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Interview de Jean-Marc Millière et Laurent Duval  (Par téléphone)  mars 2017

Interviewer un groupe ou un artiste n’est jamais un exercice très facile. D’abord, j’ai toujours peur que mes questions paraissent sans intérêt, ou de privilégier un membre du groupe plus qu’un autre. Ensuite, on part sur un canevas de questions préparées à l’avance, puis cela peut vite partir dans des directions différentes. Et enfin, il faut que la transcription soit le plus fidèle possible ; d’ailleurs, si tu savais par combien de péripétie je suis passé pour te livrer celle-ci, tu en rigolerais à t’en faire péter le bide, lecteur ! Mais je m’égare.

J’avais adoré l’album Party War on The Killing Floor de Sonic Winter et quand l’interview avec Jean-Marc Millière et Laurent Duval a été confirmée, j’étais vraiment impressionné. Pourtant, ce n’est pas ma première, loin de là, j’en ai interviewé des groupes : Les Sheriffs, les Garçons Bouchers, d’ailleurs à l’époque… Hein ? Quoi ? Quid ? Plaît-il ? Vous vous en… foutez ? Vous voulez lire l’interview tranquillement ?

Ah. Ok. D’accord… Bon ben… Oui chuut… Je vous laisse avec Jean-Marc et Laurent.

Est-ce que vous pouvez déjà vous présenter à ceux qui ne vous connaissent pas et qui j’en suis sûr en sont mort de honte ?

Jean-Marc Millière : Je suis guitariste et compositeur dans Sonic Winter. J’ai vécu très longtemps en Scandinavie et j’ai joué dans plusieurs groupes suédois allant de la pop style 90 puisque nous sommes des vétérans avec Laurent, nous sommes tous les deux de la même année, on est sur la route 66.

Laurent Duval : Il ne faut pas le dire sinon on ne travaillera plus.

Jean-Marc Millière : Il y a plusieurs musiciens qui ont participé aux deux albums de Sonic Winter avec qui j’ai joué pendant les dix ans où j’ai habité en Scandinavie. Et avec Laurent, on se connaît depuis plus de 20 ans. On se connaît depuis 1996.

Laurent Duval : En fait, on s’est connu au studio d’enregistrement où je répétais avec mon frère avec notre groupe The New Princess et je travaillais aussi là-bas. Avec Jean-Marc, on s’est liés d’amitié et comme j’avais un oncle qui jouait dans un groupe Norvégien, cela nous a rapprochés.

Jean-Marc Millière : Un super groupe Norvégien même. Titanic !

Laurent Duval : Donc on s’est tout de suite bien entendu et on ne s’est jamais perdu de vue et quand il a monté son projet, il m’a tout de suite demandé si je ne voulais pas jouer quelques lignes de basse. Je vais me présenter aussi un peu.

J’ai monté un groupe avec mon frère qui s’appelle The New Princess et puis j’ai fait une apparition sur une tournée japonaise d’Extrême d’une dizaine de dates, je suis rentré puis je suis parti aux Etats-Unis, on a continué The New Princess, puis le groupe s’est un peu dispersé, je suis revenu des Etats-Unis et là un ami m’a dit que Manu cherchait un bassiste-guitariste et comme je n‘avais rien et que ce style de musique me plaisait bien, je me suis dit : allez, on y va ! C’était la première fois que j’allais dans un projet comme "simple" musicien, auparavant j’étais toujours compositeur ou formateur d’un groupe. Et puis entre temps, Jean-Marc m’a rappelé pour le deuxième album de Sonic Winter puisqu’il avait été content de moi pour le premier.

Jean-Marc Millière : Oui mais je savais que j’allais être content. Le projet de Sonic Winter a démarré…

Laurent Duval : Mais laisse le poser ces questions !

Justement d’où vient le nom Sonic Winter ?

Jean-Marc Millière : Le nom vient du fait que le groupe a été formé à Glasgow en 2012. Au départ, je ne voulais pas monter un groupe, j’avais arrêté la musique depuis plus de 10 ans et j’ai rencontré un pianiste Toulonnais qui est venu se perdre à Glasgow et on a commencé à faire des jam sessions comme ça pour le fun et on a enregistré 4 morceaux pour se faire plaisir. Et puis mon pote Francis (Girola) me dit : "tiens, on pourrait envoyer aux radios et il a eu la super bonne idée d’envoyer à la BBC et elle nous a joués et le premier morceau qui a été composé, "Miles Away", sur lequel Laurent avait fait les basses n’arrêtait pas de tourner en boucle à la radio et les gens ont commencé à nous contacter sur Facebook nous demandant s’il y avait un groupe. Et si oui quel était le nom, mais il n’y avait pas de nom de groupe.

Comme on avait fait la plupart des enregistrements en octobre-novembre et qu’en Ecosse, il flotte tous les jours et même l’été c’est l’hiver donc les gens disaient : "it’s always a fucking winter" donc j’avais winter en tête et un jour j’avais branché mon ampli Marshall, j’étais en train d’essayer une gratte et le propriétaire du studio rentre et comme je jouais fort, il me dit : "eh you guys, you’re fucking sonic" et c’est comme ça que le nom est né : on joue en plein hiver, on a un son sonique : Sonic Winter !

Laurent Duval : En gros, il est en train de te dire qu’il ne sait pas pourquoi ça s’appelle comme ça…

Jean-Marc Millière : C’est souvent comme ça les meilleures histoires.

Laurent Duval : En fait, ça ne m’étonne pas de lui parce que Jean-Marc fait partie des gens qui sont comme ça, ils vont tout de suite te sortir un nom qui représente un peu la situation et lui est vachement comme ça en fait. Il va bien absorber, il a une vision de la chose et il a des mots qui lui viennent pour les définir. C’est bien en tout cas et c’est un beau nom. Moi je l’adore. Mais en été, ça ne marche pas.

