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Interview  (Paris)  10 juin 2005

Il y a une dizaine de mois de cela, David Grubbs sortait A Guess At The Riddle, qui suivait de peu l'excellent  Rickets And Scurvy. Ces deux albums publiés chez Fat Cat dévoilent le côté le plus abordable de Grubbs, aussi à l'aise avec les longues improvisations que le format chanson.

C'est que le bonhomme commence à avoir de la bouteille. Il a posé au tout début des années 90 avec Bastro, groupe contemporain de Codeine ou encore Slint, les pierres fondatrices de ce que l'on appelera plus tard le Post-Rock. Il officiera un temps avec le génial Jim O'Rourke dans Gastr Del Sol, un groupe mariant sans complexe avant-garde pointue et pop, responsables de disques pour auditeurs patients, mais qui restera parmi les plus intéressants de ces dix dernières années (jetez une oreille sur le formidable Camoufleur).

Malheureusement, les deux hommes se sont brouillés de manière irrévocable et l'aventure Gastr Del Sol a pris fin. Depuis, David Grubbs partage son temps entre son métier de professeur à l'université et sa passion pour la musique. Il publie fréquemment ses oeuvres solos mais entretient également des liens étroits avec un bon nombre de musiciens réputés plus avant-gardistes (Noel Akchoté, Mats Gustafson, Loren Connors…), avec qui il enregistre parfois.

Ce concert parisien permet de faire le point sur divers choses : son influence dans le panorama musical américain, ses projets mais aussi de revenir sur la raison de cette tournée quelque peu tardive…

La dernière fois que l'on a eu de tes nouvelles, c'était pour ton album A Guess At The Riddle. Tu étais venu à Paris il y a un an pour une performance à la fondation Cartier. Qu 'as-tu fais depuis ?

David Grubbs : Comme tu le précises, mon disque le plus récent est A Guess At The Riddle, qui est sorti il y a environ un an sur le label Fat Cat, mais j'ai aussi sorti des disques sur de labels plus confidentiels, comme ce duo avec un violoncelliste, sur un label japonais qui s'appelle Headz, et puis je suis dans un nouveau groupe (les Windale Community Singers) avec Rick Moody, un romancier et Anna Marcus, qui est chanteuse, et nous sortons bientôt un disque sur un label anglais (Agenda). D'ailleurs, je jouerai quelques chansons de ce disque ce soir.

Donc ce soir, tu es là pour jouer des morceaux de tes projets parallèles, et non pour jouer des morceaux de tes albums solos ?

David Grubbs : Pas vraiment, en fait, je suis ici avec un an de retard. Je devais jouer en France en septembre, mais entre temps, je suis devenu papa. J'étais sur le point de partir en tournée mais il y a eu quelques complications médicales ; cela s'est bien terminé, mais le bébé est né deux mois avant son terme. Donc il s'agit de la tournée de A Guess At The Riddle, mais avec neuf mois de retard.

Justement, ça ne fait pas bizarre de faire la tournée neuf mois après ?

David Grubbs : Non, c'est plutôt bien, j'ai changé pas mal de couches depuis (sourire), donc ça fait du bien de partir en tournée, histoire de faire un break.

Je vois un piano sur la scène, on peut donc s'attendre à une prestation intimiste ce soir ?

David Grubbs : Oui, je vais jouer principalement de la guitare acoustique, et je serai accompagné d'un violoncelliste, et je me mettrai au piano pour un morceau plus long à la fin du set. Mais je vais jouer quelques morceaux de A Guess At The Riddle ainsi que de Rickets And Scurvy. Je vais aussi jouer des extraits de morceaux de la musique que j'ai composée pour le film de Thierry Jousse, qui s'appelle Les Invisibles, et qui sortira plus tard ce mois-ci en France. J'ai également joué avec Matmos pour ce film.

Tes disques sur Fat Cat sont principalement des recueils de chansons basées sur un format pop, plus accessibles. Tu as joué dans Gastr Del Sol, qui mélangeait habilement sensibilités pop et digressions avant-gardistes. Comment fais-tu pour réconcilier les deux ? Pourquoi ces deux facettes ?

