Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Une odyssée
Daniel Mendelsohn  (Editions Flammarion)  septembre 2017

Il y a dix ans déjà, Daniel Mendelsohn recevait le prix Médicis pour son livre Les disparus dans lequel il relatait la disparition d’une partie de sa famille, son oncle, sa femme et ses cousines, en 1941 dans l’Est de la Pologne. En partant sur leurs traces, il livrait un livre lumineux sur le passé perdu de sa famille pendant la shoah.

Daniel Mendelsohn, professeur de littérature classique à Bard collège dans l’Etat de New York, est de retour en ce mois de septembre avec un livre tout autant magnifique dans lequel la famille continue d’être le moteur de son écriture. Ici, c’est de son père dont il nous parle, Jay Mendelsohn, qui, il y a quelques années, alors âgé de quatre-vingt-un ans, décide de suivre le séminaire que son fils consacre à l’odyssée d’Homère. Ils s’affrontent alors dans la salle de classe, puis se découvrent pendant les dix jours d’une croisière thématique sur les traces d’Ulysse. L’odyssée d’Homère, que père et fils vont explorer ensemble se retrouve alors faire écho à un récit merveilleux sur la redécouverte mutuelle de ces deux êtres liés par le sang.

J’ai lu récemment le dernier très beau livre de Richard Ford, Entre eux, dans lequel il rend un hommage bouleversant à ses parents défunts. Richard Ford posait des mots très forts sur son père, qu’il admirait, le remerciant de ce qu’il était devenu grâce à lui. J’ai adoré ce livre et j’ai retrouvé les mêmes sensations en lisant le dernier livre de Mendelsohn. Evidemment la démarche de Mendelsohn, dans son livre est sensiblement différente car, quand Richard Ford nous raconte son père, à travers souvenirs et photos, lui nous raconte son séminaire sur Homère devant son père puis leur voyage sur les traces d’Ulysse. Le texte qui complète le titre du livre "un père, un fils, une épopée" traduit parfaitement la trame du livre, qu’il a décidé de dédier à sa mère, tout en rendant hommage à son père, décédé un an après le séminaire sur Homère, apprend-on au début du livre. Ce livre, c’est au final, un roman d’amour pour son père. Un très grand roman d’amour.

Ce livre, c’est en fait plusieurs livres avec une narration circulaire mêlant histoires basées dans le présent tout en parlant aussi dans le passé. C’est l’histoire de deux êtres, qui s’aiment, s’estiment mais s’ignorent. Ils vont se retrouver et se reconnaître autour du texte de l’Odyssée. Mendelsohn nous offre, et le mot est faible, une lecture passionnante et érudite de l’Odyssée (on a parfois l’impression de redevenir étudiant, se retrouvant comme faisant partie de ce séminaire) sur laquelle il va croiser la relation d’un père et d’un fils, autour d’un séminaire puis d’un voyage.

Jay Mendelsohn devient le temps du séminaire, son élève, au même titre que ses étudiants. Il intervient souvent, car il n’aime pas Ulysse (qui pour lui n’est pas héros), mettant souvent dans l’embarras son fils. Les débats sont intenses, formidablement narrés par Mendelsohn. Le père pousse le fils dans ses retranchements. Au départ surpris de cette présence paternelle, les étudiants apprécient la présence de ce père parmi eux, notamment son engagement. Ils s’amusent à ses côtés mais profitent aussi de ses nombreuses réflexions.

Les deux Mendelsohn vont ensuite partir sur un paquebot, pour une croisière sur les traces d’Ulysse. La croisière sera l’occasion de nombreuses visites, d’aventures incroyables et touchantes, notamment lors de la visite de la grotte de Calypso (scène très touchante où le père aide son fils à vaincre sa claustrophobie) ou avec la découverte de Troie qui vont lui permettre de découvrir des facettes de son père qu’il ne connaissait pas et qui vont le toucher.

Leur voyage devait les emmener jusqu’à Ithaque, ils n’iront pas. Daniel Mendelsohn fera, à la place, une conférence sur le paquebot autour d’"Ithaque", un poème de Constantin Cavafy, pour lequel il recevra de chaleureuses félicitations de son paternel. Un grand moment d’émotion pour Daniel Mendelsohn…

Ce livre, c’est aussi l’occasion de nous raconter, nous confirmer sa passion pour la culture grecque, et son choix de s’y intéresser, notamment du fait de son homosexualité, car jeune juif, la culture grecque semblait plus ouverte vis-à-vis des homosexuels que la culture juive. Il nous raconte aussi ses relations compliquées avec son père pendant sa jeunesse et nous explique aussi, dans un très beau passage, pourquoi son père a réagi avec tendresse à son Coming-Out quand il avait vingt ans.