Jean-Marc Millière : Sonic Summer, si on joue en été on change le nom, au printemps on fait Sonic Spring. On fait nos quatre saisons comme Vivaldi.

Comme ça vous avez les noms des prochains albums.

Jean-Marc Millière : Oui voilà. Cela vient de ma formation. Je travaillais dans la publicité, j’étais graphiste publicitaire et photographe, j’ai d’ailleurs photographié Laurent et son frère Philippe avec leur groupe The New Princess. Donc c’est resté de ma carrière dans la pub où j’étais payé pour faire des logos et des slogans.

Quelles sont vos sources d’inspirations ? Quelles sont vos influences, groupes / artistes préférés ? Que ce soit pour Sonic Winter mais aussi dans vos carrières respectives.

Jean-Marc Millière : Sonic Winter, en fin de compte, c’est la cour de récréation. Les gens qui ne comprennent pas ça n’ont pas compris le principe. Mon pote Francis qui fait les chœurs et les claviers vient du jazz et de l’électro, donc rien à voir avec moi. Quand je lui parlais de Motörhead et Black Sabbath, il ne connaissait pas. Il est plus jeune que moi. Je m’étais dit : on va se faire plaisir et comme mes goûts sont très très larges, je ne voulais pas me restreindre à un archétype de groupe. Et même pour le line-up, je ne voulais pas me restreindre, j’avais envie de faire ce qui se passait dans les années 60 et 70, où il n’y avait pas qu’une seule formation, les musiciens bougeaient de groupe en groupe. Comme Chick Corea que j’ai photographié à plusieurs reprises et qui changeait de musiciens. Je m’étais dit : tiens, c’est bien et cela donnait de la fraîcheur et pas un seul style, ça vient des idées de compositions. En fonction de ce qui me vient, je ne cherche pas à le transformer dans un style.

A très titre personnel, j’ai deux guitaristes que j’admire : Tony Iommi de Black Sabbath et Jimi Hendrix, après il y en a une multitude. Mon groupe vraiment préféré est Black Sabbath, après je peux passer de King Crimson à Iron Butterfly, au Blues pop… Quand c’est bon c’est bon, je n’ai pas d’œillères pour la musique.

Laurent Duval : Quand j’étais gamin, ma mère m’a offert un poste à cassette et la première cassette que j’ai choisi, c’est Elvis Presley. J’ai usé la cassette. Et j’ai entendu d’autres groupes de rock et ça m’a plu. Comme je suis guitariste, j’ai été très poussé vers Van Halen, Ritchie Blackmore, mais aussi Iron Maiden et AC/DC, j’ai aimé Nirvana. En fait, j’écoute plein de choses différentes. Je regrette vraiment de ne pas avoir vécu les années 70.

Jean-Marc Millière : Comme moi !

Laurent Duval : Parce que Jean-Marc aime mon côté bassiste (je suis guitariste mais je joue aussi de la basse). D’ailleurs, en France, on m’appelle plus pour faire de la basse que de la guitare. Avec Jean-Marc, moi qui suis un fan des Who, j’ai l’impression d’être leur bassiste. Il m’amène ces morceaux et me dit fait ce que tu veux et je mêle mes techniques guitaristiques et basse.

Jean-Marc Millière : Et puis ton son.

Laurent Duval : Oui en fait il n’y a pas de style, comme c’est très ouvert, j’ai l’impression de pouvoir faire ce que je veux. Et il me laisse faire ce que je veux et quand j’écoute les parties de basse qui sont là, je me dis : "ah oui j’aurais pu faire ça aussi et ça…".

Jean-Marc Millière : Et ça n’en finit pas. Une fois, je suis allé chez toi pour écouter. Il me fait : "je te fais ce plan-là", c’était top. "Mais regarde, je peux aussi faire comme ça", c’était vachement bien aussi "et puis j’ai ça aussi".

Laurent Duval : En fait si tu veux, je suis un peu comme ça. Quand j’arrive dans un projet, j’écoute et si on me demande que deux notes, je les fais. Mais ses compos style années 70, entre deux notes ça me permet de faire plein de choses et ça m’inspire. Ce n’est pas mettre des notes pour mettre des notes.

Jean-Marc Millière : C’est vraiment le principe de Sonic Winter. Quand je rentre en studio, moi je ne suis pas chanteur, même si je chante sur quelques morceaux de l’album parce que voilà c’est comme ça, j’enregistre toutes les guitares avec un click et puis après je pose un guide vocal, c'est-à-dire ce qui va être la mélodie du chant. Et ensuite tous les musiciens qui vont intervenir, ils collent ce qu’ils veulent.

Laurent Duval : Il a quand même son mot à dire.

Jean-Marc Millière : Oui. C’est comme ton frère Philippe, sur "Straight in your face" : "tu l’as chanté comme ça, moi je le vois un peu comme ça, je t’envoie un essai, dis moi si ça va" et ça collait aussi. C’était la même ligne harmonique, il avait rajouté des chœurs, des choses comme ça, donc c’est complètement ouvert. Et jusqu’à présent on a fait deux albums et je n’ai pas été déçu une seule fois.

Laurent Duval : Des groupes comme les Beatles ou les Rolling Stones, Keith Richard arrive pour mettre ses parties de guitare parce qu’ils veulent que ça sonne de telle manière, chacun donne son truc ensuite Ron Wood arrive et met sa patte. C’est de la musique et ce n’est pas je monte un groupe pour, à la base, avoir un truc de "commercial", c’est un collectif en fait mais de gens qui ne se rencontrent pas forcément, puisque pour aller en Suède par exemple ça aurait coûté cher.

Jean-Marc Millière : Il y en a qui se connaissent et certains qui ne se sont jamais rencontrés.

