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Plates coutures  (La Ouache Production / L’Autre Distribution)  mars 2017

Que peut-on attendre du retour inattendu de Matmatah en ce début de mois de mars ? Retour en arrière, bien en arrière même, 1998, un groupe brestois sort son premier album La ouache ; le phénomène Matmatah vient de naître pour s’exporter rapidement en dehors des frontières de la Bretagne. La France remporte la coupe du monde et les 4 bretons s’affirment alors comme une place forte du rock français. Les disques partent comme des petits pains et les tournées font le plein. "Lambé an dro", la sublime "Emma", "Derrière ton dos" et "L’apologie" deviennent des hymnes bretons.

En 2016, le groupe décide de se reformer, pensant avoir de nouveaux des choses à dire, pensant qu’il est à nouveau temps d’écrire. Ils annoncent leur retour sur scène en septembre 2016, les places de concerts s’arrachent sans qu’ils aient annoncer un nouvel album. L’attente était présente du côté du public, l’album s’imposait. Place au studio, au mixage puis vint Plates coutures. Le résultat ? Ben on en parle de suite.

Comme ils le disent dans beaucoup d’interview, "Matmatah répond aux maux par les mots". Nous y sommes, premier titre de l’album, répond parfaitement à cette devise. Sur un texte à la fois cynique et désespéré, Matmatah salue son retour en soulignant en même temps l’état de notre monde, parlant même de fin de civilisation. C’est rock, on reconnaît bien Matmatah, on repart 25 ans en arrière. Matmatah est de retour, on reconnaît bien la voix du chanteur, sa rage aussi est intacte !

Les guitares sont toujours aussi présentes, les thèmes de prédilection n’ont pas changé, avec l’amour et le politique et ça respire toujours terriblement la Bretagne. Avec "Petite frappe", les djihadistes en prennent plein leur grade : "comme si occire les vivants n’était pas suffisant, il y avait bien mieux encore, assassiner les morts. Comme on crache sur les murs, tu ne casses que des cailloux, misérables voyous, sans aucune envergure. Comme on crache à la figure de tout ce qui fut beau, mais ça manque à ta culture, ta cervelle de moineau. Quand les fous de dieu se donnent autant de cœur à l’outrage, pulvériser les pierres, bousiller nos mémoires, les réduire en poussière, effacer notre histoire".

Avec "Marée haute", Matmatah n’a pas non plus envie de faire dans la dentelle. Sans cibler personne, Matmatah, en pleine période électorale, frappe juste en les ciblant tous : ceux qui "bouffent à tous les râteliers", la "fiscalité frauduleuse",  des "comptes en suisse en contentieux", des  "partouzeurs de la finance", la "république des copains"… Clip surréaliste et abstrait pour accompagner les textes, génial.

Les influences bretonnes, les sons des premiers albums, ceux qui font ce qu’est et restera Matmatah, arrivent avec le punk rock "Retour à la normale". "On ne se refait pas" disent-ils, "ce n’est pas aujourd’hui qu’on se refera". Tout est résumé dans cette chanson, leur retour, leurs envies, ça sent la poudre, à cent à l’heure. Pour eux, "c’est juste un retour à la normale".

L’amour a aussi toute sa place dans ce retour de Matmatah avec "Lésine pas", "Entre les lignes" et la superbe "O ma beauté". Pour Matmatah, "quand on aime on ne compte pas, on ne lésine pas sur l’amour comme ca, on en a pas fait le tour". "Entre les lignes", titre au spleen communicatif s’appuie sur une charmante mélodie quand "O ma beauté" voit glisser des guitares délicieusement rétro pour servir une histoire "d’auto-amour" qui n’oublie pas de dénoncer la tendance égocentrée de notre époque.

L’album se termine avec le superbe "Peshmerga", qui répond à "Petite frappe", en rendant hommage aux femmes qui combattent l’Etat islamique, avec pour refrain "ils ne l’emporteront pas". Pour eux, c’est une évidence, des femmes comme les Peshmerga  sont finalement plus admirables que nos congénères politiques. Et ils ont bien raison…

Avec Plates coutures, Matmatah met donc fin à une trop longue absence, comme s'ils n’avaient encore pas tout dit, comme si aussi, ils n’étaient jamais partis. Autour de textes toujours aussi pertinents, portés sur des musiques efficaces, Matmatah nous livre un bel album qui prendra toute sa dimension sur scène aux côtés des anciennes chansons indémodables.

Avec Matmatah, la lumière peut toujours jaillir de ces ténèbres où l’humanité ne se lasse jamais d’être en guerre contre elle-même. Pour eux, tout n’est peut-être pas perdu. On peut battre ou être battu à Plates coutures mais on ne tombe pas sans résister. Et on peut toujours se relever aussi.

