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Conférence de presse  (Festival Solidays 2005)  10 juillet 2005

La conférence de presse de Vincent Delerm a eu lieu juste à sa sortie de scène sans qu'il ait eu le temps de prendre une pause. Il a néanmoins été fort aimable et disponible jusqu'à ce qu'une irrépréssible quinte de toux ne l'oblige à l'écourter.

Est-ce important de vous engager pour la cause du SIDA?

Vincent Delerm : Il n'y pas de hiérarchie dans les causes humanitaires. Il n'y en a pas de meilleurs que d'autres. Elles sont donc toutes bonnes et également louables. On voudrait toutes les servir mais ce n'est pas possible techniquement. Les limites de l'engagement ce sont des limites d'emploi du temps et de projets artistiques. Je ne me dis pas que le SIDA est plus important que les enfants qui sautent sur des mines ou que la mucovicidose.

Comment choisit-on ? Et bien cette année, le choix est lié au fait qu'à Solidays a été installé un chapiteau consacré à la chanson. Le choix est lié aussi au projet artistique qui nous ressemble. Au départ, je veux faire des chansons et des spectacles et même si c'est pour une cause il faut que ça ressorte à mon univers. Voilà mon critère de choix. Par ailleurs, pour d'autres causes, cela correspond à la signature.

La chapiteau Domino correspond à une grande salle ce qui diffère de vos lieux habituels. Ressentez-vous des émotions différentes ?

Vincent Delerm : Bizarrement, cela fait moins peur. Les gros chanteurs disent habituellement que faire le Zénith fait moins peur que des petites salles de 200 places. Et en même temps, c'est un peu abstrait. Il y a une masse de gens ce qui fait plaisir parce que cela regonfle et c'est hyper agréable. Après je sais très bien que personnellement je ne pourrais pas faire ça à longueur de temps car j'aurais l'impression de ne pas être tout à fait à ma place.

Je suis plutôt dans des salles intimistes qui ne font pas plus de 1 000-1 200 places. Les festivals d'été permettent aussi de lâcher un peu du lest. Pour ma part, je commence les tournées en septembre et je finis en juillet. Comme mes spectacles sont assez écrits et précis, c'est le moment où je lâche un peu.

Quels sont vos projets ?

Vincent Delerm : J'arrête la tournée fin juillet. Comme j'ai tourné un an dans de petits endroits avant mon premier album, un an avec mon premier album puis un an avec mon second, je ne me suis pas vraiment arrêté. Donc en septembre, je m'arrête et a priori l'enregistrement d'un album est prévu au printemps 2006 pour une sortie prévue en septembre 2006.

Quels sont les meilleurs souvenirs de cette tournée ?

Vincent Delerm : Comme je suis piano-voix, mes souvenirs sont hyper liés à l'équipe technique avec laquelle je suis. J'imagine que si j'avais des musiciens avec moi, j'aurais peut être ce rapport avec eux. Et quand je repense à cette année écoulée, je pense à eux et c'est peut être pas très sexy comme idée.

Et rien de marquant par ailleurs ?

Vincent Delerm : Non. Ce qui est marquant ce sont les villes qui sont censées être froides, comme Lyon et Bordeaux et qui ne le sont pas. A chaque fois que j'y ai joué, cela a été super chaleureux. Après, ce qui est marquant c'est de jouer avec quelqu'un d'autre. Dans 3 mois, le seul souvenir que j'aurais d'ici, ce sera le moment avec Jean-Louis Aubert, l'Olympia, c'est le moment où Souchon est venu.

Il y a une crise du disque et parallèlement la production française est prolifique. N'est-ce pas paradoxal ?

Vincent Delerm : Je ne sais pas. Il y a peu d'artistes qui soit viré au bout d'un album. Parmi tous ceux qui sont apparus récemment, on ne pas dire ceux qui resteront. Après le fait qu'il y ait beaucoup de gens qui ont un univers, qui apporte quelque chose et ont une présence sur scène, ç a c'est sûr. Il y a aussi beaucoup de gens qui ont envie de voir des concerts. Mais cela ne se répercute pas forcément sur les ventes de disques, même pour des gens assez exposés, très médiatisés qui ont des dossiers de presse conséquents et qui ne vendent pas beaucoup de disques. Cela constitue vraiment une nouveauté et c'est assez bizarre.

Par contre, sur la crise du disque en général, je revendique un peu l'idée que ce n'est pas mon métier. Je fais des chansons et des concerts, j'essaie de faire que tout le monde s'entende bien dans mon équipe et en studio. Les problèmes des maisons de disque relèvent de l'abstraction pour moi même si j'en entends parler car je suis sur une maison de disque qui peut se permettre de signer des nouveaux artistes quand elle a des projets qui marchent bien par ailleurs.

Un artiste peut-il se permettre de ne pas avoir de maison de disque ?

Vincent Delerm : Le gros problème, comme pour les bouquins, réside dans la distribution. Quand on fait des concerts, même en première partie, qui cartonnent – et il y a des groupes, comme Louise Attaque, qui sont connus pour choisir des groupes autoproduits pour leur première partie – et que les disques ne sont pas en vente dans les villes où ont eu lieu les concerts, cela ne sert à rien du tout car il n'y aura que quelques personnes qui ont de la suite dans les idées qui iront sur internet pour essayer de se procurer l'album. La distribution est primordiale et on ne peut avoir une distribution régulière qu'avec une maison de disque. C'est ce que je pense a priori mais ce n'est vraiment pas mon domaine.

Vous allez jouer très prochainement à Rouen, votre ville, Aux Terrasses du Jeudi. Comment appréhendez-vous ce concert ?

