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Soul Cinéma !  (Train Fantôme)  juin 2017

"Say It Loud, I’m Black And I’m Proud…"

"Au départ, il y a un programme que j’avais décidé de monter suite à une résidence à La Clef. Il y avait trois thèmes autour du cinéma : un sur François De Roubaix, un sur les BO de la French Touch, et Soul Cinéma ! était le troisième de la série. L’idée, c’était un DJ set live avec des musiciens. Des reprises qu’on s’approprie, des titres qui vont bien aux musiciens avec qui je partage la scène. S’il y a des morceaux connus tant mieux, mais ça n’est pas la ligne de départ".

A ces trois programmes, on peut y ajouter Cartoons, concert ludique autour des musiques de dessins animés et de films d’animation (Tex Avery, Chapi-Chapo, Bob l’éponge, Metroid Prime Hunters, Inspecteur Gadget, Piccolo Saxo…). Le rapport de la musique à l’image pour Fred Pallem, et son rutilant orchestre (Journal Intime (Sylvain Bardiau : trompette, Frédéric Gastard : saxophone, Matthias Mahler : trombone), Abraham Mansfaroll : percussions, Emiliano Turi : batterie, Guillaume Magne : guitare, Fréderic Escoffier : Rhodes, clavinet, Wurlitzer, Lisa Spada, Dom Farkas, Hugh Coltman : voix) est une véritable histoire d’amour. Nous nous étions enthousiasmé pour le disque sur François de Roubaix, mais c’est l’intégralité de la discographie (Le Sacre du Tympan, Le Sacre du Tympan (le retour !), La Grande Ouverture, Soundtrax) qui est à l’avenant. Cela serait mal connaître Fred Pallem que de penser qu’il allait faire simplement une compilation de reprises de thèmes issus de la Blaxploitation.

Le genre est apparu aux Etats-Unis au début des années 70, fait de films prioritairement à destination du public noir au casting avec des acteurs afro-américains, aux BO soul-funky. L’objectif d'Hollywood était de toucher un public très ciblé avec des films au budget souvent dérisoire. Tous les genres sont ainsi refaits à la sauce black-power : le polar avec Shaft, Coffy, Meurtres dans la 110ème rue… l’action avec Willie Dynamite ou Black Belt Jones, l'horreur avec Abby (remake de L'Exorciste) et Blacula. Les plus grands artistes de la soul, du R'N'B et du jazz se sont prêtés au jeu et ont composé quelques-unes des plus belles musiques pour le cinéma (Curtis Mayfield (Superfly), Marvin Gaye (Trouble Man), Isaac Hayes (Shaft), Roy Ayers (Coffy), Herbie Hancock (The Spook Who Sat By The Door)…).

Musiques alors assez éloignées des canons de l’époque, ce Soul Cinéma ! est un concentré de soul, de jazz mais surtout de groove ! Une musique forcément très sexy, vénéneuse, puissante, moite, luxuriante et (très) funky laissant une large place à l’improvisation. Donc ça déborde de cuivres, de solos virtuoses et endiablés et l’aspect rythmique y est prépondérant. L’harmonie s’en tient souvent aux accords blues et se recentre sur les rythmes de batterie, basse et sections de cuivres. Les riffs sont majoritairement courts, saccadés et le groove syncopé, amenant à un dialogue avec des solos de haute volée. Un disque qui en rappellera par certains titres ou compositeurs en commun, par la même intelligence musicale et par la même éblouissante interprétation, un autre : le superbe MoOvies de Médéric Collignon.

Nous avons profité de la sortie de ce disque pour poser quelques questions à Fred Pallem.

D’où vient cette passion pour le cinéma ? Ce rapport étroit que ta musique entretient avec l’image ?

Fred Pallem : Depuis l’enfance, je suis dingue de cinéma. Et cela, avant de me passionner pour la musique. Enfant, je découpais les fiches ciné dans Télé 7 jours, et je les collais dans des cahiers pour apprendre tout par cœur, la distribution, l’année, les acteurs… A 13 ou 14 ans, j’ai eu le droit d’aller au ciné seul, à Paris. Je suis allé voir Absolute Beginners. Quelle baffe !

Qui est Fred Pallem ? Quel est ton parcours de musicien ?

Fred Pallem : J’ai eu ma première guitare à 13 ans, trouvée par hasard sous le lit de mon paternel, et ma première basse dans la foulée. J’étais fan de Roger Waters et Robbie Shakespeare. J’ai fait l’école Boulle où j’ai eu mon bac spécialité arts plastiques, j’ai touché à tout : archi, design, sérigraphie, typographie, illustration, modèle vivant, le tout avant la révolution numérique, tout à la main.

