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Björn Tagemose  (Elysée Montmartre, Paris)  vendredi 10 février 2017

Gutterdämmerung, c’est l'ovni rock qui a fait parler de lui ces derniers mois. Il s'agit d'une idée folle née dans l'esprit malsain du photographe et réalisateur Björn Tagemose. Il a voulu créer une oeuvre bâtarde à mi-chemin entre concert rock, et cinéma... Une expérience immersive dans un configuration de concert classique mixé avec du théâtre et un film. On rajoute à l'ensemble, des apparitions à l'écran de quelques uns des plus grands rockeurs de la planète : Iggy Pop, Grace Jones, Lemmy, Slash, Mark Lanegan, Henry Rollins, Josh Homme ou encore Tom Araya... Le délire rock foutraque absolue. C'est donc avec une excitation non dissimulée que je me suis rendu à l’Elysée Montmartre, le vendredi 10 février.

En entrant, je suis un peu surpris par le peu de monde dans la salle. Il faut dire que le prix des billets est un peu prohibitif (50 euros) pour un spectacle un peu expérimental où le public ne sait pas vraiment à quoi s'attendre. Une première partie était annoncée mais n'a pas eu lieu et le concert a commencé avec un peu de retard. Ce qui a permis aux retardataires d'arriver et de remplir la salle aux trois-cinquièmes.

Ancré dans la tradition du cinéma muet, le film est en noir et blanc et n'a que peu de dialogues. Mais au lieu d’un accompagnement au piano, un groupe rock live accompagne le film sur la scène, mais derrière l’écran. Des effets de lumières et des jeux de transparences les font apparaître de temps en temps en ombres chinoises. Parfois, les musiciens ou des comédiens passent devant l'écran pour accentuer un effet dramatique. Ce mélange de médium et de différentes dimensions marchent plutôt bien. Des comédiens peuvent venir sur scène habillés comme ceux qui sont à l'écran. Des explosions de fumée et de lumières dans la salle vont parfaitement se caler à des images d'explosions dans le film. Les musiciens en ombres chinoises flottantes et dansantes se mélangeant aux images du film rajoutent du sens et de l'émotion.

Bref, l'expérience multimédia est plutôt une réussite. Les images en noir et blanc sont très travaillées avec des contrastes vraiment beaux. Comme le teaser le laissait voir, la partie filmée est vraiment belle même si un ou deux plans en image de synthèse étaient un peu de trop. La grosse majorité du film est vraiment canon.

Pour la partie musicale, le groupe ne joue que des reprises d'une sélection de classiques du rock et du metal, allant de Black Sabbath, Rammstein, Nirvana ou Screamin' Jay Hawkins. Le groupe est plutôt bon. C'est très carré avec une mention spéciale au chanteur vraiment très polyvalent qui arrive à rester efficace et fidèle aux chansons originales, dans des styles de chants très variés. Un autre chanteur (qui n'intervient qu'à la fin) et deux chanteuses dont une lyrique participent aussi au spectacle.

Bref, l'image, le son et le côté expérimental marchent bien ensemble. En ce qui concerne la partie histoire, c'est un peu plus étrange. L'humanité vit tranquille pépouze, car dieu (un nuage qui s'exprime en chantant en allemand avec une voix de femme) a confisqué le Graal du péché, à savoir la guitare du diable. Mais comme la vie sur terre sans sexe ni rock n'roll c'est chiant, un ange vicelard (Iggy Pop) décide d'y renvoyer la guitare. Une lutte s'engage alors entre les forces du "bien" et une armée de rockers épris de liberté.

Le pitch est plutôt simpliste, mais c'est sans compter sur le côté métaphorique et expérimental qui rend l'ensemble étrange et fun. Un grand n'importe quoi chelou et jouissif.

Certaines stars annoncées dans le teaser ne sont pas présentes à l'image plus de 2 secondes. Mais c'est tout de même assez drôle quand toute la salle réagit à l'apparition d'un Tom Araya de Slayer ou d'un Lemmy en général d'une armée de tank. Le public composé d'une bonne majorité de mecs entre 30 et 50 ans est plutôt calme (ça ne pogote pas), mais réagit et hurle aux passages un peu "rebel cul-cul" (moi le premier). Et c'est dans ces moments-là où j'ai compris que le film était une ôde à la liberté, au rock et à l'adolescence éternelle.

Le film n'est pas parfait, mais c'est comme le rock n'roll. C'est fait pour s'amuser et dans ce cas précis, la mission est remplie. Alors oui, il y a un petit côté fan-service pour les amateurs de gros sons. Mais finalement, si on ne peut pas s'amuser en regardant Josh Homme dézinguer des mecs avec un bazooka, quand peut-on vraiment s'amuser ?

Gros point noir, la promo laissait entendre que Volbeat, Nina Hagen et Justice seraient présents pour la date parisienne. Cela aurait vraiment été un plus de folie, même en imaginant qu'ils n'allaient jouer qu'un seul titre chacun.

Je pense que beaucoup de personnes ont pris des places aussi pour ça. Et la présence de stars, même pour un seul titre, permettait de justifier le prix du billet d'entrée. Mais Volbeat, Justice et Nina Hagen n’étaient uniquement présents que dans le film et pas du tout sur scène ou dans la salle. Dommage... surtout qu'Henry Rollins (qui a co-écrit le film) était présent sur scène quand le spectacle a eu lieu au HellFest l'année dernière.

Une expérience intéressante pour tout fan de gros rock. Un concept novateur parfois trop expérimental mais carrément canon. J'ai apprécié, mais j'avais une invitation. Je ne sais pas si j'aurais autant aimé si j'avais payé ma place 50 euros...

Setlist :
"Hey Man, Nice Shot" (Filter)
"War Pigs" (Black Sabbath)
"Black Sabbath" (Black Sabbath)
"Motor City Madhouse" (Ted Nugent)
"Ace of Spades" (Motörhead)
"Rammstein" (Rammstein)
"White Rabbit" (Jefferson Airplane)
"Sad Man's Tongue" (Volbeat)
"My Own Summer (Shove It)" (Deftones)
"Battery" (Metallica)
"Raining Blood" (Slayer)
"Run, Pig, Run" (Queens Of The Stone Age)
"Dazed and Confused" (Jake Holmes)
"I Put a Spell on You" (Screamin’ Jay Hawkins)
"The End" (The Doors)
"Carmina Burana" (Carmina Burana)
"Ace of Spades" (Motörhead)
"Territorial Pissings" (Nirvana)

 

En savoir plus :
Le site officiel de Gutterdämmerung
Le Facebook de Gutterdämmerung


Didier Richard         
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Du côté de la musique :

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"Django - BoF" de Warren Ellis et Stochelo Rosenberg
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"Baal" au Théâtre de la Colline
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"La Chose commune" à l'Espace Cardin
"C'est toujours un peu dangereux de s'attacher à qui que ce soit" à La Loge
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des reprises :
"Ubu" à la MAC à Créteil
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