Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Vertiges
Manufacture des Oeillets  (Iry)  février 2017

Comédie dramatique écrite et mise en scène par Nasser Djemaï, avec Fatima Aibout, Clémence Azincourt, Zakariya Gouram, Martine Harmel, Lounès Tazaïrt et Issam Rachyq-Ahrad.

Avec "Vertiges", Nasser Djemaï oeuvre dans le registre du drame familial en procédant à une immersion dans une famille en déroute, qu'il qualifie de "famille orpheline de sa propre histoire", pour aborder la thématique des origines, du sentiment d'appartenance, du déracinement à l'âge adulte, de la construction identitaire et de l'intégration des immigrés de la deuxième génération.

Des questions qui taraudent les parents, des parents nés dans la ruralité pauvre d'un pays du Maghreb et venus en France dans le cadre de l'émigration économique massive des années 1970, pays où ils sont restés, de surcroît figés dans cette époque à l'instar de leur appartement dans une cité péri-urbaine de logements sociaux au mobilier impersonnel dans lequel seul un oeil aigu peut découvrir de discrets hadiths.

Après quatre décennies, ils sont quasiment devenus des étrangers dans leur pays d'origine qui a évolué sans eux, la mère ne veut pas y retourner et le père gardant l'illusion d'y finir ses jours, et demeurent des étrangers dans le pays d'émigration à défaut d'intégration.

L'incommunicabilité aidant, ils n'ont pu accompagner leurs enfants dans leur construction identitaire.

Dans cet opus, Nasser Djemaï décline l'assertion du poète palestinien Mahmoud Darwich relative à l'identité qui n'est pas un héritage mais une création, dont l'échec associé à une crise des valeurs et des croyances fait la part belle au racisme, au repli communautaire et à l'intégrisme qu'il évoque de manière subtile.

Si l'aîné a eu la capacité et la volonté de prendre le chemin de l'intégration, voire de l'assimilation, par la réussite scolaire et professionnelle et un mariage mixte, pour devenir ce qu'il ambitionnait d'être en accédant à la promotion sociale, ses cadets ne semblent pas pouvoir se projeter dans un avenir constructif et, par crainte ou attentisme, sont restés dans le giron parental, la fille avec un comportement adulescent et le deuxième fils se complaisant dans une situation de chômage.

La maladie grave du père retraité et le retour du fils "prodigue", en crise conjugale et en quête de réconfort, qui veut tout régenter, vont cristalliser les tensions et provoquer des convulsions peut-être salutaires.

Placée sous le signe de l'eau, celle de la Méditerranée qui sépare deux continents avec la projection d'images de vagues houleuses, et celle des seaux d'eau, l'eau du rituel musulman de la toilette funéraire, que porte une vieille femme déambulant en chemise de nuit et pantoufles, figure de la mort qui rode, la partition oscille entre le réalisme, voire le naturalisme, et la distanciation de la fable moderne avec des inserts oniriques pour dessiner, de manière impressionniste, par des scènes courtes, les états d'âme et l'univers mental des protagonistes.

Nasser Djemaï assure également la mise en scène et dirige efficacement les comédiens pour porter la parole dans un entre-deux stylistique remarquablement maîtrisé. Martine Harmel campe la voisine fantomatique, Zakariya Gouram (le fils aîné), Issam Rachyq-Ahrad et Clémence Azincourt campent parfaitement la fratrie déchirée.

Mention spéciale au couple parental formé par Lounès Tazaïrt et Fatima Aibout et leur incarnation éloquente et sensible du père fier et douloureux et de la mère dévouée à sa "couvée".

 

MM         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 29 mars 2020 : On continue à s'égayer le cerveau

On attaque la troisième semaine de confinement. On ne va pas baisser les bras, et nous vous proposons encore un joli contenu histoire de s'oxygéner le cerveau comme on peut. C'est parti.

Du côté de la musique :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
"Onkalo" de Julie Campiche Quartet
"Single carry me home" de Kokoroko
"The pain, the blood and the sword" de Lion's Law
"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec la captation de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
"Peau de vache"
avec Sophie Desmarets
et "La Puce à l'oreille" avec Louis de Funès
une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquillité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
"Une île sur la Volga" de Iwan Lépingle

Froggeek's Delight :

"Shadow, le cloud computing", retour d'expérience de l'utisation d'un PC dans les nuages
Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=