" de Tartini, Gianluca Ballarè campant un enfant Boudha blanc et rose dans son lit-cage et Nelson Lariccia qui prête son physique décharné au Christ de la passion - auxquels se joignent des comédiens du Théâtre National Croate, se livrent à des pantomimes déclinant topos bibliques et métaphores iconographiques.

La parole est le domaine réservé de Pippo Delbono qui, naviguant entre salle et scène, délivre son verbe profératoire riche en imprécations homilétiques et harangues furieuses, honnit le Dieu paradoxal, préfère le Diable vu comme un diablotin chantre de la liberté sexuelle et prône la vertu théologale de la charité. Et il danse aussi, sa danse-signature de vie et de mort.

La tiédeur n'est pas de mise pour ses spectacles, dont celui-ci qu'il veut "une fête et une provocation à la fois". On aime ou on déteste.

 

MM         
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# 20 mai 2018 : Un temps à sortir les palmes

Le Festival de Cannes se termine déjà, sans grandes envolées mais avec une belle palme d'or tout de même et surtout le soleil qui devrait vous donner envie de sortir les vôtres, palmes, histoire d'aller piquer une tête pour vous rafraichir les idées au milieu de tout ce marasme ambiant. Quoi qu'il en soit, pour vous changer les idées, voici comme chaque semaine notre sélection culturelle.

Du côté de la musique :

Glenn Branca, une vie dissonnante
"Quieter" de Carla Bozulich
Rencontre avec Romain Guerret autour de son projet solo Donald Pierre dont voici 3 titres live enregistrés au bar Le Planète Mars
"Free the prisoners" de Andrew Sweeny
"The sound like a tank even if they are a duo" de Archi Deep
"Liszt : Athanor" de Beatrice Berrut
"Lost and found" de En attendant Ana
"Les larmes d'or" de Frédéric Bobin
"Le courage des innoncents" de Olivier Savaresse
et toujours :
"Lion in bed" de Lion In Bed
"Take me away" de Andréane Le May
"JS Bach Inventions & Sinfonias" de Julien Lheuillier
"Lost memory theatre" de Jun Miyake
"Advertisement EP" de MNNQNS
"All inclusive" de Shaggy Dogs
"Bernstein : Mass" de Yannick Nézet Séguin & le Philadelphia Orchestra
"Ain't that mayhem ?" de Zëro

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Les Limbes" au Théâtre du Rond-Point
"4.48 Psychosis" au Théâtre-Studio d'Alfortville
"Strange Love" au Cirque Electrique
"17 fois Maximilien" au Studio Hébertot
"ABC D'airs" au Théâtre Le Lucernaire
"Les Soulmates" au Théâtre du Marais
"Le Cirque Alfonse - Tabarnak" à Bobino
"Scud" au Théâtre Clavel
"Cabaret chinois et autres farces" au Théâtre Clavel
les reprises avec :
"Les Patissières" au Théâtre Trévise
"King KongThéorie" à La Pépinière Théâtre
"Les Petites Reines" au Théâtre La Bruyère
"Eric Boschman - Ni Dieu, ni Maître mais du Rouge !" à la Scène Thélème
"Légendes d'une vie" au Théâtre Le Lucernaire
"Warren Zavatta - Ce soir dans votre ville" au Théâtre Michel
et les chroniques des autres spectacles de mai

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête" de Ilan Klipper
"Bienvenue en Sicile" de PIF
et les chroniques des autres sorties de mai

Lecture avec :

"La symphonie du hasard, livre 3" de Douglas Kennedy
"Les diables de cardona" de Matthew Carr
"Les invisibles" de Antoine Albertini
"Transit" de Rachel Cusk
et toujours :
"L'écrivain public" de Dan Fesperman
"Le chien de Shrodinger" de Martin Dumont
"Les saltimbanques ordinaires" de Eimear McBride
"Passage des ombres" de Arnaldur Indrioason
"Prison house" de John King

Froggeek's Delight :

"A way out" sur PS4, Xbox One et Windows
"Rétro lazer" Tome 1, magazine trimestriel
Le Google Home, enceinte intelligente

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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