Ma mère et ma tante bossaient dans la mode, mon père faisait du dessin technique et mon oncle du design, j’étais doué en dessin, puis j’ai commencé à bosser comme graphiste. Le chemin était tout tracé, alors changement de trajectoire, je plaque tout pour la musique, et à 23 ans j’entre au CNSM. Quatre ans plus tard, j'obtiens mon prix et le même jour, avec mon orchestre Le Sacre du Tympan, on rafle tous les premiers prix au concours de Jazz de la Défense en juin 2000.

Comment est née l’idée, l’envie de travailler avec un grand ensemble comme Le Sacre du Tympan ?

Fred Pallem : J’ai toujours été fasciné par les grands orchestres. Ça remonte à Chicago et Atom Heart Mother des Floyd peut-être. Avant le CNSM et donc avant Le Sacre, j’avais tenté des choses en grande formation, mais je n’étais pas au niveau. Au conservatoire, j’ai bossé pas mal et écrit mes premières compos dignes de ce nom. J’entendais déjà un truc orchestral. La grande formation, c’est ce qui me correspond le mieux.

Comment choisis-tu les musiciens qui vont t’accompagner ?

Fred Pallem : Cela dépend. Soit je vais écouter des musiciens en live, soit ce sont des rencontres ou des recommandations. C’est vital pour moi d’aller écouter les autres orchestres, ça me fait progresser, j’apprends des choses.

Nous allons parler de ton dernier disque Soul cinéma ! Comment est née l’idée de te réapproprier ce répertoire de la Blaxploitation ? N’est-ce pas juste un moyen détourné de continuer à creuser tes obsessions de cinéma, de funk, de soul, de jazz et de musique cuivrée ? Et puis cette musique permet également de laisser une marge aux musiciens et laisser libre leurs expressions musicales.

Fred Pallem : Oui, c’est surtout ça. J’avais envie de plus d’improvisation et plus de groove. C’est un tour de chauffe pour le nouvel album de compos qui arrive.

Cette musique a-t-elle bercé ton enfance comme a pu le faire celle de François de Roubaix dont tu avais consacré ton avant-dernier disque ?

Fred Pallem : Oui. Shaft de Isaac Hayes est la première BO funky que j’ai eu entre les oreilles.

Comment as-tu choisi les titres qui composent ce disque ?

Fred Pallem : En fonction de la place que les musiciens pouvaient y trouver pour l'impro avant tout. Je ne cherche pas à faire forcément des trucs hyper connus, ou à déconstruire systématiquement.

Comment s’est passée la phase de (re)composition des titres ?

Fred Pallem : Ce sont des interprétations. Comme les musiciens classiques qui sont des interprètes, chacun joue Bach, Mozart à sa façon. Nous, on est plus sur Quincy, Shiffrin...

As-tu écouté Moovies, le disque de Médéric Collignon et du Jus de Bocse avec également des reprises des thèmes de Qunicy Jones, Lalo Shifrin ?

Fred Pallem : On m’en a parlé au moment où on faisait l’album et j’ai écouté ensuite. Cela ne m’étonne pas que nous ayons eu la même idée avec Médo. On a joué ensemble plusieurs années, on a fatalement des goûts en commun.

Quels sont tes futurs projets ?

Fred Pallem : Un nouvel album de compos originales. Et un projet avec des musiciens classiques, avec cordes, etc. avec des compos également.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album François de Roubaix de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
La chronique de l'album Cartoons de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
La chronique de l'album L'odyssée Remix de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan

En savoir plus :
Le site officiel de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
Le Soundcloud de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
Le Bandcamp de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
Le Facebook de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan


Le Noise (Jérôme Gillet)         
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# 1er juin 2020 : Retour à la réalité

Le monde d'après ne sera sans doute pas mieux que celui d'avant. Ces 2 mois de répit n'auront sans doute servi qu'à amplifier les frustrations en tout genre. Sans prétendre y remédier voic de quoi vous détendre un peu avec notre sélection culturelle de la semaine.

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"Ma soeur est un chic type" de Pierre Palmade
"Pièce montée" de Pierre Palmade
"10 ans de mariage" de Alil Vardar
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"On dînera au lit" de Marc Camoletti
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un spécial Christophe Alévêque à l'occasion de son inédit 2020 "Le trou noir"
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