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Théâtre de l'Epée de Bois  (Paris)  janvier 2017

Drame de Maurice Maeterlinck, mise en scène Alain Batis, avec Tom Boyaval, Alain Carnat, Laurent Desponds, Théo Kerfridin, Pauline Masse, Emile Salvador, Jeanne Vitez, Saskia Salembier, et Elsa Tirel.

Depuis le spectacle "Neige", la Compagnie de la Mandarine blanche fondée et dirigée par Alain Batis s'est engagée sur la voie de l'approche poétique des oeuvres en convoquant tous les arts sur scène pour la création d'un spectacle "polysensoriel".

Cette approche convient particulièrement à "Pelléas et Mélisande", opus de l'écrivain, poète et dramaturge belge francophone et figure majeure du mouvement symboliste, Maurice Maeterlinck dont Alain Batis présente une magistrale proposition immersive qui sidère autant qu'elle transporte le spectateur avisé.

Avisé car, sauf pour quelques esprits heureusement dotés d'une intuition eidétique, une observation liminaire s'impose pour la compréhension et l'appréciation de l'oeuvre de Maeterlinck qui se situe, tant par son univers que par sa facture, aux antipodes du théâtre entendu dans son sens conventionnel et nécessite une révision préalable de l'Histoire de l'Art.

En effet, écartant les dogmes du réalisme et de l'incarnation au profit d'une esthétique sensible, le théâtre symboliste repose sur une conception spirituelle du monde et vise à en saisir sa réalité cachée par le décryptage de symboles.

En l'espèce, "Pelléas et Mélisande", qualifié par son auteur de "variation supérieure sur l’admirable mélodrame", décline, sous forme d'un poème dialogué, l'argument classique et intemporel de l'amour interdit, qui innerve nombre de mythes et légendes dont celle de Tristan et Yseult, en l'occurrence entre Mélisande, jeune fille mystérieuse sans passé et Pelléas, le demi-frère du prince du sombre royaume d’Allemonde dont elle est devenue l'épouse, utilisé comme substrat métaphorique pour aborder l'emprise du destin sur des personnages qui, par ailleurs, ne sont que les véhicules sensibles d'une idée ou d'un principe vital.

Par ailleurs, dans ce répertoire qui ressort au "théâtre immobile" brassant les thèmes, entre autres, du mystère des origines, de l'être subtil, du destin, de la mort et de la clairvoyance permettant l'accès à un état supérieur de la conscience par le franchissement de la seconde enceinte", la langue utilisée peut décontenancer par l'utilisation de mots ordinaires pris non dans leur acceptation courante pour nommer ou décrire mais comme symboles pour exprimer des impressions.

De plus, au plan stylistique, l'auteur emploie des figures de construction, dont la répétition lexicale, tel un bégaiement sur un mot, une phrase voire une interjection, qui déconcerte l'oreille contemporaine.

Cela étant, Alain Batis a réalisé un travail colossal d'exégèse, avec la collaboration de Sabine Quiriconiet pour la dramaturgie, et de fédération des talents de sa troupe pour dispenser d'une beauté formelle et d'un impact poétique exceptionnels grâce à la scénographie de Sandrine Lamblin,

Appuyée par les lumières crépusculaires de Jean-Louis Martineau et soutenue par la création originale pour piano, violon et chant de Cyriaque Bellot interprétée par Elsa Tirel et Saskia Salembier, elle instille l'atmosphère du merveilleux épuré d'un espace-temps d'une quatrième dimension à l'irréalité séraphique dans laquelle se déplacent des figures médiévales quasi-fantomatiques comme des résurgences mnésiques d'un rêve venu du fond des âges.

Alain Batis a réussi son projet de "spectacle théâtral, musical et poétique pour sept comédiens, deux musiciennes et des marionnettes", conçues par Pascale Blaison qui complète le coryphée des servantes.

Des comédiens - Tom Boyaval, Alain Carnat, Laurent Desponds, Théo Kerfridin, Emile Salvador et Jeanne Vitez - remarquables dans leur maîtrise d'une prosodie anti-naturelle avec une mention spéciale pour Pauline Masse, lumineuse et palpitante Mélisande, à la présence irradiante.

 

MM         
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Du côté de la musique :

"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa
et toujours :
"As found" de Fugu
"Désordres" de Austyn
"Anda Lutz" de Cie Guillaume Lopez
"A l'instinct A l'instant" de Daniel Jea
"Cérébro dancing" de Epilexique
"Cobra" de François Club
"Coquette" de Hailey Tuck
"Springtime with no harm" épisode 18 des mixes de Listen In Bed
"Fanfare XP, volume 2" de Magic Malik
"Avec son frère" de Volo
"Safeplace" de Yadam

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Démons" par Lorraine de Sagazan
"Misery" de William Goldman
"L'obéissance de la femme du berger "de Sergio Martínez Vila
"Migraaaants" de Matéi Visniec
"Le Remplaçant" d'Agnès Desarthe
"Portrait d'Amakoé de Souza - Salade Tomate Oignon" de et par Jean-Christophe Folly

"La Chose Commune" de David Lescot et Emmanuel Bex
de la comédie de boulevard :
"Hier est un autre jour "de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
"Madame Doubtfire" de Jaja Fiastri
"Le Clan des divorcées" de Alil Vardar
"A gauche en sortant de l'ascenseur" de Gérard Lauzier
du côté des humoristes :
"Mimie Mathy - J'adore papoter avec vous"
"Denis Maréchal - J'dis franchement"
dans le répertoire classique :
"Le Jeu de l'amour et du hasard" par Catherine Hiegel
"Roméo et Juliette" par Eric Ruf
Shakeaspeare :
à l'anglaise au Globe Teater : "Macbeth"
et en comédie musicale "Roméo et Juliette, de la haine à l'amour" de Gérard Presgurvic
et de l'Opéra revisité :
"La Traviata" de Verdi par Simon Stone
"Cendrillon" de Jules Massenet par David Hermann

Expositions :

en "real life" avec la réouverture progressive des musées :
"Pompéi" au Grand Palais
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières
"La Force du dessin - Chefs-d'oeuvre de la Collection Prat" au Petit Palais
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"Le dessin sans réserve. Collections du Musée des Arts Décoratifs" au Musée des Arts Décoratifs
et en passant par la Lorraine, découvrir la Villa Majorelle œuvre de style Art nouveau.

Cinéma at home avec :

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