Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Festival Les Emancipées
Edition 2017  ( Vannes)  du 10 au 12 mars 2017 

Pour sa première édition, le Festival Les Émancipées de Vannes a mis d’emblée la barre très haut.

Né de la volonté de Ghislaine Goulby, directrice des Scènes du Golfe (Théâtres de Vannes et Arradon), et d’Arnaud Cathrine, conseil artistique du festival, de rassembler des artistes de multiples disciplines dans des projets fusionnels, ce festival s’est bâti symboliquement sur une "faute " grammaticale assumée.

Pas question de donner un sexe dominant à l’émancipation, alors pourquoi pas deux "é" à "émancipéés " ?

Pour cette première édition, les femmes sont mises à l’honneur et ont constitué des binômes de rêve. Tout a commencé, le vendredi 11 mars, par la légèreté de la danseuse Emmanuelle Huynh sur des mots de Marguerite Duras déposés sur la musique que lui avait composé Carlo d’Alessio pour son chef d’œuvre cinématographique, "India Song ".

Puis Delphine de Vigan entra en correspondance musicale et textuelle avec La Grande Sophie, avant que Virginie Despentes et Béatrice Dalle ne s’associent dans un exercice d’admiration mutuelle pour l’hérétique Pier Paolo Pasolini.

A l’aube du deuxième jour, "La sieste acoustique" animée par Bastien Lallemant donna un signal fort : les mots et les notes allaient jaillir de concert pour de nouvelles et fructueuses fusions.

Le "Journal d’une création" de Claire Diterzi en fournit aussitôt la preuve. La chanteuse iconoclaste, partisane de formes hybrides, a dévoilé un spectacle en gestation qui utilise à la fois des vidéos et des clips tirés de son dernier album, des textes tirés de ce journal qu’elle a tenu depuis un an et des extraits d’œuvres du dramaturge argentin Rodrigo Garcia.

Pour ce seul en scène où elle se risque à l’intimité autobiographique, elle a travaillé avec Mohamed El Khatib, dont a pu voir l’année dernière les spectacles "Moi, Corinne Dadat" et "Finir en beauté".

Si l’on ne connaissait pas encore Claire Diterzi, on sera séduit par son charisme foutraque, sa présence formidable en scène. Si on est déjà familier avec son univers, on constatera qu’il s’est étoffé et qu’elle a franchi un palier dans son jeu avec son "je ", ce qui devrait lui permettre d’acquérir un public plus large.

La journée se poursuivit par "La Bibliothèque idéale" de Camélia Jordana et Raphaële Lannadère, où les deux chanteuses, entre deux chansons, ont partagé leurs goûts littéraires, ceux de deux jeunes femmes qui ne veulent pas chanter pour passer uniquement le temps.

Le point d’orgue de la soirée fut évidemment le beau concert de Vincent Delerm, intitulé "A présent", où le chanteur a su associer littérature, cinéma, théâtre et musique pour enthousiasmer autant ses fidèles que ceux qui le découvraient pour la première fois.

Avant de s’endormir, les festivaliers eurent encore l’occasion d’une autre belle découverte, celle du "Grand Bal Clandestine" un big bang animé par Mickael Pilhon, chanteur et trompettiste, et Matthieu Gauffre. Revisitant les tubes des années 1980, ces joyeux drilles sont à revoir quand ils auront totalement intégré l’héritage de leurs grands ancêtres, tel "Le grand orchestre du Splendid" ou "Au bonheur des dames".

Pour l’ultime journée des "Émancipéés ", on pouvait commencer dès midi trente par un "brunch littéraire " autour de "La Française pop" de Christophe Conte et de Charles Berbérian, anthologie de la pop française, contée par l’un dessinée par l’autre.

On pourra avoir bien des réticences devant cette histoire volontairement personnelle de la pop française. On ne contestera pas le charme des dessins de Charles Berbérian ni l’efficacité de l’écriture hautement journalistique du spécialiste de la musique française aux Inrocks.

A Gainsbourg ou Bashung, la romancière Véronique Ovaldé avait préféré les notes inspirées du violoncelle de Maëva Le Berre pour donner tout son relief à sa lecture d’extraits de son roman "Soyez imprudents les enfants".

Ce n’est pas lui faire injure que d’écrire qu’elle n’était pas forcément l’interprète idéale pour valoriser le beau personnage d’Atanasia Bartolome. Nonobstant cela, la rencontre de Véronique et de Maëva captiva un auditoire visiblement acquis.