Cela fait une espèce de Jam monstrueuse, limite virtuelle, interactive.

Jean-Marc Millière : (rires) Une world jam.

Laurent Duval : C’est intéressant. Si jamais un jour il me propose une tournée de concerts et jouer avec d’autres mecs que je n’ai jamais rencontrés (on ne fait que se congratuler sur internet), c’est génial, parce qu’on ne se connaît pas physiquement mais on se connaît musicalement, parce qu’on s’est écouté les uns les autres et on a apprécié ce que les autres faisaient. Je trouve ça à la fois frustrant et super. Parce que finalement tu arrives à jouer avec des mecs qui habitent en Suède ! Alors que parfois j’arrive très difficilement à gérer des mecs qui habitent à Paris (éclats de rire en désignant Jean-Marc).

Justement, le fait que ce soit un hypra, un méga groupe, je ne sais pas comment dire, vous êtes 25 je crois avoir lu…

Jean-Marc Millière : Sur le nouvel album il y a 27 musiciens, parce que je compte les musiciens de l’orchestre de chambre Géorgiens.

Laurent Duval : Sinon il n’y a que nous (éclats de rire général).

Jean-Marc Millière : Ils sont 25 plus nous deux (rires). Je suis allé en Géorgie en 2014 pour faire une exposition photos et j’avais rencontré des étudiants du conservatoire National de Géorgie. Ils ont donné un super concert de fin d’année, j’ai gardé des contacts là-bas et notamment avec un jeune compositeur, qui compose carrément des symphonies. J’ai eu l’idée d’un long instrumental, qui est le dernier morceau de l’album et je voulais une partie classique. Je l’ai donc contacté par Facebook pour savoir s’il n’avait pas des compos montées, un peu mystiques et il m’a envoyé pleins de morceaux, j’ai choisi une intro et une outro. Et pour jouer ces parties-là, il y avait une dizaine de musiciens (ensemble à cordes plus piano et une soprano).

Pause technique où Laurent joue brillamment le rôle d’assistant informatique… (un peu d’humour, que diable !).

Jean-Marc Millière : Sinon tout le monde est libre de poser sa patte, alors évidemment quand je compose un morceau je me dis : tiens, il irait bien pour Laurent à la basse par exemple, ou son frère sur un morceau pour chanter ou une voix féminine. Dans ma tête, j’entends ce que j’aimerais. Par exemple, Beautiful queen of The golden east", je voyais une voix de fille, hyper haut perchée, psychédélique et une grosse rythmique un peu plombée à la Deep Purple et j’ai tout de suite pensé à ma copine Corinne, qui chante aussi sur la reprise de Vulcain (Le fils de Lucifer).

Cela m’a d’ailleurs vachement surpris, Vulcain fait partie des groupes que j’adore et que j’ai vu sur scène, et j’ai été complètement et agréablement scotché.

Jean-Marc Millière : De toute façon les grands morceaux, les bonnes compositions, tu peux les adapter et c’est là où tu vois la limite d’une compo. Par exemple avec les Beatles, ça marche en jazz, en classique… Et avec Vulcain, que j’avais vu à la Loco, j’ai toujours aimé ce morceau (avec "Blueberry Blues") et je voulais voir si on pouvait le transposer mais autrement, mais je ne voulais pas m’amuser à prendre un mec qui a une voix grave comme Daniel (Puzzio) et il valait mieux partir à l’abordage avec quelque chose de complètement différent. Et ce qui est très drôle et c’est là qu’on voit les différences d’âge, c’est dans les chroniques. Je sais immédiatement en lisant si le chroniqueur a 20 ans (il parle de compo) et s’il a 45 (ndlr : oui je suis vieux et alors), il parle de reprise.

Laurent Duval : Ce que je voulais dire, c’est qu’avec ce projet Jean-Marc nous montre les rencontres musicales qu’il a fait ces 20 dernières années et c’est un gars qui garde contact avec les gens qu’il aime bien, et il entretient les relations et quand il fait un projet, il fait appel à tous les gens qu’il a rencontrés. A l’heure actuelle dans la musique c‘est une force, et même dans la vie de tous les jours, de garder des contacts et des relations, malgré la distance, quoiqu’avec internet c’est plus facile. J’ai plein d’amis sur Facebook qui n’habitent pas très loin de chez moi qui ne m’ont jamais appelé et que je n’ai jamais rencontrés. J’adore ce côté collectif avec des gens qui sont fédérateurs.

Jean-Marc Millière : Là essentiellement, c’est vraiment des amis.

Laurent Duval : Tu as beaucoup d’amis.

Il y a la famille aussi, J’ai vu les noms de Philippe Duval sur le morceau "Saturday on earth" et Emile Millière sur "Rocking Machine". C’est de la famille, des amis… ou alors vous êtes pété de thune pour faire venir plein de monde ?

Jean-Marc Millière : (rires) Il y a mon fils à la basse sur "Rocking Machine". Il a 21 ans, il est musicien et il habite en Suède, et il connaît Laurent et Philippe depuis qu’il a 4 ans !

Laurent Duval : Il venait à nos concerts !

Jean-Marc Millière : Pour lui, c’est un peu comme ces oncles. Quand il était petit, quand il revenait en Suède, il disait j’ai vu des rock stars ! Et je pense que le fait qu’il fasse de la musique…

Laurent Duval : C’est grâce à toi.

Jean-Marc Millière : Aussi peut-être, mais j’ai bien vu quand il était môme qu’il se passait un truc, quand il allait vous voir sur scène.

