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puce Sandra (Vaghe stelle dell'orsa)
Luchino Visconti  septembe 1965

Réalisé par Luchino Visconti. Italie/Etats Unis. Drame. 1h40 (Sortie septembre 1965). Avec Claudia Cardinale, Michael Craig, Jean Sorel, Marie Bell, Renzo Ricci, Fred Williams et Amalia Troiani.

Le monde change sans eux. Ils ont aimé la beauté, avec emportement. Et puis la beauté est partie. La mort est descendue, comme la peste est descendue sur Venise, empuantissant les canaux, emplissant d’une pourriture mortifère les rues les plus belles.

Dans les salles de bal, au petit matin, les femmes ont le visage défait. Les domestiques vident en silence les pots de chambre. Assis dans un large fauteuil, un vieil homme attend le pas de la mort. Les familles se disloquent, détruites par le désir. Prises dans le mouvement de l’histoire qui est aussi celui des passions.

Mais un jeune homme s’allonge, offre son visage. Un autre expose sans pudeur la pâle douceur de son dos. Un garçon en maillot de bain rouge se promène sur la plage. Son nom est comme une chanson. L’espace d’un instant, tout s’arrête. Le temps d’une valse, un homme a tenu une jeune femme par la taille. Du fond des nuits blanches percent les premières étoiles du matin.

"Belles étoiles de l’Ourse, je ne croyais pas revenir encore, comme jadis, vous regarder briller au-dessus du jardin paternel, et m’entretenir avec vous des fenêtres de cette maison où j’habitai enfant et qui vit finir mes joies."* 

Ces mots de Leopardi reviennent sur les lèvres de Gianni (Jean Sorel). Il est apparu, dans l’obscurité du jardin. Fantôme au milieu des fantômes, pareil au buste du père recouvert d’un linceul blanc agité par le vent. Il enfouit son visage dans le cou de sa sœur, cherche sa chaleur des lèvres.

Sandra (Claudia Cardinale), mariée à un riche Américain (Michael Craig), était revenue dans la maison familiale de Volterra pour inaugurer un parc à la mémoire de son père, juif assassiné pendant la guerre. Peut-être avec la complicité des notables, qui l’ont dénoncé. Ou même de sa propre mère, qui se remaria avec son amant.

C’est l’histoire contemporaine de l’Italie que convoque Luchino Visconti, en particulier la complaisance des puissances face au nazisme, que l’on retrouvera au centre de "Les Damnés" dix ans plus tard, et l’hypocrisie des notables qui se réfugient dans leur respectabilité. Mais le traitement est celui de la tragédie antique.

Sandra est la petite-fille d’Electre. Bourgeoise sage, elle se transforme progressivement en princesse antique, enfiévrée par son désir de vengeance. Veuve de son père, elle crie son dégoût au monde. Filmée comme un animal sauvage, son dos puissant à nu, sa chevelure retombant en une lourde crinière, Claudia Cardinale est un corps enragé, lourd de sensualité.

Sensualité que l’on retrouve lors de ses échanges avec son frère à la beauté douloureuse de héros romantique. Dans un noir et blanc splendide, Luchino Visconti fait son portrait amoureux : si noirs les cheveux, si blanche la peau ; les yeux sont les étoiles pâles qui affrontent la nuit de la tragédie, et préfèrent se fermer devant la menace des Erinyes.

Cette sensualité étouffante, fruit d’un désir incestueux emplit les espaces vides du Palais, véritable labyrinthe où les souvenirs de la guerre continuent à vivre derrière les portes fermées.

Dans cette vaste carcasse, abri dernier des luxuriances du passé - une constante chez Luchino Visconti et ses dandys esthètes - les fantômes de l’enfance resurgissent, effaçant les années. Faut-il alors s’engouffrer dans l’obscurité, ou aller vers la lumière ?

 

 

* Giacomo Leopardi, "Les souvenirs" in Poésies et Oeuvres morales de Leopardi 
 

Anne Sivan         
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vous pouvez également revoir notre première émission "La mare aux grenouilles" sur la Froggy's TV. Suivez la chaine pour ne pas rater émissions et concerts en direct.