Vincent Delerm : Quand on m'a demandé de jouer à Rouen, j'ai dit si c'est dans les jardins de la mairie parce que j‘habite juste à côté. Du coup, ils y ont monté une salle spécialement. J'ai fait vraiment la diva et je suis hyper content car j'ai commencé à faire des chansons dans l'appartement qui est à Rouen donc c'est le fantasme absolu.

Je n'aurais jamais pensé que je ferais un concert juste en bas de chez moi. En même temps, le public normand n'est pas hyper chauvin. Donc ce n'est pas forcément le concert le plus simple à faire pour moi. J'ai fait une fois la salle Maxime Gorki et ça a été assez rude.

D'où vient votre simplicité et votre sensibilité à fleur de peau ?

Vincent Delerm : Je ne suis pas très simple en fait…

…dans l'apparence…

Vincent Delerm : Je suis content de vous donner de l'apparence…mais je ne sais pas trop quoi répondre. L'impression vient sans doute beaucoup du piano-voix qui fait que la complicité que je n'ai pas avec les musiciens se fait directement avec le public. Ce qui m'a toujours plu. J'ai fait les Bouffes du Nord avec des musiciens et cela s'est très bien passé. J'étais hyper content et pourtant j'étais aussi content de retrouver ensuite des sensations en étant seul.

Comme mon univers est un peu particulier et quand je dis quelque chose les gens ne savent pas forcément si c'est du second degré ou pas, le fait d'être seul clarifie un peu cela. Les gens ressortent de mes concerts en sachant un peu mieux qui je suis, davantage qu'en écoutant un titre ou deux en radio.

Y a-t-il une possibilité que les duos que vous avez fait figurent sur un CD ?

Vincent Delerm : Il est bien aussi parfois de faire des choses à l'occasion d'un concert sans qu'il reste des traces. Si chaque moment fort sort dans le commerce, du coup il n'y a plus de moments forts. Aujourd'hui, je crois que les photographes sont arrivés à un moment très précis et quand je jouais avec Jean-Louis Aubert il n'y en avais plus aucun. S'ils avaient été briefés avant sur la présence de Jean-Louis Aubert, ils auraient été présents.

Pouvez-nous parler un peu de l'aventure de "Les artistes Tot ou Tard en duos" l'album de duos sorti par votre label?

Vincent Delerm : Il y a eu plusieurs écoles chez Tôt ou Tard quand ce projet a été abordé. Certains étaient réticents, d'autres, dont moi, étaient enthousiastes.

Je jouais depuis déjà un moment avec Jeanne Cherhal et Mathieu Boogaerts. Cela a permis de réaliser des fantasmes de jouer notamment avec Lhasa et Dick Annegarn qui étaient les deux chanteurs les plus plébiscités et demandés.

C'était d'ailleurs un moment précieux tant pour eux que pour la maison de disque que de voir combien les artistes y étaient liés car ce sont deux artistes assez solitaires. Les premiers titres enregistrés me paraissent assez réussis et il n'y a pas eu de vieux brouillons ressortis pour l'occasion. Les 2 titres que j'ai écris, celui pour ASA et celui que j'ai chanté avec Matthieu, sont des chansons que j'aurais pu mettre sur un disque et auxquelles je suis hyper attaché. Je suis très attaché à l'album aussi.

La chanson de Dick et Matthieu est très belle, comme Demain demain, Fiancés, Trente balais…Cela permet aussi de tout remettre à plat artistiquement. Il n'y a pas les têtes d'affiche du label qui font 5 titres et les autres un demi. Ce projet a été géré avec beaucoup de classe par la maison de disque. Franck Monnet est un artiste très présent en termes de talent;

Vous avez écrit une chanson sur les journalistes et les interviews.

Vincent Delerm : C'est une chanson très au premier degré. C'est d'ailleurs davantage sur une tournure de questions un peu négative des journalistes du style "Ne craignez-vous pas que...". La chanson c'est très instinctif très intuitif très léger même si cela occupe beaucoup de temps dans notre tête. Cela reste quelque chose sur laquelle on ne peut pas se prendre la tête en se disant "Est ce que je ne fais pas quelque chose dont les gens vont se lasser dans 4 ans et achèteront plutôt Bernard Lavilliers ?."

Pour votre futur 3 ème album, souhaitez-vous vous orienter vers des thèmes plus graves ?

Vincent Delerm : Je considère les sentiments humains comme quelque chose de très très sérieux. Je ne place pas grand chose au delà en terme d'importance. Tous les concepts politiques ne sont que des dérives des rapports aux autres. Si je voulais faire cela je deviendrais homme politique mais ce n'est pas mon but.

Vous mettez les gens dans des cases ?

Vincent Delerm : Non, la politique c'est un vrai métier. Il y a un partage des tâches. Ainsi quand on me demande de définir mon univers : je suis chanteur, je ne suis pas journaliste.

Quels sont les apports des concerts avant votre médiatisation ?

A la fois, cela m'a apporté et en même temps les concerts faits après la sortie du premier album ne ressemblaient pas à ceux que j'avais fait auparavant quand il y avait 15 personnes au maximum. Ce que cela m'a apporté c'est l'envie de continuer aussi des amitiés avec ceux, peu nombreux, qui croyaient en ce que je faisais. J'en suis resté assez proche.

Le succès vous permet-il d'envisager de faire des choses que vous ne pouviez pas faire avant ?

Vincent Delerm : Oui, en termes de production, d'arrangements musicaux. Quant aux thématiques, on ne décide pas forcément au préalable. Récemment j'ai écris des chansons un peu différentes que je ne chante pas encore sur scène mais elles ne sont pas engagées politiquement.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Vincent Delerm
Le Tumblr de Vincent Delerm
Le Facebook de Vincent Delerm

Crédits photos : MM


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