Laurent Duval : Oui c’est ça. Quand j’avais 5 ans, j’allais voir mon oncle, qui venait régulièrement avec son groupe et faisait régulièrement les premières parties de Polnareff par exemple, j’étais fan et j’ai toujours voulu faire ça. J’avais mes posters et mon rêve, c’était de monter un jour sur scène et de leur arriver à la cheville. Quand je voyais mes frères, des copains jouaient, quand je rentrais chez moi j’essayais de refaire ce qu’ils jouaient. Quand tu baignes dans la musique, c’est clair que ça donne envie. Et Emile c’est plus que ça… Il est ingé son.

Jean-Marc Millière : Oui il fait ingé son, ingé lumière, il m’a fait plein de nouvelles guitares parce qu’on est en train de faire de nouveaux morceaux. Sinon pour en revenir au groupe, c’est vraiment des amis virtuels, comme un petit guitariste Ukrainien qui m’a fait une partie d’un solo. On s’est rencontré sur Facebook. Au départ, on parlait surtout des évènements dans son pays et il me racontait son quotidien difficile. Les coupures d’électricité. Il y a donc trois-quatre personnes que je n’ai jamais rencontrés, mais la plupart ce sont des potes et j’espère continuer comme ça.

Finalement, Sonic Winter ne fait pas de concerts, cela doit être compliqué ?

Jean-Marc Millière : Alors oui et non. Au départ à Glasgow, quand les gens nous demandait s’il y avait un groupe, parce qu’il y a pleins de clubs, c’est la deuxième scène après Londres. On s’est mis en quête de musiciens pour jouer et alors on est retombé dans les même travers que j’avais rencontrés dans les années 90 avec celui qui ne peut pas jouer le week-end parce que sa copine veut pas ou parce que comme on changeait de styles, certains musiciens avaient du mal à passer de l’un à l’autre, ça posait un problème, et même qui venaient pas aux auditions, qui venaient bourrés, défoncés et on n'avançait pas.

Et à un moment, je me suis dis : je vais appeler mes potes et si on peut faire des concerts, on verra comment ça se passe. En fin de compte, comme on ne pouvait pas avoir de line-up, au départ on s’est concentré et on voulait faire deux albums et ça n’a été que du travail de compo et de studio et on a bossé avec des musiciens Suédois l’année dernière mais le problème, c’est qu’ils jouent déjà dans leur groupe puis après dans d’autres projets, ce qui fait que tu n’arrives jamais à être raccord pour les dates alors qu’avec Francis, on a que ce projet de Sonic Winter qui nous prend déjà beaucoup de temps.

Laurent Duval : C’est vrai qu’à l’heure actuelle pour monter un projet et avoir des gars qui sont dispo, c’est très dur. Souvent dans le monde de la musique pour s’en sortir, il faut avoir plusieurs projets.

Jean-Marc Millière : J’en ai recontacté d’autres à Paris et puis, je ne sais pas si c’est un problème de génération, mais j’avais contacté de jeunes musicos de 20-22 ans et quand tu les contactes, ils veulent déjà plein de trucs : "est-ce que c’est payé", "je suis indispo de telle à telle date", "est-ce que c’est considéré comme intermittent du spectacle". Je n'’ai eu que des merdes comme ça.

Un jour, lors d’une discussion avec un guitariste et une chanteuse, j’ai pété un câble en leur disant : "vous avez choisi une vie qui est aux antipodes de ce que vous voulez comme la sécurité de l’emploi. Ne faites pas musiciens, je sais bien qu’il y a le statut d’intermittent du spectacle en France, mais si à 20 ans vous pensez déjà comme ça, vous êtes cuits". J’ai vu cet exemple, notamment dans le milieu du jazz. Il n’y a pas cet exemple de groupe. Dès qu’ils revenaient en France, ils jouaient super bien, puis deux ans après, après avoir bossé dans le super big band de Disney, musicalement ils étaient rincés. Ils avaient perdu la magie. Au bout d’un moment, je ne peux pas lutter et je ne suis pas là pour convaincre.

Laurent Duval : C’est un esprit en fait. Cela fait vingt ans que je fais de la musique, je n’ai jamais été intermittent du spectacle. Pourtant, j’en ai fait des concerts. Par exemple, l’année dernière avec Manu, nous n’avons pas fait assez de dates et pourtant je m’en fous. Quand tu demandes aux gens ce qu’ils font, ils te disent : je suis fonctionnaire, c’est un peu ça.

Jean-Marc Millière : Ou ils te disent : je suis intermittent du spectacle.

Laurent Duval : Je ne fais pas de la musique pour ça. La musique pour moi, c’est une façon de vivre, j’aime être sur scène et cela m’a permis d’aller dans des endroits où je n’aurais peut-être jamais été et de rencontrer des gens extraordinaires. Tu vas dans des pays où les gens n’ont rien et qui sont tellement contents que tu y ailles qu’ils t’organisent un super truc. A la fin, tu ne gagnes pas d’argent, mais tu as voyagé, mangé, fait de la musique et je suis heureux comme ça !

Jean-Marc Millière : On a l’impression qu’aujourd’hui tout ça ce n’est pas intéressant. Comme ils n’ont pas le recul que nous avons, ils ne veulent pas sortir de leur zone de confort.

Laurent Duval : Avant pour faire une école de musique c’était compliqué, il n’y en avait pas beaucoup, aujourd’hui tu prends des cours de business, mais ce n’est pas la musique. Moi, jouer pour Johnny ça me branche pas, je me ferais chier déjà au deuxième concert. Je suis plus à l’américaine ou à l’anglaise, tu rencontres des gens qui te disent : "tiens t’es musicien, sors ta guitare qu’on joue un peu".

C’est ce que j’allais dire, ce qui vous motive, à part la thune et les filles, ce sont les découvertes d’univers musicaux totalement différents.

Jean-Marc Millière : C’est le côté spirituel ou humaniste de la vie. Si nous n’avions pas fait de la musique, nous aurions fait autre chose qui nous fait vivre comme ça. Je ne sais pas aventurier peut-être. C’est un état d’esprit.