Ce nouvel album en est la parfaite illustration.

Vive la Bretagne, terre de culture, terre de contestation, terre de musique. Encore et toujours.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Matmatah
Le Facebook de Matmatah


Jean-Louis Zuccolini         
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# 18 février 2018 : Un sommaire foisonnant !

Plus de 40 articles cette semaine. Une belle actualité pour vous donner envie de découvrir, de sortir, de lire, voir et d'écouter de la musique ! C'est parti :

Du côté de la musique :

"La nuit est encore jeune" de Catastrophe
Interview du duo She Owl autour de leur EP "Drifters", à découvrir en live dans cette session de 3 titres, Interview en italien à lire ici
"Claude Debussy" de Daniel Barenboim
"Always ascending" de Franz Ferdinand
"The world is in your hands EP" de Levitation Free
"La vie sauvage" de Lisza
"Full House - The very best of Madness" de Madness
"Hérotique" de Novice
"Up and down" de Redstones
"Castle spell" de Sunflowers
"L'estère" de Williams Brutus
"EP #1" de You, Vicious !
"Femme debout" de Zoé Simpson
et toujours :
"Magnus effect" de Cadillac Palace, "Iris Extatis" de Daphné, "Franz Schubert : La truite - Fantaisie en ut majeur" de Guillaume Chilemme & Nathanael Gouin, Joseph Edgar de passage à la Bellevilloise, "Between the earth and sky" de Lankum, "Reminiscenza" de Ludmila Berlinskaya, "Picaflor" de Mon Côté Punk, "Old and new songs" de Old And New Songs, "Face B 1965 / 1981" de Pierre Vassiliu, "Vox low" de Vox Low

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"1 heure 23'14" et 7 centièmes'" au Théâtre du Rond-Point
"L'Abattage rituel de Gorge Mastromas" au Studio Hébertot
"Le Collectionneur" à la Manufacture des Abbesses
"Jaguar" au Théâtre de la Bastille
"Miracle en Alabama" au Théâtre La Bruyère
"Avec le paradis au bout" au Ciné XIII Théâtre
"Compartiment fumeuses" au Studio Hébertot
"Le Monde dans un instant" au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis
"Hugo, l'interview" au Théâtre Essaion
"Sang négrier" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Choisir de vivre" au Studio Hébertot
"Jamais plus" au Studio Hébertot
"Lettres à Nour" au Théâtre Antoine
"Dom Sganarelle" au Théâtre Le Ranelagh
"Les Petites Femmes de chambre" au Théâtre La Croisée des Chemins
"L'Emmerdante" au Théâtre Essaion
"Ma Cantate à Barbara" au Théâtre des Nouveautés
des reprises à ne pas rater :
"Une Chambre en Inde" au Théâtre du Soleil
"Un coeur Moulinex" au Théâtre de l'Opprimé
"Emma Mort, même pas peur" à Bobino
"Les Tribulations linguistiques d'un Japonais découvrant la France" au Théâtre de Nesle
"Ah le Japon ! Les Tribulations d'un Japonais rentrant dan son pays" au Théâtre de Nesle
et les chroniques des autres spectacles de février

Exposition avec :

"Les Hollandais à Paris - 1789-1914" au Petit Palais

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"Cas de conscience" de Vahid Jalilvand
et les chroniques des autres sorties de février

Lecture avec :

"Ne préfère pas le sang à l'eau"de Céline Lapertot
"Une ville à coeur ouvert" de Zanna Sloniowska
"Tuff" de Paul Beatty
"Trio pour un monde égaré" de Marie Redonnet
"Morales provisoires" de Raphaël Enthoven
"L'aventuriste" de J. Bradford Hipps
"L'affaire Grégory ou la malédiction de la Vologne" de Gérard Welzer
"Généraux, gangsters et jihadistes" de Jean Pierre Filiu
"Emma dans la nuit" de Wendy Walker
"Des jours d'une stupéfiante clarté" de Aharon Appelfeld
et toujours :
"Entrez dans la danse" de Jean Teulé

"Eparse" de Lisa Balavoine
"Il est toujours minuit quelque part" de Cédric Lalaury
"Monster" de Alan Moore, John Wagner & Alan Grant
"Notes pour une histoire de guerre" de Gipi
"Philippe Henriot" de Christian Delporte
"Pirates ! l'art du détournement culturel" de Sophie Pujas
"Potlach" de Marcos Prior & Danide
"Tous les hommes du roi" de Robert Penn Warren

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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