Une Odyssée est donc un livre érudit, plein de tendresse, très personnel aussi mais qui a le mérite de parler à tous. Ce livre est juste passionnant, de bout en bout. Il fait partie de ceux dont je vais me souvenir longtemps mais surtout de ceux qui auront réussis à me transmettre de nombreuses connaissances mêlées à de très belles émotions.

L’Iliade et l’odyssée font partie des épopées les plus fameuses mais dorénavant, il faudra compter sur celle de Daniel Mendelsohn et de son père.

Et Daniel Mendelsohn est un grand écrivain, qu’il faut absolument lire.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Daniel Mendelsohn
Le Facebook de Daniel Mendelsohn


Jean-Louis Zuccolini         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 15 juillet 2018 : Allons z'enfants !

On continue le tour des festivals avec les Eurockéennes et le Hellfest, mais aussi le Off d'Avignon et plein d'autres belles choses à découvrir tout de suite dans le sommaire de la semaine :

Froggeek' s Delight :

"Detroit : Become Human" de Quantic Dreams sur PS4
La mode du Battle Royale va-t-elle tuer la créativité
dans le jeu vidéo ?

Du côté de la musique :

"Cover me session" de Hugo
On démarre la revue des festivals avec le Hellfest où nous avons passé 3 jours de folie :
Vendredi au Hellfest avec Joan Jett, Meshuggah, Juda Priest, A Perfect Circle...
encore le Hellfest le Samedi avec Rise of the Northstar, Pleymo, Deftones, Dimmu Borgir...
et on fini le Hellfest le Dimanche avec Megadeth, Iron Maiden, Marilyn Manson...

changement de décor, Vendredi au Eurockéennes de Belfort avec Beth Ditto, Prophets of Rage, Nine Inch Nails...
toujours les Eurocks, la journée du samedi en compagnie de Truckks, Queens of the Stone Age, Jungle ... (et semaine prochaine, le dimanche)
retour sur les 4 jours au festival de Beauregard :
Vendredi avec Charlotte Gainsbourg, Orelsan, Jack White, MGMT...
Samedi avec Eddy de Pretto, Black Rebel Motorcycle Club, Simpl Minds...
Dimanche avec Parquet Courts, The Breeders, At the Drive In, Bigflo & Oli...
et le bouquet final du lundi avec Depeche Mode, Girls in Hawaii et Concrete Knifes
et toujours :
"The symphonies" de Arvo Part
"Chambre noire" de Alexandre Nadjari
"What we've drawn" de Fuzeta
"Avec du noir avec du blanc" de Olivier Depardon
Shaggy Dogs en interview autour de leur album "All Inclusive"
"Murmures" de Tom Bourgeois

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Italienne, Scène et Orchestre" à la MC 93 à Bobigny
"Bohême, notre jeunesse" à l'Opéra Comique
"Les Liaisons dangereuses" au Théâtre de Nesle
"Dîner de famille" au Théâtre d'Edgar
"Seconde chance" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
dans le cadre du Festival au Village à Brioux-sur-Boutonne :
"Les Gravats"
"Au Banquet de Gargantua"
les chroniques des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon
et les chroniques des spectacles à l'affiche pour l'été parisien

Expositions avec :

"Kent Monkman - Beauty and the Beasts" au Centre Culturel Canadien
et la dernière ligne droite pour :
"Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris" au Musée Jacquemart-André
"Corot - Le Peintre et ses modèles" au Musée Marmottan-Monet

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Paul Sanchez est revenu !" de Patricia Mazuy
"Penché dans le vent!" de Thomas Riedelsheimer
dans la catégorie Oldies but Goodies en version restaurée :
"Les Dames du Bois de Boulogne" de Robert Bresson
"Laura nue" de Nicolo Ferrari
les chroniques des sorties de juin
et les chroniques des autres sorties de juillet

Lecture avec :

"Génocide(s)" de Kazuaki Takano
"Le dernier tableau de Sara de Vos" de Dominic Smith
"Réveille-toi !" de François Xavier Dillard
"Le président a disparu" de Bill Clinton et James Patterson
"Sur un mauvais adieu" de Michael Connelly
et toujours :
"Histoire du fascisme" de Frédéric le Moal
"Jesse le héros" de Lawrence Millman
"Taqawan" de Eric Plamondon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=