Laurent Duval : Pour moi, la musique, l’art, c’est la liberté. Au quotidien, il y a tellement de contraintes futiles, on crée des angoisses. Ce qui me stresse aujourd’hui, c’est plus tout ça mais de me demander quand est-ce que je vais faire mon prochain concert. Finalement la vie c’est ça, tant que tu es toi-même. Quand tu fais de la musique, la question inconsciente que tu te poses tous les matins : qui je suis ? Qu’est-ce que je vais faire ? Aujourd’hui pas dans un an. Tu apprends, tu évolues. Tu fais des choix de vie. Par exemple, je suis parti aux Etats-Unis. Sinon je fais toujours le même boulot mais est-ce que je serais heureux dans 20 ans ? La musique c’est la liberté. J’essaie de ne faire que des projets qui me branchent, si je peux gagner un peu d’argent tant mieux !

Jean-Marc Millière : Moi aussi c’est pareil, j’ai été photographe, je suis bouquiniste sur les quais de Seine, je ne fais que des choses qui me passionnent.

Laurent vit de sa musique, mais toi Jean-Marc, actuellement ce n’est pas ton métier ?

Jean-Marc Millière : Non, je suis graphiste publicitaire, je travaillais dans la pub, je travaillais principalement pour Vogue, j’étais retoucheur photo, mais à la main, nous n’avions pas Photoshop, je créais des slogans et à l’avènement de l’ordinateur ça ne me plaisait plus. J’avais rencontré une belle Suédoise et je suis parti en Suède, mais je faisais de la musique à côté. J’ai fait la chromie pour l’album Flashpoint des Rolling Stones, que des choses qui me passionnaient. Ils me filaient tous les projets en rapport avec la musique.

En Suède, des copains de ma femme cherchait un guitariste et j’y ai bien gagné ma vie, c’est structuré différemment d’ici et en 8 ans, j’ai joué dans 3 groupes différents. A chaque fois ça me plaisait. Je travaillais dans un centre culturel où je m’occupais de la programmation de concerts. Suite à cela, j’ai gardé des contacts et on m’a demandé une fois de faire des photos et de fil en aiguille j’en ai fait d’autres et j’ai été photographe de presse en Suède.

J’ai monté mon agence pendant 10 ans et j’ai pu publier 4 livres qui ont bien marché et à côté de ça, je collectionnais aussi la photo ancienne et quand je suis revenu en France, je me suis installé avec un ami où on ne vendait que de la photo ancienne, de cinéma, concert, etc. Et puis ça aère la tête. Je suis aussi Grand Maître de la photographie de Nu, j’ai été intronisé en 2012.

Laurent Duval : Il avait un super concept, il accostait des nanas dans la rue et il leur proposait de les prendre en photo. Il y avait leur copain bien sûr mais toutes les photos ont été prises au domicile des filles, et avec la lumière de l’endroit avec leurs fringues et leur maquillage habituel.

Jean-Marc Millière : Des filles de tous les jours. On me demandait avec quelles agences je travaillais et je leur disais mais des filles comme ça il y en a partout dans la rue, simplement il faut observer. On les magnifiait un petit peu mais avec leur maquillage, etc. Pas de retouches, je bossais en argentique, avec leur fringues. Et maintenant, je vends de la photo et je fais de la musique.

La question suivante m’a été inspiré par Ichigo Samuru, chroniqueur également chez Froggy’s Delight et je la trouve très intéressante : un malade gravement atteint vient vers vous et vous dit que votre musique lui fait du bien et calme ses douleurs et lui fait oublier sa maladie. Quel effet cela vous fait-il ?

Jean-Marc Millière : Je connais un petit peu Ichigo. Cette question ne m’étonne pas de lui.

Laurent Duval : Moi, ça me touche énormément, c’est le but de la musique, tu les emmènes dans un monde où tu les fais rêver et tu les soulages.

Jean-Marc Millière : Oui c’est ça, moi je le prendrais même plus qu’un compliment, parce que tu maintiens quelqu’un en vie, dans le sens positif du terme, et là tu l’aides à se sortir des soins et des soucis et là on le sort de ça, c’est lourd et beau et là je me sens responsable. Ce n’est pas n’importe quoi.

Laurent Duval : Quelque part tu as un lien avec eux et s’ils ressentent quelque chose, c’est qu’ils reconnaissent ce que tu as mis dans ta musique. Quand tu es malade, tu as une profondeur que plein de gens n’ont pas, malheureusement. Et si tu lui as fait du bien, c’est que l’essence que tu y as mis l’a ému, c’est hyper touchant.

Jean-Marc Millière : Et cela prouve que ce que tu fais ça sonne vrai, il y a une profondeur et une spiritualité. Parfois, quand j’écoute certains groupes, je vois bien les formules, les objectifs, l’angle d’attaque calculé pour toucher tel marché et jouer dans tels endroits. Et moi niet, je fais ce qui me fait plaisir et s’il y a un effet boomerang c’est fantastique et si je pouvais soigner tout le monde comme ça…

A l’inverse, comment réagissez-vous aux critiques négatives qui peuvent être publiées à votre sujet ? Que ce soit au sujet de Sonic Winter ou à titre plus individuel…

Laurent Duval : Moi je m’en fous !

Jean-Marc Millière : (rires)

Laurent Duval : Je peux concevoir que tu puisses toucher des gens et pas d’autres. Si j’étais chroniqueur soit je choisis ce que j’aime, soit si je n’aime pas je dis que personnellement je n’aime pas, mais je conseille aux gens de l’écouter.

C’est ce que je fais, je comprends bien que dans un projet les musiciens y mettent leur tripes et que si moi je n’aime pas, il faut quand même donner une chance au disque.