Du côté de la musique :

"Nunataq" de Alexandre Herer
"Vodou Alé" de Chouk Bwa & The Angstromers
"Wallsdown" de Enzo Carniel
Interview de Jo Wedin et Jean Felzine à l'occasion de leur concert sur la Froggy's TV
"Pictures of century" de Lane
"Lullaby (mix #15)" nouvelle émission de Listen In Bed à écouter
"Introssessions" de Minhsai
"Guinea music all stars" de Moh! Kouyaté
"Parcelle brillante" de Orwell
"Evocacion" de Quatuor Eclisses
"Is this natural" de Tazieff
"EP 2" de The Reed Conservation Society
et toujours :
Interview de Roman Rappak autour de son nouveau projet Miro Shot
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"Night dreamer direct to disc sessions" de Gary Bartz & Maisha
"Mareld" de Isabel Sörling
"Miroir" de Jean Daufresne & Mathilde NGuyen
"Self made man" de Larkin Poe
"Notre dame, cathédrale d'émotions" de Maitrise Notre Dame de Paris
"Enchantée" de Marie Oppert
"Miroirs" de Quintet Bumbac

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

les créations contemporaines :
"Le Mardi à Monoprix" de Emmanuel Darley
"Lucide" de Rafael Spregelburd
"Le Royaume des animaux" de Roland Schimmelpfennig
"Délivre-toi de mes désirs" de María Velasco
"L'étudiante et Monsieur Henri" de Yvan Calbérac
de la comédie signée Pierre Palmade:
"Ma soeur est un chic type" de Pierre Palmade
"Pièce montée" de Pierre Palmade
"10 ans de mariage" de Alil Vardar
Au Théâtre ce soir :
"On dînera au lit" de Marc Camoletti
"Le canard à l'orange" de William Douglas Home
"L'Or et la Paille" de Barillet et Grédy
les classiques par la Comédie française :
"L'Avare" de Molière
"Les Rustres" de Goldoni
du côté des humoristes :
un spécial Christophe Alévêque à l'occasion de son inédit 2020 "Le trou noir"
avec
"Christophe Alévêque - Super rebelle... et candidat libre"
"Christophe Alévêque revient bien sûr"

"Christophe Alévêque - Debout"
et du théâtre lyrique revisité:
"Le Postillon de Lonjumeau" d'Adolphe Adam par Michel Fau
"Turandot" de Puccini par Robert Wilson
et de la caricature joyeuse avec "The Opera Locos"

Expositions :

découvrir la visite en ligne d'expositions virtuelles annulées :
"Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique" au Musée de l'Orangerie
"Pompéi" au Grand Palais
et "Plein air, de Corot à Monet" au Musée des Impressionnismes de Giverny
s'évader en un clic en direction de la province :
à Nice pour une visite virtuelle du Musée Magnin et celle de l'exposition "Soulages, la puissance créatrice" à la Galerie Lympia
de l'Europe :
en Espagne vers le Musée Carmen Thyssen à Málaga
et en Allemagne avec la visite des 3 niveaux de la Kunsthalle de Brême
et plus loin encore aux Etats-Unis vers le Musée Isabella Stewart Gardner à Boston
et le Musée d'Art de Caroline du Nord à Raleigh
avant le retour sur Paris pour découvrir les éléments décoratifs de L’Opéra national de Paris

Cinéma at home avec :

de l'action :
"Code 211" de York Alec Shackleton
"Duels" de Keith Parmer
de la comédie : "Le boulet" de Alain Berbérian et Frédéric Forestier
du drame :
"Marion, 13 ans pour toujours" de Bourlem Guerdjou
"Happy Sweden" de Ruben Östlund
de la romance :
"Coup de foudre à Jaïpur" de Arnauld Mercadier
"Marions-nous !" de Mary Agnes Donoghue
du thriller :
"The Watcher" de Joe Charbanic
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du fantastique : "Godzilla" de Masao Tamai
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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