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Interview  (Paris)  juillet 2005

Nouvelle sensation anglaise de l'année, James Blunt s'en va-t-en guerre contre…la guerre justement. Et publie un Back to Bedlam qui casse l'image du chanteur engagé aux grandes valeurs morales idéalistes.

Des bons sentiments, de l'humour et un sourire ravageur, voici James Blunt en interview au siège de la Warner.

Toutes les biographies vous concernant en parlent, vous venez d'une famille fortement imprégnée de la culture militaire... Mon père est militaire mais je ne suis pas devenu un grand songwriter pour autant ! Comment êtes vous devenu musicien exactement ?

James Blunt : En fait, mon père ne ramenait pas l'armée toute entière à la maison le soir ! Nous déménagions tous les deux ans, mais ça n'a pas empêché ma mère de m'initier à la musique classique. Le violon à 5 ans, le piano à 7, mais le vrai déclencheur reste la découverte de la guitare électrique à 14 ans, beaucoup plus rock'n roll que le piano. Toutes ces leçons et ces théories… très ennuyeux.

Alors, bilan des courses…Plutôt piano ou guitare ?

James Blunt : Aujourd'hui j'arrive à prendre du plaisir avec les deux, si je se puis dire…Un piano peut remplir l'espace et se suffire. Mais la guitare est définitivement plus facile à transporter en voyage, donc… La musique est tout le temps en moi, et ça depuis l'age de 14 ans. Même si j'ai dû m'engager dans l'armée assez jeune, j'ai toujours été confiant, et l'idée de devenir musicien ne m'a jamais quitté.

A l'armée on ne m'a pas surnommé "The Music guy" pour rien quand même ! L'armée a été une expérience très enrichissante et m'a aidé à payer mes quatre années d'université… Mais la vie est courte, et j'ai finalement composé les chansons de ce premier album.

Quelles musiques ont bercé votre enfance au bout du compte ?

James Blunt : J'ai fait mon éducation musicale avec deux cassettes de mes parents, une des Beatles et l'autre des Beach Boys, pas "Pet sounds", sûrement un best of… Mais la première grosse découverte fût le "Wish you were here" des Pink Floyd, puis les albums échangés à l'école, les Led Zeppelin, The Pixies...

"Back to Bedlam" laisse apparaître une naïveté et une innocence proche des Beatles non ?

James Blunt : Effectivement cet album est avant tout positif, avec de vraies émotions. Mais pour autant je ne pense pas que cela se ressente dans mes compositions. Toutes ces notes sont juste calées dans un coin de ma tête…

Ce titre sur l'album, "So long Jimmy" est évidemment une dédicace à Hendrix. Pourquoi avoir choisi ce guitar hero et pas John Lennon ou même U2, des artistes très pacifiques ?

James Blunt : Comme tout enfant des 60' , j'ai grandi avec la guitare de Jimmy Hendrix, ou la poésie de Jim Morrison… Ce sont de merveilleux souvenirs et une partie de mon enfance. C'est en arrivant à Los Angeles pour enregistrer mon album que j'ai pris conscience que c'était mon tour ! Je n'étais jamais rentré dans un studio avant cela…. Tom Rothtock (Ndlr : Producteur entre autre d'Elliot Smith et Beck) m'a convaincu d'enregistrer cet album à L.A., et vu que j'avais adoré XO d'Elliot Smith, je me suis dit que c'était le bon endroit pour commencer !!

Autres paysages, autres cultures… Que retenez-vous de votre mission en tant que militaire dans les Balkans ?

James Blunt : (Soupir…) La même impression qui se dégage de toute guerre…La campagne, les Serbes et les Croates qui s'entretuaient, des génocides et la destruction. Une impression générale de fin du monde. Et notre rôle était "simplement" de promouvoir la paix à travers le pays, quelques fois seulement avec une guitare, et la plupart du temps avec des tanks…

Cette étape de votre vie a sûrement influencé certaines chansons de Back to Bedlam non ?

James Blunt : Une chanson comme "No bravery" ne serait sans doute pas sur l'album sans mon passage au Kosovo c'est certain…Ce n'est pas seulement une protest song contre la guerre, mais aussi sur les relations humaines et la façon de se comporter face au danger. Pour en revenir à la guerre en général, je ne crois pas qu'il y en ait de bonnes, simplement des enjeux financiers ou politiques comme en Irak par exemple.

Mais s'il fallait rempiler pour une mission humanitaire je le referais immédiatement….Serbes et Croates nous remerciaient tous d'être présent pour les aider, c'est l'essentiel pour moi. Les femmes voulaient nous épouser !!

Pour finir sur une note positive, un album à écouter en boucle ces jours-ci, excepté le vôtre bien sur…

James Blunt : "Wish you were here" du Floyd, tout Cat Power, The Killers, un très bon groupe américain et Elliot Smith, definitely…

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Back to Bedlam de James Blunt


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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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