Laurent Duval : Le mec qui veut se faire mousser et balancer des saloperies, ça ne me touche pas.

Jean-Marc Millière : Ta démarche est intelligente. Nous avons pour Sonic Winter une attachée de presse : Elodie, qui est jeune et passionnée. Elle travaille dans l’univers du metal et on s’est vue associé à cet univers avec de très bonnes chroniques et tant mieux. Parfois, quand je lis des chroniques par contre, je ne vois pas du tout où ils trouvent certaines références, en bien ou en mal. Si à la fin il y a quelque chose de positif que le chroniqueur développe, ça ne me pose pas de problèmes. Si tu n’acceptes pas ça, tu ne rends pas public ton projet. A partir du moment où tu le rends public, il ne t’appartient plus. Après c’est dans la démarche de la chronique, on en a eu deux à hurler de rire, et je me disais : ce n’est pas possible le mec n'a pas dû écouter l’album.

J’en ai lu une…

Laurent Duval : Il s’est peut-être trompé de pochette !

Jean-Marc Millière : Il y en a une à mourir de rire si tu le prends bien, c’est un chroniqueur de Death et Trash qui commence en disant : "voilà un groupe qui m’a fait saigner des oreilles". Je voulais la publier pour changer de ce qu’on voit sur les réseaux sociaux. Mais Elodie n’a pas voulu… J’en ai lu une aussi où le chroniqueur disait en substance : si vous voulez écouter un bon album de Stoner, allez écouter Iggy Pop (qui ne fait PAS de Stoner).

On ne balancera pas qui c’est, nous ne sommes pas comme ça chez Froggy’s Delight… A toi de chercher lecteur !

Laurent Duval : C’est un peu la mode, cela vient peut-être d’une frustration. Dans les magasines de guitare par exemple. Peut-être qu’ils rêvaient de devenir des grands guitaristes et ils évacuent leur frustration. Ce que j’aime bien chez vous, c’est que vous aimez la musique et que même si vous n’aimez pas quelque chose, vous essayez toujours d’en tirer quelque chose de positif.

Jean-Marc Millière : Quelque fois, on a l’impression que c’est comme une vengeance et j’ai vécu ça aussi dans la photo.

Laurent Duval : Il y a tellement de musique, pourquoi aller dégommer un album. J’ai envie de leur dire : "fais ton album et nous on va le chroniquer". De quel droit détruire quelqu’un qui s’est donné du mal ? Contacte-les et si vraiment ce sont des cons, OK, dis-le ! Parfois, sur le côté technique, ok pourquoi pas. Si ça se trouve dans 20 ans, ce mec qui sera marié avec 4 gosses va réécouter l’album et se dire : "merde, c’est super".

De qui est l’artwork de l’album ?

Jean-Marc Millière : La pochette est d’Yves Krief, un artiste peintre photographeur. Dès que j’ai vu son travail, j’ai eu envie qu’il fasse la pochette de l’album. Je vous invite à aller jeter un œil à son travail.

L’incontournable question d’actualité : la campagne présidentielle est passionnée (et passionnante ?) et sans nous dévoiler vos convictions, qu’est-ce qu’elle vous inspire ?

Jean-Marc Millière : Je vais te raconter un truc très personnel. La dernière fois que j’ai voté, c’était lors du face à face Chirac – Le Pen, j’ai voté Chirac en me bouchant le nez et j’ai renvoyé ma carte d’électeur avec une lettre à la Mairie du XIVème et je n’ai plus jamais voté.

Laurent Duval : Voilà c’est ça, le mec qui a cassé l’album, c’est le fils du Maire du XIVème. (rires)

Jean-Marc Millière : Tant que le vote blanc ou l’abstention n’est pas pris en compte, pour moi c’est faussé. Après mes idées politiques commencent par un A avec un cercle autour.

Laurent Duval : Au départ je suivais, moins maintenant, je regarde peu la télé, mais je m’informe, je n’ai jamais été plus de gauche que de droite, ce qui ne veut plus rien dire maintenant et je pense qu’il faut un candidat qui se mette au niveau des gens et c’est impossible. C’est un véritable fiasco. Ayant beaucoup voyagé, je trouve qu’en France on a le cerveau pris par des problèmes qui ne sont pas nos problèmes réels, dans le sens où ce sont les problèmes du haut et de voir comment ils gèrent. Ils le font un peu exprès. J’ai toujours voté mais là franchement, je ne sais pas quoi faire.

Jean-Marc Millière : Tu ne seras pas là (rires). On aura un fort taux d’abstention…

Laurent Duval : Il va falloir qu’un truc grave se passe pour que cela change et pas qu’en France. Je reviens d’Espagne, c’est du grand n’importe quoi, aux Etats-Unis aussi !

Question qui date de mes années fanzines punk-rock : si je vous dis cheveux longs et idées courtes ?

Jean-Marc Millière : C’est cheveux longs idées longues même si on en a moins (rires).

Laurent Duval : Même si t’es rasé.

Jean-Marc Millière : Plus c’est long, plus c’est bon ! (rires)

Il paraît que j’ai droit aux questions indiscrètes, alors Laurent, une question me taraude (si si), pourquoi portes-tu toujours un bonnet ?

Jean-Marc Millière : C’est parce qu’il a des cornes (rires).

Laurent Duval : C’est un peu ma marque de fabrique ! Si je l’enlève, plus personne ne me reconnaît. C’est parce que c’est une habitude que j’ai prise. Pour l’anecdote, quand je me suis rasé les cheveux, au mois de juin, j’ai chopé une sinusite, lors d’un trajet en voiture et depuis je me protège et puis à cause du soleil aussi. Et puis j’aime ça.

Jean-Marc Millière : Et quand tu dors, tu dors avec un bonnet de nuit ?

