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puce Pop Art - Icons that matter - Collection du Whitney Museum of American Art de New York
Musée Maillol  (Paris)  Du 22 septembre 2017 au 21 janvier 2018

Au Musée Maillol, l'exposition "Pop Art - Icons that matter" conçue par le Whitney Museum of American Art, New-York sous le commissariat de David Breslin et Carrie Springer, respectivement conservateur et directeur de collection de la famille DeMartini et conservatrice adjointe audit musée, propose un épatant "artistic digest" du Pop Art.

En effet, placé sous une gestion exemplaire du panorama avec un florilège de 24 artistes majeurs et le souci du didactisme, avec de nombreux et conséquents cartels, le "Top du Pop" est présenté en soixante-cinq oeuvres.

Déployées en six sections analytiques composées de stations monographiques, elles mettent en évidence l'hétérogénéité et l'ambivalence du popisme dans une traversée lisible d'une page de l'Histoire de l'Art américain.

Icons matter : De Lichtenstein à Warhol, du roi au pape du Pop, tout ce que vous avez voulu savoir sur le Popisme

Dans les années 1950, la résistance s'organise contre la suprématie de l'expressionnisme abstrait avec un retour à la figuration qui se déploie aux Etats Unis sous une forme nationale baptisée Pop Art qui se positionne également en opposition avec la tradition picturale considérée comme élitaire.

Sa spécificité tient à ce que ce mouvement protéiforme est intimement lié au contexte étasunien, celui de l'American way of life pour lequel il constitue, ainsi que le précise la commissaire Carrie Springer, "une réponse authentique à une situation historique".

Ses fondamentaux tiennent à son ancrage dans la culture de masse populaire, caractérisée notamment par le consumérisme, une culture de parc d'attractions et une appétence pour les icônes profanes, le recours au graphisme utilisé par les mass médias, de la publicité aux comics, l'esthétique du "hard-edge" avec des aplats de couleur pour simuler la bidimensionnalité, l'exécution mécanique et la fictionnalisation du réel ordinaire, une sorte de "normcore" artistique, à la sauce du sentimentalisme soap.

Même s'il ne s'agit pas d'un art de la transcendance, les artistes pop naviguent du divertissement au cynisme en passant par la satire socio-politique et, en premier de cordée, Roy Liechtenstein qui connaît ses Maîtres et procède à une réinterprétation contemporaine des images en déclinant les motifs à sa "sauce" façon sérigraphie ("Girl in Window" de la peinture flamande ou le "Gold Fish Bowl" matissien) ouvre la marche d'un défilé qui se déroule sur deux niveaux white cube avec en vigie le "The bus station" de George Segal.

Suivent des tableaux grands comme des panneaux publicitaires et des sculptures-installation monumentales consacrant la banalité ordinaire et triviale des addictions tels les mégots ("Giant Fagends") et les frites-ketchup ("French Fries and Ketchup") de Claes Oldenburg

Ainsi que les "tableaux urbains" de James Rosenquist ("Broome Street Trucks after Herman") et Edward Ruscha ("Large Trademark with Eight Spotlights Melville" qui figent un environnement essentiellement marchand et superficiel dans lequel l'individu dépersonnalisé est réduit à sa fonction de consommateur.

Et surtout la femme, cible première de la publicité dans les deux sens du terme, comme consommatrice et comme marchandise. Car les années 1970 sont celles de la révolution sexuelle et de l’émancipation d’un corps réprimé sous le joug d’une culture puritaine qui impacte notamment la condition féminine d'un double effet pervers, celui de l'objetivation du corps et la marchandisation de la chair.

Avec notamment, du "vulgaire" au "porno chic", l'asservissement à la libido et au fantasme hétérosexuel masculin véhiculés par la publicité épinglés par Tom Wesselmann ("Great American Nude #57"), Roy Schnackenberg (The morocycle") et Mel Ramos ("Tobacco Rhoda").

Les artistes proto-féministes et les feministes militantes s'y attaquent résolument Christina Ramberg ("Istrian River Lady") avec ses corps-troncs "ligotés" par les signes sexuels de l'érotisme imagier qui conduisent à l'oppression des femmes jusqu'à l'extême avec Rosalyn Drexler ("Marilyn pursued by death").