David Grubbs : Je ne fais pas l'avant-garde pour l'avant-garde. La manière dont je vois les choses est la suivante : je voudrais écrire une pièce musicale plus longue, à partir de quelque chose qui pourrait, dans l'absolu, être un morceau de trois minutes ; puis cela devient une pièce avec un solo de guitare ou de piano d'une quinzaine de minutes. Il ne s'agit pas de jouer des genres de musique différents, mais d'appréhender la musique de manière différente.

Par exemple, dans la musique avant-gardiste, la relation au temps est différente. Donc au lieu de travailler sur un format chanson de trois minutes, tu peux t'éterniser sur une note ou un accord pendant dix minutes, si tu en as envie. Il s'agit juste de jouer et d'apprécier différents types de perception musicale. J'aime expérimenter. Mais je ne fais pas de musique expérimentale (au sens péjoratif du terme.)

Tu es toujours dans l'enseignement ?

David Grubbs : J'ai enseigné pendant deux ans à Chicago. Je n'ai pas enseigné depuis mon arrivée à New York (David Grubbs y habite depuis six ans, NDR.) A la rentrée prochaine, je reprends mon boulot de professeur, dans un nouveau département nommé "Arts radio et son", donc voilà, c'est mon nouveau travail…

Tu habites à New York, tu pourrais collaborer avec des gens comme Thurston Moore ou Sonic Youth ?

David Grubbs : Je te dirais qu'il y a peu de chances que cela arrive. J'ai travaillé avec Jim'O Rourke dans le passé, et en fait, on ne s'est pas adressé la parole depuis cinq ou six ans. Nous ne nous sommes pas séparés en très bons termes… Je n'ai rien de mal contre Jim à présent mais tant qu'il fait partie de Sonic Youth, peu de chance que je collabore avec eux, sauf si ils le virent, là je pourrais intégrer Sonic Youth (rires.)

C'est un peu dommage, votre association au sein de Gastr Del Sol a donné des albums très réussis, je pense à Camoufleur…

David Grubbs : Certes, mais parfois les choses personnelles prennent le pas sur les préoccupations d'ordre plus artistiques.

Pour revenir à Camoufleur, c'était un peu l'âge d'or du post-rock, avec toute cette scène de Chicago. Tu étais proche de cette scène ?

David Grubbs : J'ai habité une dizaine d'année à Chicago, je suis parti en 1999. Je connaissais John Mc Entire( batteur de Tortoise, Sea And Cake, producteur très prisé) et Bundy K Brown, avec qui j'ai joué dans Bastro. C'est les premières personnes que j'ai rencontrées. On habitait tous dans le même quartier. C'est bizarre, parce que maintenant, un bon nombre de personnes appartenant à cette scène ont déménagé ailleurs.

On me demande ce qu'il se passe maintenant à Chicago. Je suis sûr qu'il y a beaucoup de choses qui se font, mais ce sont probablement des gens différents de ceux avec qui je jouais à l'époque. Certains sont devenus si célèbres qu'ils sont en tournée six mois de l'année. C'est le cas de John Mc Entire. Avant si je voulais jouer avec John, je lui passais un coup de fil et on faisait ça le lendemain. Maintenant, il faut prévoir trois mois à l'avance (rires.) Tout cela s'est très professionnalisé.

Si je voulais me laisser aller à un peu de nostalgie, je dirais qu'il y a dix ans, personne ne tournait, tout le monde traînait sur Chicago. On allait boire des coups, on allait voir des concerts ensemble. Maintenant, quand Tortoise sort un disque, ils partent en tournée pour cinq mois…

Je voudrais revenir sur un de tes premiers groupes, Bastro. On parle souvent de l'indiscutable influence d'un disque comme Spiderland, de Slint. On parle peu de Bastro, qui est probablement aussi important, avec des groupes comme Rodan, Codeine. Cela ne t'agace pas un peu que Bastro ne soit pas plus souvent cité ?