Laurent Duval : Oui (rires). Tout le monde me demande pourquoi je le porte tout le temps mais si j’ai trop chaud, je le quitte !

Jean-Marc Millière : Et pour les relations sexuelles, il faut sortir couvert.

Laurent Duval : Doublement couvert même !

Enfin, avant de conclure, Laurent que peux-tu dire à propos de Jean-Marc ? Et Jean-Marc à propos de Laurent ? Pas forcément indiscret (on n’est pas dans la presse people) !

Laurent Duval : Je n’ai pas trop de trucs rigolo parce que c’est un mec sérieux quand même (rires). Mais ce que je voulais dire…

Jean-Marc Millière : Je suis sérieusement rigolo.

Laurent Duval : Jean-Marc est un mec super, talentueux et je ne vois pas de défauts, même si ce n’est pas un homme parfait. En même temps, je ne suis pas en couple avec lui, il faudrait demander à sa copine. C’est un mec entreprenant…

Jean-Marc Millière : Pas avec lui, hein !

Laurent Duval : C’est un mec qui, quand il dit quelque chose, il le fait. Parfois, ça prend plus de temps. Si tout le monde était comme lui en France, les choses seraient différentes.

Jean-Marc Millière : Attention, je ne vais pas me présenter aux élections.

Laurent Duval : C’est devenu un ami, et pas seulement dans la musique, avec lui tu peux parler de pleins de choses et tu ne peux ne pas être d’accord, il va t’écouter et te donner ses arguments. L’amitié, c’est ça aussi. Et si un jour je dépasse les bornes, il me le dira. C’est quelqu’un de généreux, d’entreprenant et qui a beaucoup voyagé et donc de tolérant.

Jean-Marc Millière : C’est dur à encaisser tout ça !

La question va être la même pour Jean-Marc !

Jean-Marc Millière : C’est un gros connard ! (éclats de rire) A peu de chose près, je vais dire la même chose. Si tous les gens étaient comme Laurent dans la façon d’être et de faire les choses, il y aurait énormément de projets qui n’ont jamais vu le jour qui auraient abouti. Après humainement, on se connaît depuis plus de 20 ans avec de plus ou moins longues coupures et en fin de compte, ce que j’aime chez Laurent c’est qu’il ne change pas, dans le bon sens du terme. C'est-à-dire que c’est quelqu’un qui a un idéal et il ne louvoie pas. Il est cash. Il est honnête, franc et très très généreux. Et si j’étais une femme, je me serais marié avec lui…

Laurent Duval : Mais tu serais un peu trop grand pour moi.

Jean-Marc Millière : Et puis tu préfères les blondes.

Laurent Duval : Pour moi l’amitié, musicale ou autre, c’est qu’il ne doit pas y avoir d’intérêt. Souvent tu vas faire des projets avec des gens qui vont vouloir tirer la couverture à eux. J’aurais pu commencer mon projet, je chante aussi, mais je n’ai jamais trouvé les gens avec qui j’aurais commencé mon projet qui serait devenu le projet de tous.

En primaire, j’étais l’hyperactif qui organisait les matchs de foot et il y a trois ans, dans la MJC de Sceaux où il y a des studios, je voyais les gamins répéter chacun dans leur coin et en discutant avec eux, j’ai vu qu’ils étaient timides, je me suis dit pourquoi ne pas les mélanger : le batteur de 17 ans avec un groupe de plus vieux, etc. Et là c’est la 8ème édition en 4 ans, il y en a pour la fête de la musique et en fin d’année. La dernière édition regroupait 36 musiciens ! Les gens viennent, c’est blindé. Je ne dis pas que c’est moi qui l’ai fait mais j’aime faire participer des gens.

Jean-Marc Millière : Tu es altruiste !

Laurent Duval : Les jeunes apprennent avec les plus anciens et ils font se remettre en question les plus anciens. C’est hyper important pour moi. Et maintenant si un groupe explose, il a besoin de quelqu’un, il appelle et c’est devenu un collectif et pour moi la musique c’est ça !

Jean-Marc Millière : Il faut fédérer et être altruiste.

Laurent Duval : Et c’est pour ça que le projet de Sonic Winter m’a tout de suite plu parce que tu es confronté aux autres, tu entends ce qu’ils ont fait, tu enregistres et au final tu fais : wahou !

Jean-Marc Millière : Parce que la plupart du temps quand il enregistre, il n’a pas les voix, il ne sait pas encore qui va chanter. Il ne sait pas ce qu’il va se passer au niveau des voix.

Laurent Duval : Et quand tu entends l’album au final, tu es bluffé. Pour moi, la conception d’un album (et après j’arrête mes conneries), quand tu fais un album je me demande : "si j’achetais un album, qu’est-ce que j’aimerais écouter ?" J’aime les albums comme ça. Quand tout est pareil, c’est ennuyeux alors que quand il y a des univers différents, tu reconnais la personne qui est derrière. Eddy Van Halen n’a jamais pu réécouter son premier album, il ne réalisait pas ce qu’il faisait à l’époque.

Jean-Marc Millière : Quand il l’a sorti, il a eu de très mauvaises critiques. Ils se sont fait défoncer par la presse.

Laurent Duval : Je peux comprendre par contre que quand tu réécoutes ton album 5 ans après, tu te dises : je le referais maintenant, je ferais différemment. Un album, c’est un moment de ta vie.

Jean-Marc Millière : C’est comme la vie, il ne sert à rien de ressasser le passé. C’est le problème de tout créateurt de toute façon. La création, c’est de faire des choses nouvelles.

Laurent Duval : Par contre aujourd’hui, si je fais un album et qu’on me demande de raccourcir un morceau je le fais, si ça peut permettre qu’il ait une diffusion et après des concerts. Je ferais la version longue en concert (rires). C’est comme la boîte de conserve, s’il faut la faire carré parce que ça se vend mieux.

