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puce Peter Peter - Requin Chagrin
Le Grand Mix  (Tourcoing)  vendredi 19 mai 2017

Le chanteur Québécois Peter Peter a présenté, sur la scène du Grand Mix (Tourcoing), son dernier album Noir Eden : concert planant comme un long trip acide où ont circulé les émotions aussi diverses que la tristesse et l’euphorie, l’angoisse et la joie.

Mais c’est surtout une ligne mélancolique qui domine l’ensemble, soutenue par une musique pop de tendance électro et variété, traversée de temps à autre par quelques fulgurances rock.

Ces composantes ne suffisent toutefois pas à décrire de façon satisfaisante une impression confuse, que l’on peut assimiler à un flux.

Imaginez un mouvement ondulatoire, en lente progression, variable, transportant à tout instant une énergie. Cette musique nous laisse en effet dans une sensation constante d’apesanteur, d’où son caractère euphorisant.

On perçoit assez vite, d’ailleurs, que ce mouvement n’est pas sans rapport avec celui de l’inconscient.

Les paroles sont une libre association de mots, selon le principe de l’écriture automatique : "J'ai la saison que je veux quand je respire / Apparaissent mes vœux sans que je n'ai pu les dire / Je peux tout revivre et tout transformer" ("Bien réel").

Parallèlement à cette formule automatique, le chanteur invoque une errance de l’esprit, un dérèglement des sens où l’imaginaire et le réel entrent en fusion.

Par exemple, dans "Noir Eden", nous assistons à une collusion entre fiction et réel : l’histoire d’une personne, double de l’auteur assurément, emprisonnée dans sa douleur comme dans un mauvais rêve.

Le concert entier est en fait un dialogue ininterrompu entre les deux faces de Peter Peter : sa face imaginaire et sa face réelle.

On pense au film Les Amours imaginaires de Xavier Dolan (peut-être existe-t-il un certain style québécois en art, un code subtil basé sur la légèreté d’une posture, un dénominateur commun entre un cinéaste et un chanteur de variété québécois) où les histoires d’amour représentées se passent moins dans le réel que dans l’imaginaire : et il n’y a pas d’imaginaire sans emballement de l’imagination, sans redéfinition illusoire des sentiments, ni scénario idéal que chacun se raconte à soi-même.

"Moi et mes amis travaillons fort à noyer la douleur et l’ennui / Nous forgeons au sein de nos ivresses une version améliorée de la tristesse", chante ainsi Peter Peter sur un titre de son deuxième album. Quel programme magnifique, et avant-gardiste, que celui de vouloir améliorer un sentiment.

En première partie, nous avons savouré la juvénilité du groupe français Requin Chagrin : je parle avant tout de sa vivacité pop, de son ardeur rock, de son insolence punk.

Les chansons sont directes, d’une simplicité confondante mais empruntes d’un charme qui assurent à cette musique singularité et précision – bien que, ici et là, des influences sont perceptibles (qui peut prétendre être vierge de toute influence ?).

La simplicité n’est pas une chose aisée, après tout ; elle procède d’une sobriété, et d’une honnêteté qui caractérisent pleinement la chanteuse-compositrice Marion Brunetto. Le propos en tout cas est sympathique. D’autant que, derrière la surface mélancolique des chansons, nous devinons une joie, et quelque chose de l’ordre de l’exubérance. Il est fort à parier que, concernant le renouvellement de la pop garage, ce groupe ira loin.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Peter Peter
Le Bandcamp de Peter Peter
Le Soundcloud de Peter Peter
Le Facebook de Peter Peter
Le Bandcamp de Requin Chagrin
Le Soundcloud de Requin Chagrin
Le Facebook de Requin Chagrin

Crédits photos : Cédric Chort (retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


David Falkowicz         
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# 17 février 2019 : Presque le printemps

De Kafka à Kukafka, Miossec à Berlioz, il y a de quoi lire, voir, écouter cette semaine dans la petite sélection culturelle de nos chroniqueurs. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Gallipoli" de Beirut
"Ulysse et Mona" de Minizza
Rencontre avec Miossec autour de son album "Les Rescapés"
Une discographie d'Hector Berlioz par Jérôme Gillet
"Been meaning to tell you" de Ina Forsman
"4eme jour, Kan Ya Ma Kan" de Interzone
"A thousand days" de June Bug
EP de Bertille
"Morning room EP" de Catfish
"Souviens toi" de Laurent Montagne
"Blood siren" de Sarah McCoy
"Complètement flippé" de 16 Kat
et toujours :
"Persona" de Betrand Belin
"Les rivages barbelés" de Intratextures
"The mirror" de Nicolas Gardel et Rémi Panossian
"La révolte des couverts" de Wildmimi
"The sublime" de Yeruselem
"Aksham" de Aksham
"Last train" de Big Dez
"Tightrope EP" de Bigger
Caroline Loeb au Grand Point Virgule pour jouer "Comme Sagan" en live
Présentation du 11ème festival de Beauregard et de sa programmation
"Kalune EP" de Kalune

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Kafka sur le rivage" au Théâtre de la Colline
"Matin et Soir" au Théâtre de l'Aquarium
"J'ai pris mon père sur mes épaules" au Théâtre du Rond-Point
"Pourquoi dis, m'as-tu volé mes yeux" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Les membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Le bois dont je suis fait" au Théâtre de Belleville
"Peur(s)au Théâtre L'Etoile du Nord
"A vue" au Théâtre de la Tempête
"Merci" à La Folie Théâtre
"Barber Shop Quartet - Chapitre IV" au Théâtre Essaion
"Maria Dolorès y Habibi Starlight" au Café de la Danse
les reprises:
"Grande" au Centquatre
"Politiquement correct" au Théâtre de l'Oeuvre
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel" au Musée Jean-Jacques Henner
et dernière ligne droite pour "Rodin - Dessiner Découper" au Musée Rodin

Cinéma avec :

le film de la semaine : "Le jeune Picasso" de Phil Bradsky

Lecture avec :

"Dans la neige" de Danya Kukafka
Interview de Nylso dans le cadre du festival de la Bande Dessinée d'Angoulême
"L'île longue" de Victoire de Changy
"La main noire" de Robert Vincent illustré des musiques de Anthony Reynolds
"Le manufacturier / responsabilité absolue" de Mattias Köpling / Jocko Willink & Leif Babin
"Sans compter la neige" de Brice Homs
"So sad today" de Melissa Broder
et toujours :
"Angola janga" de Marcelo D'Salete
Interview de Stella Lory dans le cadre du festival de la BD d'Angoulême
"Gangs of L.A." de Joe Ide
"Hunger : une histoire de mon corps" de Roxane Gay
"L'Amérique derrière moi" de Erwan Desplanques
"L'ombre d'un père" de Christoph Hein
"Le président des ultra riches" de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot
"Que faire des cons ?" de Maxime Rovere
"Une éducation" de Tara Westover

Froggeek's Delight :

"I Will Survive" petit tour d'horizon des jeux dits "Survival"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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