De même May Stevens avec son personnage polysémique de Big Daddy, figure emblématique de l'américain "wasp", symbole de l'autoritarisme paternel et de la domination masculine ("Triple Daddy Blue") ainsi que de l'impérialisme américain dont John Wesley Balhans fustige l'institution militaire ("Priscilla the Hun", "American Expeditionnay Forces", "General", "Compleat Fritz", "Shoot him") en l'infantilisant.

A la dialectique "maman ou putain", le Pop Art ajoute une troisième voie celle de l'iconification profane car les hommes ont besoin de nouvelles idoles fédératrices. Ainsi la "Madonna and child" de Allan D'Arcangelo avec la silhouette reconnaissable de Jackie Kennedy.

Le chantre de cette pratique est naturellement Andy Warhol qui clôt légitimement la (dé)monstration par son art du portrait dans ses encres sérigraphiques, le "Beautiful People" des stars hollywoodiennes comme Marilyn Monroe ("Marilyn") aux personnalités dont Jackie Kennedy ("Nine Jackies").

Et elles côtoient des oeuvres inscrites dans l'actualité de son temps telles son "Electric chair", à double sens, image létale comme allégorie de la mort, un de ses thèmes récurrents, réalisée dans le contexte du mouvement de protestation contre la peine de mort des années 1960 tout comme "Before and after, 4" sur le désir de perfection et de conformité avec les diktats sociétaux véhiculés par les médias qui créent, ou, pour le moins, relaient les dérives de la société de l'image..

A l'affiche donc, les "must" avec également, entre autres, Robert Rauschenberg, Jasper Johns et Jim Dine pour une passionnante et édifiante immersion dans le Pop américain.

 

En savoir plus :

Le site officiel du Musée Maillol

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation du Musée Maillol


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# 23 février 2020 : Eclectisme n'est pas un gros mot

Classique, pop, rock, découvertes, artistes confirmés, comédies, drames, art moderne ou plus classique, romans et livres historiques, tout se cotoient encore dans cette nouvelle et riche édition de Froggy's Delight. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Contemporary" de Adélaide Ferrière
"Un moment musical chez les Schumann" de Cyrielle Golin & Antoine Mourias
Rencontre avec Cyril Adda, autour de on album "L'îlot" et de sa session live de 5 titres
"Beethoven : intégrale des sonates pour piano" de Fazil Say
"Happy mood !" de François Ripoche
"L'appel de la forêt" de Julien Gasc
"Satchidananda", nouveau et 11eme mix de Listen in Bed
"Song for" de Noé Huchard
"Amours, toujours !" de Smoking Joséphine
"Rêve d'un jour" de The Chocolatines
"The Bear and other stories" de The Fantasy Orchestra
"Saint Cloud" de Waxahatchee"
et toujours :
"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Transmission" au Théâtre Hébertot
"Play Loud" au Théâtre La Flèche
"Satsang !" au Théâtre La Croisée des Chemins-Belleville
"Labiche Repetita" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Le Tour du théâtre en 80 minutes" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas trop bien !" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Palais des Glaces
"Cabaret décadent - Revue Electrique n°25" au Cirque Electrique
"Les Amants de Varsovie" au Théâtre du Gymnase
les reprises :
"Dementia Praecox" au Théâtre Elizabeth Czerzuk
"Ruy Blas" au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis
"Dieu, Brando et moi" au Studio Hébertot
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Coeurs" au Musée de la Vie romantique
et la dernière ligne droite pour :
"Hans Hartung - La fabrique du geste" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Cinéma avec :

"Le Cas Richard Jewell" de Clint Eatswood
"L'Etat sauvage" de David Perrault
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Ada & Rosie" de Dorothée de Monfreid
"De rien ni de personne" de Dario Levantino
"La mémoire tyranique" de Horacio Castellanos Moya
"Santa muerte" de Ganino Iglesias
"Tout pour la patrie" de Martin Caparros
"Bon Rundstedt, le maréchal oublié" de Laurent Schang
et toujours :
"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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