Jean-Marc Millière : C’est une phrase que je vais retenir et ressortir. Il y a ma copine, Ecossaise, qui vient d’arriver, "qu’est-ce que tu en penses ?"… Elle veut des CD carrés (rires).

Le mot de la fin ?

Jean-Marc Millière : Ce qu’on veut ? Alors je vends une tête d’ampli Marshall JCM 800 (rires) à un très bon prix. Contactez-moi sur Facebook sur la page de Sonic Winter et on peut envisager un paiement échelonné (ndlr : l’annonce est sérieuse).

Laurent Duval : Et moi j’aimerais embrasser tous les gens qui ont bien aimé l’album de Sonic Winter…

Jean-Marc Millière : Tu sais que j’ai vu que nous avions de plus en plus de vues suite à ton article !

Laurent Duval : D’ailleurs, je tiens à te remercier parce que du coup, Jean-Marc m’a remercié (rires) d’avoir parlé de l’album.

Jean-Marc Millière : Et moi je te remercie…

Laurent Duval : Je tiens à te féliciter parce qu’au niveau de l’esprit c’est vraiment super, c’est la deuxième fois que je fais une interview avec vous et la première fois avec Manu on s’était vraiment éclatés, on avait fait une session et une interview où on tirait au sort les questions. Vous avez de bonnes questions et je me demande comment vous faites pour synthétiser tout ça…

Demain je ne vais pas écrire que j’ai les oreilles qui saignent, mais les doigts !

Là je te l’avoue lecteur, je suis flatté… Je te laisse lecteur, il faut que j’aille changer les pansements de mes doigts !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Party War on The Killing Floor de Sonic Winter

En savoir plus :
Le Bandcamp de Sonic Winter
Le Soundcloud de Sonic Winter
Le Facebook de Sonic Winter
Le site officiel de Jean-Marc Millière photographe

Crédits photos : Merci à Jean-Marc Millière pour les photos.


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# 15 octobre 2017 : Enfin l'été indien

Pas grand signe de soleil en août, pas du tout en septembre, voici que octobre nous surprend avec ses températures estivales. Presque de quoi faire oublier la triste actualité, le départ de Jean Rochefort, et Noël qui arrive à grands pas. Quoi qu'il en soit, voici de quoi se réjouir avec le sommaire de notre sélection culturelle hebdomadaire :

Du côté de la musique :

"Colors" de Beck
"Cannibale" de Calypso Valois
"Monsieur Django & Lady Swing - Django Extended" de The Amazing Keystone Big Band
"Hineininterpretierung" de DAAU
"Djakarta EP" de Djakarta
"Meredith" de King Child
"When morning comes EP" de Mika Hary
"Stargazing for beginners" de Pale Seas
"Si je suis encore là" de Pilhaouerien
Raqoons et The Off Keys en concert à Forum Disques pour la journée mondiale du raton laveur
et toujours :
"Drifters EP" de She Owl
"Le corps défendant" de Delphine Dora et Mocke
"Beethoven : Intégrale de l'oeuvre pour violon et piano" de François-Frédéric Guy et Tedi Papavrami
Gunwood en interview, autour de leur album "Travelling soul". Retrouvez également Gunwood en session live acoustique
"They've been called" de Jep and Dep
"Tardive / Issime" de La Tène
"Lilies" de Mélanie de Biasio
"Aronde" de Aronde
"Teenager" de Teenager
"Barje endurance" de Buridane

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Democracy in America" à la MC 93 à Boboiny
"Pièce en plastique" à l'Usine Hollander à Choisy-le-Roi
"Vénézuéla" au Théâtre 13/Seine
"L'Espace furieux" à l'Espace des Arts à Châlons-sur-Saône
"Haskell Junction" au Théâtre national de Bordeaux-Aquitaine
"Criminel" à la Manufacture des Abbesses
"Le Carrosse du Saint Sacrement" au Théâtre Darius Milhaud
"Noces" au Théâtre Rive Gauche
"Mon Ange" au Théâtre Tristan Bernard
"Hobobo" au Cine 13 Théâtre
"The Pianist" au Théâtre 13ème Art
les reprises :
"Les Vibrants" au Studio des Champs Elysées
"La Dame de chez Maxim" au Théâtre Rive Gauche
"Jeux de planches" au Théâtre du Marais
"Les Galets de la mer" au Théo Théâtre
"J'adore l'amour..." au Théâtre d'Edgar
les chroniques des autres spectacles d'octobre
et les chroniques des spectacles de septembre

Expositions avec :

"Anders Zorn, le maître de la peinture suédoise" au Petit Palais
"Etre pierre" au Musée Zadkine
et dernière ligne droite pour "Le pouvoir des fleurs - Pierre-Joseph Redouté" au Musée de la Vie romantique

Cinéma avec :

"Fréderick Wiseman par Frederick Wiseman" au Théâtre national de l'Odéon
les films de la semaine :
"The Square" de Ruben Ostlund
"L'Asssemblée" de Mariana Otero
"Zombillénium" de Arthur de Pins et Alexis Ducord
les chroniques des autres sorties d'octobre
et les chroniques des sorties de septembre

Lecture avec :

"L'amour est une maladie ordinaire" de François Szabowski
"Les aventures de Ruben Jablonski" de Edgar Hilsenrath
"Me voici" de Jonathan Safran Foer
"Underground rail road" de Colson Whitehead
et toujours :
"Pour te perdre un peu moins" de Martin Diwo
"Une odysée" de Daniel Mendelsohn
"Bonjour c'est l'infirmière !" de Charline
"Grand frère" de Mahir Guven
"Paysage perdu" de Joyce Carol Oates
"Tout sur le zéro" de Pierre Bordage

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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