David Grubbs : Bastro a peut être été aussi influent que Slint, mais la musique de Slint était bien meilleure (éclat de rire.) L'année dernière, j'ai eu l'occasion de revoir Slint, lors de leur reformation, et j'ai pensé que leur musique était vraiment fantastique. Je repensais au fait qu'ils faisaient cette musique lorsqu'ils avaient 17 ou 18 ans. Je n'en reviens toujours pas. Ils étaient si jeunes et pourtant composaient ces morceaux si originaux. Donc je suis d'accord quand tu parles de l'influence de Bastro, mais je préfère largement écouter un disque de Slint (énième éclat de rire.)

Quels sont tes projets ? Tu comptes sortir un disque chez Fat Cat Bientôt ?

David Grubbs : Non, je n'ai encore rien écrit. Je voulais sortir un disque avant la fin de l'été, mais cela me semble réellement compromis… Je ne sais pas de quoi je parlerai dans ce prochain disque. A Guess At The Riddle traitait de la frustration d'habiter aux Etats-Unis au moment de la guerre en Irak. Je suis d'ailleurs toujours autant remonté contre ça…

Tu n'as jamais songé à venir habiter en Europe ?

David Grubbs : J'y ai pensé, mais bon… Et puis New York ne ressemble pas vraiment au reste des Etats-Unis.

Et après ce concert parisien, quel est le programme ?

David Grubbs : C'est une tournée "éclair" Nous allons à Brighton et Londres, et ensuite je rentre à New York. Je reviens cet été pour un festival en Irlande… je ramène la petite famille avec moi…

 

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Julien P.         
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# 20 octobre 2019 : De tout, pour Tous

Encore un programme bien chargé et très éclectique au travers de notre sélection culturelle hebdomadaire. Beaucoup à lire, à voir, à écouter... alors ne perdons pas de temps. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Engine of paradise" de Adam Green
"Phantom solids" de Lunt
"Fear of an acoustic planet" de Tahiti 80
"A wonder plante to" de Nilok 4tet & Daniel Zimmermann
"Six strings under" de Eric Legnini
Sarah McCoy et Dom La Nena au Nancy Jazz Pulsation
"Nothin' but" de Flyin' Saucers Gumbo Special
"Comfort zone" de Hugo Lippi
"Hors l'amour" de Jean Felzine
"A ciel ouvert" de Kaori
Rencontre avec Lady Arlette, accompagnée d'une session live et acoustique
"Vinyles, suite" c'est le titre de l'émission #3 de Listen in Bed
"Déluge" c'est le troisième volume des Mix de Listen in Bed
"Hybrid" de Yosta
et toujours :
"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Orouni en session live dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Cirque Leroux - La Nuit du Cerf" au Théâtre Libre
"Un jardin de silence" à La Scala
"Frida jambe de bois" au Théâtre de l'Union à Limoges
"Fleur de peau" au Théâtre Essaion
"Habiter le temps" au Lavoir Moderne Parisien
"Wilde - Chopin" au Théâtre Le Ranelagh
"En ce temps là l'amour..." au Théâtre des Mathurins
"Imposture posthume" au Centre Culturel Suisse
"Fred Tousch - Fée" au Théâtre de Belleville
"Corinne Zarzavatdjian - Un nom à coucher dehors !" au Mélo d'Amélie
des reprises :
"L'Ingénu" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Crépuscule" au Théâtre de l'Epée de Bois
"J'aime Brassens" au Théâtre d'Edgar
et la chronique des spectacles déjà à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Vampires - De Dracula à Buffy" à la Cinémathèque française

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"Cléopâtre" de Alberto Angela
"Histoire du Canada" de Daniel de Montplaisir
"Je te suivrai en Sibérie" de Irène Frain
"La source de l'amour propre" de Toni Morrison
"Ordinary people" de Diana Evans
"Vik" de Ragnar Jonasson
et toujours :
"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Guerilla, le temps des barbares" de Laurent Obertone
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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