Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Ava
Léa Mysius  juin 2017

Réalisé par Léa Mysius. France. Comédie dramatique. 1h45 (Sortie le 21 juin 2017). Avec Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano, Tamara Cano, Daouda Diakhate, Baptiste Archimbaud, Franck Beckmann, Ismael Capelot et Valentine Cadic.

Rares sont les films qui s'ouvrent sur un plan aussi beau, digne d'une photo de Martin Parr, plan qui se poursuit par une séquence presque irréelle, elle aussi saisissante de beauté et d'étrangeté.

D'une plage multicolore aux mille personnages surgit un chien noir qui se faufile entre les plagistes pour rejoindre une jeune fille allongée et endormie, qui se révèlera être Ava, et tout le film trouve d'emblée ce qui va être son climat entre ombre et lumière.

Tourné en 35 millimètres, "Ava" de Léa Mysius est un film têtu, un film de parti-pris esthétiques et scénariques. On pourra le trouver maniéré dans sa forme, chantourné dans son fond, n'empêche qu'il a une personnalité rare pour un film français, issu d'une élève de la Fémis de surcroît, co-scénariste du dernier Desplechin pour ne rien arranger...

Ava, c'est le prénom d'une adolescente de 13 ans qui vit avec sa mère et sa toute petite sœur, une mère qui a presque quarante en est encore à tomber amoureuse du premier venu. Récit d'un été particulier, parce que Léa Mysius et son co-scénariste chef op, Paul Guilhaume, lui ont collé un destin terrible : Léa perd progressivement la vue, ne voit absolument plus quand il n'y a plus de lumière...

Dès lors, son comportement erratique d'ado prend une toute autre dimension avec la rencontre d'un jeune et ténébreux gitan, Juan,le "maître" du chien noir. Dès lors, le film lui-même partira dans tous les sens jusqu'à pratiquer le "split screen", jusqu'à passer par l'inévitable case "gens du voyage", ou à s'attarder sur un cheval perdu sur une route déserte, réminiscence peut-être de "L'enfance d'Ivan" de Tarkovski.

Jouant avec les codes, "Ava" de Léa Mysius se rappelle des "Amants de la nuit" de Nicholas Ray, mais les situe en pleine lumière pour réaffirmer qu'une adolescence sans révolte n'est que ruine de l'âme.

Extrêmement bien photographié par Paul Guilhaume, le film bénéficie aussi d'une bande-son solidement charpentée, entre thèmes qui rappellent "la blaxploitation" et surtout la présence lancinante du sublime "Sabali" d'Amadou et Mariam.

Mais c'est évidemment le casting qui emporte d'abord la conviction avec une Laure Calamy inévitable, irremplaçable et qui donne généreusement la réplique à sa jeune partenaire, Noée Abita, un joyau brut de décoffrage dont on ignore le devenir, mais dont on n'oubliera pas la belle sauvagerie qu'elle donne à son interprétation d'Ava.

Vanter un film, c'est prendre forcément un risque. "Ava" de Léa Mysius n'est peut-être qu'un "truc" d'époque dont, dans quelques années, qu'on se repentira d'avoir aimé à l'instar d'un critique lambda des "Inrocks" qui, lui, ne s'en repentira pas.

Mais, aujourd'hui, en pleine canicule de juin 2017, on est convaincu que Léa Mysius a réalisé un film bluffant illuminé par la fraîcheur troublante de Noéé Abita.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=