Après la littérature contemporaine, c’est à un grand auteur grec, un poète, peut-être le plus important des années noires de la guerre et de la dictature, à qui Polydoros Vogiatzis, mis en en scène par Sophie Le Carpentier, rendit hommage.

Cette "Lettre à France" de Yannis Ritsos, dans sa lecture inspirée par un comédien généreux, renouait avec la tradition du lyrisme poétique. Même si cette forme peut paraître aujourd’hui un peu datée, on sentait un vrai frémissement poétique dans cette version sans concession. Grâce à Polydoros Vogiatzis et à Sophie Le Carpentier, on ne pourra plus ignorer que Yannis Ritsos est désormais un classique.

Restait aux "Émancipéés " à s’achever en beauté avec le second épisode de "Frère animal", le feuilleton pop d’Arnaud Cathrine et Florent Marchet. Question fusion entre musique et théâtre ce "Frère Animal (Second tour)" était le parfait spectacle de clôture.

On dit souvent que la première édition d’un festival essuie les plats. Ce n’est pas le cas de celle des "Émancipéés " de Vannes qui a trouvé tout de suite sa vitesse de croisière.

S'il parvient lors d’une deuxième édition, que l’on espère déjà sur les rails, à élever encore le niveau de ses propositions, ce festival devrait très vite devenir une date qui compte. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 21 mai 2017 : Black Hole Sun

Cette semaine nous avons appris le départ prématuré de Chris Cornell, qui ne se souvient pas de ce célèbre titre, "Black Hole Sun". Paix à son âme et à nos jeunes années.
Quoi qu'il en soit le beau temps est enfin là. Soleil, festivals, largement de quoi contenter votre soif de cultures et de loisirs. Pour vous aider, voici notre petite sélection hebdomadaire, de la musique au jeu vidéo en passant par le théâtre, la littérature et le cinéma. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Life is cheap, death is free" de Nadia Tehran
"Tigreville" de Pierre Lebas
"Libre voyage dans les musiques des Balkans" de Quintet Bumbac
"Volcan" de Volin
"Hedonism" de Cakes Da Killa
"A l'ombre du coeur" de Contrebrassens
"Dirt buzz" de Dallas Frasca
"Fast forward" de Federico Casagrande
"Growing old" de Grand March
"A close land and people" de Julien Vinçonneau Quartet
Xiu Xiu, Le Prince Harry et Delacave à Petit Bain
Concert de Erik Arnaud à Petit Bain en intégrale
Bientôt, la deuxième édition du Download Festival
et toujours :
"Rock'n'Roll consciousness" de Thurston Moore, "Slowdive" de Slowdive. Retrouvez également Neil Halstead de Slowdive en interview, "Empire of nights" de BLVL, Jorge P, EP chez Microcultures, "Animal" de Nirman, "Someone is missing" de Payne, "Sympathetic magic" de Peter Von Poehl, "Pinky pinky EP" de Pinky Pinky, "Let me be gone" de Slow Joe & The Ginger Accident, "Take off" de Théo Cormier

Au théâtre :

"Le froid augmente avec la clarté" au Théâtre de la Colline
"Le Songe d'une nuit d'été" à la Manufacture des Oeillets à Ivry
"Il Bugiardo" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Les Flottants" au Théâtre Le Lucernaire
"Français, encore un effort si vous voulez être républicains" à la Manufacture des Oeillets à Ivry
"Les Célèbres Amours de Nohant" au Théâtre Le Ranelagh
"La guerre au temps de l'amour" au 100ECS
"L'Ombre de Stella" au Théâtre du Rond-Point
"Ajax" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
et la chronique des autres spectacles de mai

Exposition avec :

"Grand Trouble"à la Halle Saint Pierre

Cinéma :

Ciné en bref avec :
"De toutes mes forces" de Chad Chenouga
"Les fantômes d'Ismaël" de Arnaud Desplechin
"Get Out" de Jordan Peele
"Alien : Covenant" de Ridley Scott
Oldies but Goodies avec "Pluie de juillet" de Marlen Khoutsiev dans le cadre de sa rétrospective à la Cinémathèque française
les chroniques des autres sorties de mai
et les chroniques des sorties d'avril

Lecture avec :

"J'ai choisi d'être libre" de Henda Ayari
"La fille du fossoyeur" de Joyce Carol Oates
"La vie sexuelle des soeurs siamoises" de Irvine Welsh
et toujours :
"La vie de Norman" de Stan Silas
"Little girl gone" de Alexandra Burt
"Minuit en mon silence" de Pierre Cendors

Froggeek's Delight :

3 mois avec la Nintendo Switch
"101 jeux Amiga" de David Taddei

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=